13 janvier, 2013

Nord de l’île du Sud : A la découverte des Malborough Sounds, de Tasman Bay et de Golden Bay.

Voilà un article écrit dans des conditions plus que sommaires, et je tiens à m’excuser par avance pour l'absence de certains albums photos (la connexion Internet est limitée en temps pour recharger le netbook et en débit : 20ko/s !!!). J’écris depuis les bibliothèques de Westport et de Greymouth. A westport, j’ai d’ailleurs retrouvé par hasard Emmeline (avec qui j’ai fait le road-trip de Rotorua et du Tongariro) et son compagnon Lionel qui l’a rejoint. Je reviens sur ma première semaine de road-trip dans l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Au programme du soleil et des plages de rêves dans le Nord de l’île, dans les régions des Malborough Sounds, de Nelson et de Golden Bay.

Day 1 : Dimanche 06 Janvier

Nous nous levons aux aurores (5 heures), j’ai l’impression de me lever pour le travail sauf que cette fois-ci c’est le jour du départ pour l’île du Sud. Nous emmenons les dernières valises dans le van et prenons la route du port, en ayant auparavant fait nos adieux à Deborah. Nous arrivons sur le quai de la compagnie InterIslander en 15 minutes depuis Kelburn. Il y a un grand soleil et pas un seul brin de vent ; la traversée en ferry s’annonce exceptionnelle. Nous avons une heure et demie d’avance sur le départ (le dernier délai pour se présenter est une heure avant l’embarquement). Quand nous nous engageons dans la file pour passer le guichet, il y a déjà, devant nous, une vingtaine d’autres véhicules mais le plus gros de la circulation est derrière.

Nous embarquons dans les premiers ; je conduis le van à l’intérieur du ferry. Nous  franchissons un pont-levis métallique et une immense porte étanche à l’avant du bateau. On nous indique une place de parking dans la cale, je sers le frein à main et nous voilà à bord du plus grand ferry de la compagnie : le Kaitaki. Avant le départ prévu à 8h15, avec Eva nous faisons un tour complet des lieux. Il y a 10 étages, le dernier étant le pont extérieur et le van se situe au 3ième étage. A l’intérieur c’est une petite ville qui comprend un bar, une cafétéria, un atrium, une salle de spectacle, des commerces, une salle de cinéma et diverses zones de repos avec sièges. Juste avant le départ nous nous installons au soleil sur le dernier pont extérieur ; quelle magnifique vue sur la rade de Wellington !

Le départ du ferry : nous quittons Wellington !

L’atrium à l’arrière du ferry.

Le Sud aride de la péninsule de Wellington.

Le ferry quitte lentement le port et la baie de Wellington, sa destination est la ville de Picton sur l’île du Sud à 92kms de là. J’ai déjà eu l’occasion par deux fois de prendre un ferry pour rallier l’Angleterre mais c’est la première fois que je peux rester sur le pont et pleinement profiter de la vue. Le bateau passe au large de toutes les criques et plages que j’ai eu l’occasion de découvrir les deux précédents mois : Oriental Bay, Evans Bay, Scorching Bay,  Lyall Bay, Reds rocks, et Sinclair Heads. La traversée qui dure trois heures, se poursuit paisiblement ; nous traversons le détroit de Cook et ses puissants courants.

L’île du Sud se dresse rapidement devant nous ; une côte montagneuse et sauvage qui rappelle le Coromandel. Pour le dernier tiers de la traversée, le ferry s’engage dans l’étroit chenal « Tory Channel » dans les Malborough Sounds. C’est une région composée d’une multitude d’îles et de fjords au Nord-Est de l’île du Sud. C’est impressionnant de voir évoluer l’imposant bateau dans ce corridor, le long de minuscules baies toutes aussi magnifiques les unes que des autres. Ce paysage de fjord est grandiose et nous sommes conscient que ce n’est que le début et qu’un tout petit aperçu des trésors que réserve le road-trip. Lorsque nous arrivons en vue de Picton, nous sommes conviés à retourner dans nos véhicules ; l’arrivée est imminente. À 11h35 la double porte étanche (à l’arrière du ferry cette fois-ci), s’ouvre lentement ; nous n’aurons pas à faire marche arrière et nous sortons dans les premiers. Nous sommes sur l’île du Sud !

L’entrée dans le Tory Channel.

Au milieu du chenal au « Dieffenbach point » (la jonction entre le Tory Channel et le Queen Charlotte Sound),  nous croissons un autre ferry plus petit.

Photo souvenir prise du pont dans le Queen Charlotte Sound.

Dans la cale, le van se tient prêt à avaler les kilomètres sur l’île du Sud.

La journée est loin d’être finie, une fois dans la petite ville de Picton (4000hbts), nous décidons de consacrer l’après-midi à la visite de la ville. Après un pique-nique rapide dans le van, nous commençons par visiter le petit musée de la ville (5DNZ). On y trouve un historique de la ville : de sa création en 1859, à  l’histoire moderne  avec la mise en service de la ligne de ferry en 1962. Le passé maritime de la ville est aussi rappelé avec le port baleinier de Perano actif de 1820 à 1964. Puis nous marchons une heure : un aller-retour vers « Bob’s bay », une ravissante petite plage que longent les nombreux ferries. En chemin nous assistons au bruyant décollage d’un hydravion !

Nous effectuons aussi un rapide passage à la bibliothèque de la ville juste avant sa fermeture pour utiliser Internet. Sur le parking je reconnais le van d’Isabel et Thui-An (les allemandes de mon premier wwoof) et je leur laisse un petit mot sur le pare-brise. Nous quittons Picton à 17h00, et empruntons la route scénique « Queen Charlotte drive » dans le Malborough Sound (route 6) en direction de l’Ouest. Cette route pittoresque et sinueuse surplombe les fjords sur 35kms avant de rallier le village d’Havelock (la capitale autoproclamée de la moule verte). Nous pensons passer la nuit dans un DOC campsite près de Mahau Sound mais ce dernier n’offre aucune possibilité de parking pour le van. Nous continuons donc notre chemin jusqu’à celui de Pelorus Bridge. Pour 12 DNZ pour la nuit nous avons un emplacement avec électricité, des douches chaudes et des toilettes. Le camping se situe à mi-chemin sur la route de Nelson. L’étape parfaite pour clore cette première journée.

Ces os de baleines dans le musée sont les derniers vestiges de l’industrie baleinière dans les Malborough Sounds.

Picton niché au fond d’un « Sound » : un ancien réseau de vallée creusées par des rivières et submergé par l’océan depuis la fin de la dernière glaciation et un affaissement du socle continental.

La vue sur la plage de Bob’s bay.

Day 2 : Lundi 07 Janvier

Le réveil de cette seconde journée s’effectue sous le soleil, il est temps de parcourir les lieux. Le camping est à cheval sur la rivière Pelorus au niveau d’un pont, dans la réserve du même nom. Le matin nous nous promenons au milieu de cette forêt de plaine fluviale, dernier vestige d’une gigantesque forêt qui recouvrait tout les « Sounds ». Nous effectuons quelques marches le long de la rivière, traversant parfois des ponts suspendus. Après un repas rapide au van, nous retournons à la rivière et décidons de passer le début d’après-midi le long des berges ensoleillées. L’eau est d’un magnifique vert émeraude, la baignade est obligatoire ! La mise à l’eau est difficile car celle-ci est bien fraîche. Nous essayons également nos équipements de plongée (masques et tubas). Ensuite, après un bain de soleil, nous reprenons la route en direction de Nelson à 17h00.

Il nous faut une petite heure pour atteindre cette ville de 43500 hbts. Fondé en 1842, cette dernière est réputée pour son climat doux et sa communauté d’artistes et d’artisans (peintures, verreries, tissages, joailleries, céramiques, menuiseries). Nous nous y arrêtons pour un passage éclair à l’I-site ; nous y prenons la météo et nous réservons nos tickets pour le « taxi-boat » dans la réserve d’Abel Tasman pour le lendemain (38DNZ)! Nous passons à la bibliothèque pour utiliser Internet et faisons le plein d’essence. Nous nous rendons ensuite à la Christ Church au bout de la rue principale et quittons la ville. Sur la route, nous nous arrêtons à Richmond, car Eva souhaite me montrer le « Garin College », une école où elle a étudié deux années. Nous roulons vers le Nord-Est de la baie de Tasman jusqu’à Marahau, une petite ville côtière à l’entrée du parc d’Abel Tasman. Nous passons la nuit en freedom camping, légalement, en dehors de la ville à seulement 10 minutes.

Ces jolis rochers en aval du pont sur la Pelorus River seront à l’écran du second volet du Hobbit « Les désolations de Smaug » lors de la scène de l’évasion en tonneaux du palais des elfes.

L’eau émeraude de la Pelorus River.

Christ Church : une cathédrale anglicane construite au sommet d’une colline dans Nelson.

Day 3 : Mardi 08 Janvier

La nuit a été rude car un abruti s’est amusé dans la nuit à nous klaxonner en passant devant le van (les locaux n’aiment pas le freedom camping). Nous nous levons tout de même de bonne heure, nous devons prendre notre bateau-taxi à 9h00. Nous embarquons à Marahau directement dans le bateau de la compagnie AquaTaxi à l’arrière d’une remorque tractée (nous n’avons pas à embarquer lors de la mise à l’eau du bateau). Le bateau doit nous déposer au milieu d’Abel Tasman National Park (le plus petit des parcs nationaux avec ses 225km²). Mais auparavant le skipper nous amène près de « Split Apple Rock », un immense rocher coupé. La croisière se poursuit le long de la côte sauvage du Parc. Le skipper nous délivre une véritable visite guidée des lieux. Il nous explique que cette portion de la côte a été cartographiée par l’explorateur français Jules Dumont d’Urville à bord de l’Astrolabe en 1820. Il nous montre également un « blue penguin » (manchot pygmée) en train de nager ; c’est le plus petit manchot du monde. Le débarquement s’effectue directement sur la plage de Bark Bay. Il n’y a pas de ponton ; nous sautons dans l’eau les chaussures autour du cou, tels de véritables aventuriers ! Nous sommes exactement au milieu des 51kms de track.

À bord du Taxi-Boat : bien mieux que prendre le taxi à Wellington !

Le parc d’Abel Tasman doit son nom à l’explorateur néerlandais qui fit escale à Golden Bay et y perdit 4 membres d’équipage lors d’un affrontement avec les maoris en 1643.

Le manchot pygmée en train de nager.

Bark Bay : là où nous avons débarqué.

Il est 10h00 nous avons la journée pour rallier Marahau : 24kms de marche le long du sentier du littoral nous attendent (j'ai 12 kilos sur le dos et Eva 6). Nous randonnons le long de cette côte granitique, garnie de plages de sables dorés et de lagunes uniquement accessibles à marée basse. Le sentier s’enfonce dans la forêt primitive et ne coupe la côte qu’en de rares endroits (Torrent Bay, Anchorage, Waitering Cove), mais à chaque baie où petite crique nous sommes subjugué devant la beauté du paysage. Nous foulons un véritable paradis et nous en profitons pleinement. Le pique-nique au pied d’Anchorage bay est fantastique ! Au détour du sentier, nous nous offrons le luxe d’une baignade dans un torrent de montagne à Simonet Creek ; l’eau est limpide et fraîche. De petits poissons viennent nous manger les peaux mortes des pieds! Nous achevons la randonnée, bien exténués, autour de 18h30. Nous reprenons la route et stoppons non loin de Kaiteriteri ; nous passons notre troisième nuit en freedom camping avec une belle vue sur la mer. 

A Torrent Bay nous évoluons dans un estuaire sableux à marée basse, nous gagnons ainsi 4Kms de marche en évitant le détour.

La plage d’Anchorage Bay où nous prenons le temps de pique-niquer.

Une ravissante plage dont j’ignore le nom.

L’arrivée dans la lagune marque le départ du sentier.

Day 4 : Mercredi 09 Janvier

Nous dédions cette journée au repos, nous devons encore récupérer de la veille. Le matin, une grasse matinée, nous nous contentons de visiter les environs de Kaiteriteri, une petite localité portuaire. Nous retournons à Split Apple Rock, cette fois-ci par le sentier côtier, pour y faire de nouvelles photos après une petite marche de 15 minutes. Ensuite nous nous rendons à la sublime plage de Kaiteriteri pour se reposer au soleil. Puis vers 15h00, nous transitons par Motueka pour un gros ravitaillement (essence, eau potable, nourriture et Internet). Je me sens reposé et je reprends le volant pour nous conduire à l’extrême Nord de l’île du Sud : La pointe de Farewell. Pour cela, nous devons franchir les impressionnantes montagnes de marbres Takaka et rouler le long de Golden Bay (nous traversons Takaka et Collingwood). Nous parvenons à Farewell Spit sous la grisaille et avant la nuit. Nous effectuons pendant une demi-heure une recherche intensive d’un bon coin pour dormir en freedom camping.

Split Apple rock : ce rocher appelé Toko Ngawha en maori, est selon la légende le résultat d'une dispute entre deux dieux pour le contrôle du rocher.


Kaiteriteri : nous franchissons la rivière pour atteindre la seconde plage plus isolée.

La route pentue dans les Takaka Hills.

Day 5 : Jeudi 10 Janvier

Nous nous réveillons sous la pluie, le temps nous incite à rester à l’intérieur du van et au chaud mais nous prenons notre courage pour braver les intempéries. Nous marchons en fin de matinée une heure et demi sur la côte pour atteindre le sommet d’une colline où trône un petit phare. Le temps est vraiment bouché ; on ne distingue qu’en partie la langue de sable de la pointe Farewell. Après le déjeuner, nous nous rendons au Cape Farewell. Nous n’avons que 300m à faire sous la pluie mais nous finissons tout de même trempés. Nous contemplons, sous la tempête, le point le plus septentrional du l’île du Sud. Là encore je complète la liste des caps importants du pays ; il ne me reste plus que le cap Sud de l’île du Sud ! Ce cap est bien différent de ceux de Reinga et de Palisser car il ne se dessine par de manière distincte sur la côte. 


Une arche de pierre sous l’assaut des vagues, un phoque qui se repose sur son rocher : voilà le spectacle grandiose que nous offre le cape Farewell.


Nous retournons au van, et nous laissons passer une grosse averse avant de ressortir explorer les environs. Nous descendons sur la côte par un petit sentier et allons à la rencontre de phoques à fourrures. Le coin est digne d’un repaire de pirate dans un film : une plage de sable encastrée au milieu d’une côte découpée garnie d’immenses cavernes. C’est la marée basse nous nous y risquons pour approcher les quelques phoques présents. Nous prenons soins de laisser un sauve conduit pour les mammifères marins afin d’éviter toute attaques. Nous sommes vigilant car c’est la période des naissances et il y a de tout jeunes bébés phoques : nous en découvrons un sous un rocher. Sur la plage un phoque apeuré surgit d’une des grottes et nous donne une belle frayeur. Nous rentrons au van et passons la nuit en freedom camping le long de la côte de Golden Bay.

  Un paysage pluvieux et verdoyant : parfois la Nouvelle-Zélande joue avec les clichés.
 
Le bébé phoque qui sort de son abri pour venir à notre rencontre, mais la mère, non loin, le rappelle à l’ordre !

La caverne où ont trouvé refuge quelques phoques.

Un vieux phoque mâle surveille la plage.

Le spot de camping le long de Golden Bay : un lieu magique où viennent dormir un grand nombre d’oiseaux.

Day 6 : Vendredi 11 Janvier 

Le mauvais temps de la veille est derrière nous, nous nous levons sous un soleil radieux. Nous retournons à la pointe de Farewell à 5kms de notre lieu de camping, plus précisément au hameau de Puponga. Nous voulons découvrir cette pointe de sable de 35kms qui s’enfonce vers l’Est dans la mer. La zone est protégée en raison du grand nombre d’oiseaux migrateurs qui y nichent et l’accès est donc limité (seul 4kms de côte sont ouverts au publics le reste nécessite une autorisation). Avec Eva, je fais la petite marche de 30 minutes pour atteindre Fossils Point : une plage de sable au départ de la pointe de Farewell. C’est un lieu sauvage où souffle le vent qui participe à la création des dunes.  Nous observons encore une fois des phoques à fourrures. L’un d’eux, sans doute épuisé après une nuit en mer, n’a pas la force de bouger et se laisse approcher. Nous revenons au van par le littoral moins sauvage de Golden Bay. 

Fossils Point : une étendue de dunes sauvages où il n’est pas rare de rencontrer des phoques à fourrure.

Nous reprenons la route et quittons la zone pour rejoindre Waikoropupu Springs Scenic Reserve. Il s’agit de la plus large source d’eau douce d’Océanie avec un débit de 14 mètres cubes par seconde. Elle se classe également seconde dans le monde pour sa pureté (tout contact avec l’eau est d’ailleurs interdit !). Les sublimes couleurs me rappellent Hamurana Springs. La source principale est équipée dans gros périscope pour observer les magnifiques fonds. Nous faisons le tour des sources et terminons par un petit sentier dans le bush où il y a d’autres petites sources. Nous trouvons un robinet d’eau potable dans les toilettes du site : nous remplissons toutes nos bouteilles de 3L avec cette eau de source. Ensuite, nous reprenons la route et en chemin nous faisons une halte à la bibliothèque de Takaka. Nous trouvons un charmant emplacement de freedom camping près d’une rivière non loin d’Upper Takaka. Nous nous baignons dans la rivière qui est à notre surprise plutôt chaude, il est 19h30!

Les sources de Waikoropupu, cela signifie en maori : « L’eau qui remonte en faisant des bulles ».

Day 7 : Samedi 12 Janvier 

Le samedi, le temps est encore ensoleillé mais le mauvais arrive par l’Est, nous choisissons d’écourter le séjour dans golden Bay et de faire un long trajet pour atteindre la côte Est. Il est plus agréable d’éviter de conduire sous la pluie, surtout sur ces routes sinueuses. Nous prenons la route de bonne heure à 8h30, nous refaisons le chemin inverse en passant par les Takaka Hills et atteignons Motueka, où nous nous ravitaillons à nouveau. Ensuite nous roulons jusqu’au petit village portuaire de Mapua où nous achetons des rillettes de poisson pour le pique-nique (la même marque locale que nous avions dégusté à Noël). Nous quittons les lieux pour rejoindre plus au Sud dans les montagnes les lacs jumeaux « Nelson Lakes » : le lac Rotoiti et le lac Rotoroa. Ce sont des lacs glaciaires enchâssés dans la pointe Nord des Southern Alps.

Nous pique-niquons sur les berges du premier, au milieu des canards chapardeurs et des bruyantes mouettes. Encore un coin magique ! Nous nous rendons au second pour prendre de beaux clichés. Après cette étape reposante, je conduis jusqu’à Westport, puis Karamea et enfin nous atteignons le très isolé campsite du DOC (il y a moins de 7000hbts sur cette partie de la côte dont 6000 à Westport). Nous découvrons ce pittoresque campsite sous la pluie : une rivière ocre qui rejoint la mer de Tasman, au niveau d’une immense plage et d’un chaos de rocs issus d’une falaise d’argile. La végétation est luxuriante, il y a beaucoup de palmiers Nikaus, endémiques de la Nouvelle-Zélande. Nous payons par avance 3 nuits (le tout pour 18DNZ), nous espérons découvrir les lieux sous le soleil les jours suivants.

La petite localité de Mapua basée sur un estuaire.

Les Nelson Lakes : Ci-dessus le lac Rotoiti près du village de Saint-Arnaud. Et le lac de Rotoroa.

La route sous la pluie une fois passé Karamea.

Depuis cette première semaine, nous cheminons et continuons les visites sous la pluie sur la côte Ouest, j’ai encore pas mal de péripétie à raconter mais ce sera pour la prochaine fois, si Internet me le permet. Je n’aurai pas de possibilité de connexion avant Queenstown, ces contrées sont vraiment isolées! Je tacherais aussi de compléter les albums photos même si je pense que cela ne sera possible que sur la côte Est. A bientôt pour de nouvelles aventures !


05 janvier, 2013

Les fêtes de fin d’année en Nouvelle-Zélande

J’espère que vous avez passé de bonnes fêtes et je vous souhaite les meilleurs vœux pour l’année 2013. J’écris toujours depuis Wellington, demain c’est le départ pour l’île du Sud avec Eva ; je suis impatient ! Je viens de passer Noël et le jour de l’an chez les Kiwis et ça change vraiment de ceux faits en France. Et cela n’est pas uniquement dû au fait de les fêter avec 12 heures d’avance sur l’hexagone. Je reviens sur cette dernière quinzaine passée à Wellington dans ce petit article.

Les Puhutukawas sont en fleurs : ce sont les « Christmas Trees » en Nouvelle-Zélande.

Le parlement avec son célèbre bâtiment alvéolé nommé la ruche (Beehives).

Une raie pastenague que j’ai eut la chance d’observer dans le port de Wellington.

Ma vie sur Wellington est devenue une routine ; je poursuis toujours mon travail au restaurant Hippopotamus du Museum Hotel. Et en parallèle j’utilise mes days-off pour faire des soirées avec les amis d’Eva. Comme par exemple le vendredi 21 décembre, où je me suis rendu avec Eva chez Betsy pour une soirée sur le thème « The end of the world ». Soirée à thème dit, ici aussi, soirée déguisée. Les néo-zélandais adorent se déguiser, toutes les occasions sont bonnes (Halloween, Noël, anniversaires, soirées mais surtout durant le NZ Sevens : une compétition annuelle de rugby). Avec Eva, nous ne dérogeons pas à la règle, et nous nous rendons dans les nombreux magasins « 2 dollars shop » de Wellington où l’on peut se faire des costumes très bon marché.

Nous trouvons les accessoires pour nos tenues et prenons un peu de temps avant d’aller à la soirée pour améliorer leurs confections. Nous arrivons à la soirée et nous sommes malheureusement les seuls à être déguisés ; car les autres convives ont prévus de sortir en discothèques pour la seconde partie de soirée. Quant à nous, nous avons fait le choix de rentrer de bonne heure (avant 23h00) car nous travaillons tout les deux de bonne heure le lendemain matin (c’était aussi mon seul jour de repos après 8 journées de travail consécutives). Ce fut tout de même une bonne soirée et la fin du monde n’a pas eut lieu malgré les tremblements de terre ressentis les semaines précédentes (plus rien depuis !).

Nous nous sommes déguisés tout deux en chasseurs de zombis : Eva en Alice de Resident Evil Extinction et moi j’ai opté pour un look « Walking Dead ».

Les jours suivants je continue mon travail en attendant Noël. Je consulte mon planning et j’ai la bonne nouvelle d’être libre le 24 et le 25, je vais donc pouvoir pleinement profiter de Noël. En revanche le jour de l’an je travaille ! Durant ces quelques jours je trouve le temps d’acheter des cadeaux. Par moment, lorsque le vent s’arrête de souffler, il fait vraiment chaud dans la capitale. C’est vraiment bizarre l’atmosphère de Noël pendant l’été. Les magasins sont remplis de faux sapins couverts de neige artificielle, le tout sous la climatisation. Les guirlandes électriques dans les rues sont plus rares qu’en France, mais je croisse davantage de personnes déguisées en père Noël. Le 24 au soir, je m’apprête à passer mon premier dîner de Noël dans l’hémisphère Sud. Je le fais avec Deborah, Peter (un ami de Deborah), Eva et Ioni. 

Nous commençons de nous mettre à table de bonne heure. Nous avons sur nos assiettes les traditionnels « crackers » (très british) ; il s’agit de grosses papillotes cartonnées avec à l’intérieur : un pétard, une couronne et une blague. Nous avons aussi le droit aux « candy sticks » ; une sucrerie en forme de crosse bariolée que l’on retrouve sur le sapin de Noël. Nous attaquons le repas par des crudités et des rillettes de poissons, le tout accompagné par un vin pétillant local. Ensuite nous dégustons un rôti de porc avec des petits légumes cuisiné par Deborah. Et au dessert je goûte à mon troisième Pavlova. Nous terminons le repas par une dégustation de chocolat français Cémoi que j’ai acheté. Ils sont appréciés mais ce n’est pas la tradition ici de manger autant de chocolat que chez nous. 

La table du réveillon de Noël est dressée dehors, difficilement imaginable pour moi en France!

Après le repas, nous n’attendons pas minuit pour ouvrir les cadeaux au pied du sapin. J’offre à Deborah une bougie senteur pomme en forme de boule sur son support-miroir et des orangettes acheté dans le grand magasin Kirkcaldies and Stains (du même genre que les Nouvelles Galeries à Paris ou Harrods à Londres). Pour Ioni, j’offre un T-Shirt Sea Shepherd acheté directement sur le quai près du bateau au look pirate dont je vous ai parlé la dernière fois. Et pour Eva, je lui offre quelques petites surprises. Quant à mes cadeaux sont nombreux, certains viennent de France (envoyé par mes parents) et d’autres proviennent de ma famille hôte. Je reçois une écharpe et un bonnet aux couleurs des all blacks, un mug NZ, une clé USB Obiwan Kenobi, un caleçon avec des grenouilles dessus (pour le frog que je suis) et tous pleins de petits cadeaux. Le plus beau cadeau, venant de mes parents et étant pour la suite du voyage dans l’île du Sud mais je garde le mystère dessus.

Il y a une chose qui ne change pas, c’est la joie d’ouvrir les cadeaux à Noël.

Le lendemain le 25, je prends le temps de parler en visioconférence via Skype avec une partie de ma famille en France. Ce qui est marrant avec le décalage horaire c’est qu’ils sont encore en train de réveillonner. Nous sommes dehors en T-shirt dans le jardin sous un grand ciel bleu à l’ombre des fougères géantes et sous le chant des cigales tandis qu’en France c’est la nuit et il ne fait pas bien chaud et les pulls sont donc de sortis. Je peux ainsi discuter et voir par webcam mon oncle, mes tantes, mes cousines, ma grand-mère, mes parents, mon frère, ma belle-sœur et ma nièce. Je profite de l’occasion pour présenter à Eva ma famille. Ce n’est pas la première fois que j’utilise Skype en Nouvelle-Zélande mais de voir toute la famille, si proche et pourtant à 18 000kms de là, me fait un petit pincement au cœur.

Je souhaite un joyeux Noël par avance à tout le monde et nous nous préparons avec Eva pour un Noël à la plage. Ici c’est une banalité ! Je conduis mon van qui depuis fonctionne du tonnerre et nous nous rendons sur la presqu’île de Miramar. Nous nous arrêtons au bord d’une petite crique. L’eau est turquoise et donne envie de se baigner. Nous nous installons à l’ombre des Puhutukawas en fleurs, et nous pique-niquons avant une petite baignade. L’eau demeure fraîche (19°C) et je ne fais que me mettre à l’eau sans nager en raisons d’un nombre important de méduse. Nous profitons d’un petit bain de soleil par la suite, puis lorsque le vent forcit nous optons pour aller de l’autre côté du cap à Scorching Bay. Il y a plus de monde sur la plage de sable et moins de méduses. Je nage un petit peu, c’est un vrai régale. Nous restons là au soleil jusqu’à la fin d’après-midi. Je resterais bien jusqu’au couché du soleil mais le lendemain je dois retourner au travail.

Je ne suis pas un spécialiste en méduse : mais je pense que celles-ci ne sont pas trop urticantes. Elles ressemblent aux Aurelia aurita de méditerranée.

La baie où nous nous sommes posé : un coin paradisiaque à seulement une encablure de Wellington.

Le retour à Scorching Bay est toujours un plaisir : spécialement pour ce jour de Noël.

Le 27 Décembre, je suis invité à une sortie PaintBall organisée par le restaurant. Nous allons nous divertir, entre collègues de travail, en nous envoyant des billes de peintures ! C’est mon premier Paintball (je n’étais coutumier que des lasers games). Nous prenons un bus qui nous amène à Porirua (au Nord de Wellington) sur le site de Paintball ; c’est un paintball d’intérieur dans un immense hangar. La partie de paintball est superbe, on se prend vite au jeu et on apprend vite pour se mettre à couvert et pour viser. Mon équipe parvient par deux fois à amener notre drapeau à la base ennemie, ce qui nous fait gagner la partie. La durée de la partie n’excède pas 15 minutes mais nous avons passé toutes nos billes (250). Je m’en sorts sans blessures ni bleus, car je portais 3 épaisseurs mais d’autres ont finis ensanglanté en ne portant qu’un T-shirt ! Ensuite nous festoyons autour d’un grand barbecue ; le repas est bien arrosé. La fête continue jusqu’au retour à Wellington en fin d’après midi et doit se poursuivre jusque tard dans la nuit. Je reste raisonnable sur l’alcool et rentre de bonne heure, car je souhaite être en état pour me lever le lendemain à 4h30!

Photos retrouvées sur mon téléphone NZ que je mets en lignes pour cette MAJ du blog :

Le stand de Paint-Ball.

La vue depuis les cuisines du restaurant.

Le lundi 31 Décembre, je ne travaille pas, et avec Eva nous retournons chez Betsy pour  faire un réveillon sur le thème « Pool-Party ». Cette fois-ci quand nous arrivons, nous ne sommes pas les seuls en maillots de bains et avec des colliers de fleurs. La piscine est minuscule mais nous en avons une c’est là le principal. Nous retrouvons Betsy et trois amis suédois (Lena, Sebastian, et Martin), puis Emily et Holly nous rejoignent plus tard. Me concernant je trouve ce repas du Nouvel an atypique : Barbecue & Snack mais c’est bien en thème avec cette ambiance estivale (mon premier réveillon sans foie gras)!

 Nous nous rendons tous ensemble ensuite, à Oriental Bay juste avant minuit. En attendant le décompte final et le passage à 2013, nous nous amusons sur l’air de jeux pour enfants. Puis sur la plage nous célébrons la nouvelle année, avec des cierges magiques et des langues de belles-mères. Nous aurions voulus utiliser des feux d’artifices mais ils sont interdits à la vente à l’exception de quelques jours dans l’année (il faut donc prévoir un stock). Avec Eva nous ne nous attardons pas, et dès 2 heures nous sommes au lit, le lendemain je travaille (Je vous garantie que mon levé à 5h30 fut extrêmement difficile mais c’était mes 2 derniers jours de travail).

Quelques photos en vrac du réveillon!

Voilà pour les news, j’ai également effectué mon second contrôle technique (Warrant Of Fitness) pour être tranquille avant de prendre la route : résultat RAS pour mon van. Je suis en plein dans les préparatifs de départ : j’écris le blog entre les lessives, le paquetage, la planification du road-trip, les courses alimentaires, et les pleins d’eau et d’essence. Demain c’est le départ, et je vais vivre une magnifique aventure dans le Sud accompagné d’Eva. J’ignore quand je publierai le prochain article et ni même mes possibilités de connexion dans ces régions peu peuplées.

19 décembre, 2012

Wellington : un séjour qui joue les prolongations.

Me revoilà après pratiquement 1 mois sans avoir donné de nouvelles (je m’en excuse j’ai été bien occupé dernièrement), et je ne vais pas vous mentir je ne suis toujours pas sur l’île du Sud. J’ai prolongé mon séjour dans la capitale. Et le ferry que j’avais reporté au 30 Novembre, face au risque d’une grève qui finalement n’a pas eut lieu? Et bien, j’ai à nouveau fait changer la date pour le 6 Janvier (ils commencent à me connaître aux bureaux de la compagnie maritime). Le road-trip dans l’île du Sud aura bien lieu mais un peu plus tard voilà tout. Pourquoi la parution a été un peu plus longue que d’habitude ? Pourquoi tant de changements et de rebondissements dans mes plans ? Je le révèle dans cet article.

Un ferry dans la baie de Wellington mais ce n’est pas encore le mien !

Je vais encore pas mal parler de cinéma, c’est donc en toute logique que je reprends à peu près le fil de mon récit dans un cinéma le Jeudi 22 Novembre. Et pas n’importe lequel : « The Embassy Theatre » à Wellington. The Embassy Theatre dispose de la plus grande salle du pays, et fut construit en 1924 dans le style Art Déco. Il a été rénové à plusieurs reprises. Cette fois-ci je reviens à l’intérieur de la salle principale en ayant pris des places pour Skyfall, le dernier James Bond, le jour même de sa sortie en Nouvelle-Zélande. Eva m’accompagne pour l’occasion (vous vous souvenez la fille de mon hôte HelpX). Nous prenons tout d’abord nos places de cinéma. Et alors fait totalement surprenant, dans tous les cinémas de la ville on peut choisir sa place. Oui, on a un numéro de siège attribué sur le ticket ; chose que je n’ai jamais vu en France. Les places du milieu sont plus spacieuses, prises d’assaut, et surtout un peu plus onéreuses (les prix de l’Embassy varient de 14 à 30 DNZ). D’un autre côté c’est pratique on peut se permettre d’arriver au dernier moment pour la séance.

Eva et moi, profitons ainsi de ce surplus de temps et nous nous rendons sur le remblai d’« Oriental Bay » pour manger un morceau avant le film. Le coin est très côté, les maisons en front de mer valent de l’or. Il fait beau, l’été se rapproche. Sur la plage artificielle (sable ramené de l’île du Sud) les gens prennent le soleil après leur journée de travaille. Nous dînons dans le petit restaurant « Beach Babylon » avec vue sur la mer (30 DNZ le repas).
Puis nous retournons au cinéma, en dégustant une glace, en chemin (la première glace de NZ pour moi ! quand je vous dis que ça sent l’été). Après pratiquement 6 mois dans le pays, regarder un film en anglais ne me pose plus de problème même si parfois certaines répliques m’échappent sur le coup, mais je peux reconstruire l’histoire à la fin du film.

Au passage, j’ai trouvé ce James Bond différent mais réussi (très orienté sur les faiblesses psychologiques de 007) et le méchant à un petit côté Jocker dans Batman the Dark Knight (même si Javier Bardem n’est aussi transcendant qu’Heath Ledger). Je m’arrête là pour la critique cinématographique ce n’est pas la fonction du blog. Pourquoi je vous parle de ce cinéma, et bien tout simplement parce que c’est là, le 28 Novembre, qu’a eut lieu la projection de la première du Hobbit (je sais je le rabâche depuis un petit moment déjà!). De voir un film dans la même salle de cinéma à moins d’une semaine de l’événement est une bonne mise en bouche.

Oriental Bay avec son jet d’eau fait face au port de Wellington.

Oriental Bay : Des maisons très cotées.

Les canoës des mers longent la plage d'Oriental Bay.

Les jours suivants, et précédant la première, du Hobbit marquent sans aucun doute un tournant dans mon voyage ici en Nouvelle-Zélande. En effet, je poursuis mon travail chez Déborah dans le cadre de la mission HelpX. Je continue de désherber son jardin pendant la semaine, mais cela me laisse tout de même pas mal de temps libre même si je travaille d’arrache-pied ! J’ai notamment passé beaucoup d’énergie sur les dalles de la terrasse ! Le jardin commence à ressembler à quelque chose. Je n’utilise plus mon temps libre comme simple touriste mais je deviens peu à peu un citadin de Wellington à part entière. Maintenant place à la découverte de la vie nocturne de la ville. Après « Cuba Street » et ses restaurants, l’occasion m’est donnée de fréquenter « Courtenay Place » et toutes petites rues qui donnent sur cette artère remplie de bars et de « nightclubs ».

En effet, le samedi 24 novembre, c’est ma première vraie sortie. Oui j’ai attendu presque 6 mois mais en même temps quand j’étais en mode nomade dans le bush il n’y avait pas de discothèques, juste des opossums! Je commence la soirée chez Eva, il y a pas mal de monde ; c’est une soirée barbecue où chaque colocataire (Allan, Christian, Steph et Eva) à ramener des amis. Ce qui fait que je ne suis pas le seul à pratiquement ne voir que des visages inconnus. Je prépare pour l’occasion des petits toasts « type Savoyard » au fromage, à la crème, aux lardons et à la moutarde de Dijon (le tout passé au four). Et j’en fais d’autres avec Tzatziki et tomates cerise. Ils sont engloutis en un rien de temps, ils ont été appréciés je m’intègre ainsi au groupe grâce à ma cuisine et aussi grâce à mon accent français (il parait que c’est sexy).

La soirée se passe bien mais dés le départ j’assiste à un accident. Un gars a un peu trop bu, et trouve le moyen de s’ouvrir le crâne en faisant une roulade sur un toit en tôle ondulée. Résultat, l’ambulance arrive et l’embarque, il en sera bon pour deux doigts cassés et 11 points de sutures. Après cet accident qui a jeté un petit froid. Tout rendre dans l’ordre. Il y a juste des policiers en faction devant la maison du premier ministre, de l’autre coté de la rue, qui viennent demander à certaines personnes un peu ivres de bien vouloir rester à l’intérieur et de ne pas se promener sur la voie publique. Oui le premier ministre vit en face dans un véritable bunker et le terrain est immense. En discutant au cours de la soirée, je me rends compte qu’un bon nombre d’invités, qui ont entre 20 et 30 ans, viennent d’Irlande, d’Écosse, et d’Angleterre. Mais il y a tout de même une majorité de Kiwis.

Ensuite vient l’heure de se rendre en centre ville afin de poursuivre la soirée. Et c’est avec un cortège de 4 taxis que nous arrivons à Courtenay Place. Je reste avec Eva et deux de ses amies (Christine et Betsy). Dans l’ordre, nous passons au « MiniBar » puis à « l’Establisment » et terminons par le « Dragonfly ». Il y a beaucoup de similarités avec la France, j’avais un peu le sentiment d’être à Clermont-Ferrand un soir de Juin. Et les prix des boissons sont similaires si l’on convertit en euros. La vie nocturne est intense, les rues sont plus bondées qu’en journée. Sinon je constate que l’on s’amuse de la même manière de ce côté de la planète. Je trouve tout de même quelques différences, par exemple il est courant de voir des groupes de gens complément inconnus venir discuter à notre table, pour juste faire connaissance!

Je suis aussi agréablement surpris de la spontanéité des filles qui m’accostent et qui en second lieu après mon prénom demandent si je suis célibataire ! C’est formel c’est carré, il est de coutume d’annoncer directement la couleur ici. À ce sujet, j’en viens au délicieux tournant de mon périple en Nouvelle-Zélande. Dès le minibar, toujours avec beaucoup de spontanéité, je suis tombé sous le charme d’Eva qui était mon « hôtesse » de soirée, et ce fut réciproque. Étant tout les deux célibataires nous nous sommes pas faits priés et ce fut vraiment une superbe soirée. Je vous le dit c’est le destin tout ça ! Le fait de ne pas rester sur Napier car j’avais loupé la saison du fruitpicking (comme quoi parfois le cours des événements ne tient pas à grand-chose)! Voilà je ne m’étendrais pas davantage sur notre relation qui se doit de rester privée mais j’étais un peu obligé d’en parler car j’ai changé par conséquent mon planning de voyage mais aussi mes projets pour la suite.

Quelques photos en vrac du début de soirée : « L’accident », l’apéro dans le jardin de la collocation d’Eva et le barbecue avec les langoustes pêchées du matin par un des invité.

Les jours suivants, j’assiste à l’effervescence de Wellington pour la première mondiale du film le Hobbit. La ville est rebaptisée pour l’occasion : « Middle of the middle earth » en référence au nom du monde inventé par Tolkien. Un petit marché nommé «The Hobbit Artisan Market » ouvre ses portes dès le samedi (jusqu’à la première le mercredi). J’en fais rapidement le tour avec Eva le dimanche. Nous retrouvons sous les stands, Weta Studios, mais aussi les ateliers qui ont tissés les tuniques des films, tout un tas d’artisans (forgerons, verriers, vanniers) et surtout beaucoup d’étales culinaires. L’ambiance est festive, joueurs de violon et de fluttes déambulent dans les allées et nous jouent des mélodies qui rappellent la grande fête à Hobbitbourg dans le film de « La communauté de l’anneau ».

D’ailleurs les guirlandes et les autres décorations des stands nous plongent dans un véritable petit village Hobbit (du moins juste pour l’ambiance car ce n’est pas Hobbiton non plus). Le lendemain, le lundi je retrouve Eva au même endroit pour cette fois-ci assister aux projections gratuites en plein air de la trilogie du Seigneur des anneaux. Le lundi c’est le second volet, « Les deux tours », qui est diffusé sur écran géant. Nous sommes rejoins durant la séance par Betsy. Nous regardons le film qui accompagne la venue de la nuit, il y a beaucoup de monde assis dans l’herbe tout comme nous. Il ne fait pas bien chaud et les couvertures sont donc de sorties.

Sur le chemin du marché, je découvre sur une place une cabine téléphone France Telecom ! Elle ne fonctionne pas mais au combiné on peut entendre différents fonds sonores enregistrés en Corse (lieu de provenance de la cabine)

L’entrée de « The Hobbit Artisan Market » et l’écran géant installé à Waitangi Park.

Après le film, nous admirons un magnifique ciel!

Le lendemain, le mardi 27 Novembre, dans le cadre de mon HelpX, Deborah et moi sommes invités à un « Potluck » chez des francophiles. Il s’agit d’un dîner où chaque convive amène une partie du repas et ce, de manière totalement aléatoire (pas de concertation). Je retrouve les personnes qui assistent aux sessions françaises au café de la bibliothèque chaque lundi. J’en rencontre aussi de nouvelles. Je suis très bien accueilli avec la montagne de crêpe cuisiné le jour même pendant mes heures d’HelpX (50 crêpes et 4 heures en cuisine!). L’occasion m’est donnée de refaire quelques tours de magie pour le plaisir de tous, je ne m’en lasse pas ! Le repas est excellent, je goûte même mon seconde Pavlova.

Au cours de la soirée, deux gros perroquets « Kākās » viennent se poser sur la balustrade extérieure, pour quémander de la nourriture. Ils sont bagués et proviennent de la réserve naturelle toute proche de Zealandia. A cette occasion en discutant sur Zealandia, je suis invité par Desmond et John, qui y travaillent comme guide pour des groupes de français. Nous fixons un rendez-vous pour les jours suivants. Ce potluck fut très agréable et j’ai pu reparler français tout du long. Le soir même je descends en ville sur Courtenay place pour retrouver Eva et Betsy. La rue est remplie de curieux qui viennent voir la logistique se mettre en place pour la première du Hobbit. Des écrans géants, des statues et un très long tapis rouge sont en train d’être installés. Il y a même déjà des personnes qui s’apprêtent à passer la nuit devant les barrières aux meilleures places.

Mon premier Potluck : je suis surpris de la qualité du français de ces néo-zélandais.

J-1 : mon voyage m’a permis d’être au bon endroit au bon moment, après un an d’attente!

Le tapis rouge installé sur Courtenay place fait plus de 500 mètres.

Le mercredi 28, c’est enfin le jour de la première mondiale du Hobbit, je suis tout excité! Depuis le temps que j’attends ce moment. Je revêts mon T-shirt acheté à Weta Cave spécifique pour l’événement. Avec Eva, nous nous mettons en route de bonne heure, car à 9h30 j’ai donné rendez-vous à Allen et Sandy (le couple de chinois d’Hong-Kong rencontré lors de mon premier Wwoof). J’ai également donnez rendez-vous à Stéphanie une belge (rencontrée sur le forum des Pvtistes et avec qui j’avais planifié de voir la première du Hobbit). J’ai mis son blog en lien dans mon blog (section sites amis). Malheureusement pour Allen et Sandy  j’ai confondu « am et pm » pour l’heure dans mon SMS (c’est perturbant l’heure british).

Je les rappelle donc et nous établissons de nous retrouver juste un peu plus tard. Avec Eva et Stéphanie, en chemin nous faisons quelques achats (oreilles d’elfes et armes factices), mais ce n’est en rien comparable aux magnifiques « Cosplayers » que nous voyons (des fans déguisés en personnages de la terre du milieu). Nous revenons sur les lieux parcourus la veille, il y a plus de monde mais il y a encore pas mal de place libre. Nous prenons d’assaut une petite bordure paysagée en hauteur. Elle est idéalement située devant l’Embassy Theatre, non loin de la sculpture du tripode, avec une ligne de vue directe sur le tapis rouge et la scène qui ressemble à un trou de Hobbit. Nous sommes vraiment bien installés à l’ombre d’un « cabbage tree », et assis dans l’herbe. Nous réservons aussi quelques places pour des amis d’Eva qui doivent nous rejoindre. Il est 10h00, débute alors une longue attente.

Les amis d’Eva (dont Betsy, Scott, Lena, Emily) nous retrouvent et nous rejoignent, tout comme Allen et Sandy. Les espaces autours de la scène et le long des barrières bordant le tapis rouge se garnissent peu à peu. Nous avons les yeux rivés sur le compte à rebours au dessus du cinéma. Pour donner une idée, à midi il reste encore 4 heures avant le lancement des festivités. Pour nous occuper nous jouons au jeu des petits papiers (il faut deviner le personnage du seigneur des anneaux écrit sur un papier collé sur son front), nous discutons et bien sûr nous grignotons. L’attente est longue mais il fait très beau, la même chose sous la pluie n’aurait certainement pas été possible. Les équipes de logistique s’affairent encore pour dresser des estrades, poser des affiches et même peindre en noir les poteaux des échafaudages. Les médias sont aussi présents pour couvrir l’événement.

 Quand le compte à rebours arrive à zéro, la première débute enfin. Tout d’abord un groupe de musicien se produit sur scène et interprète une version country de « Misty Moutains » (la chanson des nains dans le film). Ensuite, les stars et des invités (journalistes, équipes de tournages et quelques célébrités) défilent sur le tapis rouge ; c’est un peu le festival de Cannes version Kiwi. Je vois Peter Jackson le réalisateur du film, mais aussi des acteurs comme Cate Blanchett (Galadriel), Martin Freeman (Bilbo), Hugo Weaving (Elrond), Andy Serkis (Gollum), Elijah Wood (Frodon) et puis tous les comédiens incarnant les treize nains. James Cameron arpente aussi le tapis rouge. Sir Ian Mc Kellen (Gandalf) n’est pas présent mais fait une apparition sur l’écran géant (il a boycotté l’événement à la suite de propos homophobes tenus par le premier ministre qui était présent pour l’événement).

À un moment les organisateurs nous demandent de lever les yeux au ciel. Un avion d’Air New Zealand décoré aux couleurs du film s’offre un passage à basse altitude! Tout le casting défile lentement le long du tapis rouge et signe quelques autographes, avant de monter au complet sur la scène. Le premier ministre, un dirigeant de la Warner Bross et Peter Jackson donnent à tour de rôle des discours. Après une forte ovation de la foule ; ils se rendent dans le cinéma derrière pour la projection. Je n’ai pas pût me glisser dans la salle mais ce fut une superbe journée. J’attendrais le 12 décembre comme tout le monde.


Eva et moi-même prêt à passer une longue journée de fête aux couleurs du Hobbit!

La scène en forme de trou d’Hobbit et ce maudit poteau électrique qui cache en partie la vue !

Peter Jackson lors de son discours (ma fenêtre de vue était bien réduite : maudit poteau²)

Des figurants hobbits dans un bar, je crois en reconnaître certains de la précédente trilogie?

Le 30 Novembre, je me remets à peine de la première du hobbit avec encore des images plein la tête. Ce jour là, je suis invité par Desmond et John pour visiter Zealandia. Ils viennent me chercher en voiture, mais la réserve est toute proche à seulement 5 min en voiture dans le quartier de Karori. Que dire sur Zealandia ? Et c’est un parc éco-sanctuaire qui abrite plus de 30 espèces d’oiseaux et de reptiles vraiment rares et endémiques de la Nouvelle-Zélande. Le site est ancré dans une vallée à l’aplomb de la grande faille sismique. Cette vallée, avec ses deux lacs maintenus par des barrages, sert également en partie de réservoir d’eau potable pour Wellington. Cette réserve de 225 hectares est récente : le site a été réaménagé en 2005 pour les visiteurs. Il  est « pest-free », c'est-à-dire que les animaux nuisibles et non endémiques sont éliminés lors de campagne de chasse.

Desmond et John m’offrent le ticket d’entrée (18,50DNZ), je les remercie pour cette attention. Nous commençons la visite en franchissant la double clôture grillagée via un sas (c’est Jurassique Park !). Le mur d’enceinte a été conçu pour qu’aucun chat, opossum ou même mulot ne le franchisse. Les premiers abords du sanctuaire montre une végétation européenne récente (pins et genêts), mais plus on va de l’avant et plus le bush natif et les essences rares de plantes apparaissent. Au détour du sentier, nous observons dans des vivariums des petits geckos qui se camouflent à la perfection. Le site sert de nurseries ; les reptiles sont relâchés sur place et sur Kapiti Island. Le long des berges du premier lacs nous observons les 4 espèces de Cormorans du pays. Après nous longeons un enclos qui renferme de beaux spécimens de tuataras. C’est un lézard de belle taille (50 cm) qui ressemble à un iguane. Nous observons un individu qui prend le soleil devant son terrier, il n’est nullement inquiété par notre présence. Nous nous enfonçons ensuite dans le bush. Le chemin se raidit, traverse une forêt où l’on trouve les plus grands fushias du monde. Ils ont l’allure de gros arbres, c’est le climat néo-zélandais ça!

Nous continuons, et arrivons sur une aire avec nourriture pour les oiseaux. Une dizaine de kākās se pressent pour utiliser les dispositifs des mangeoires. Ils ont de la nourriture et de l’eau sucrée en grande quantité, mais ils n’aiment pas partager. Ils se chassent et ils se disputent le nectar avec les tuis. Plus loin, Desmond et John m’emmènent sur une autre aire avec mangeoires. En chemin nous prenons un escalier, où sur chaque marche, il y a le nom de généreux donateurs ; ils me montrent fièrement la leur (la vingt-quatrième). Sur la seconde aire, nous observons des hihis. C’est encore un joli oiseau dont seul le mâle arbore le plumage noir et gris avec une ligne jaune. John m’explique que « hihi » en maori signifie rayon de soleil en allusion au plumage. Ils viennent en groupe pour manger et sont très bruyant. Sur le chemin du retour, dans des souches aménagées pour observations des insectes wetas, j’observe quelques individus de belles tailles (8cm environ). Nous rentrons en empruntant le parapet du second barrage, puis une passerelle suspendue au dessus d’une canopée de fougères géantes. Desmond me montre l’emplacement d’un nid de kiwi, il y en a une centaine dans la réserve que l’on peut observer durant des expéditions nocturnes avec des guides.


La faune et la Flore de la réserve : cormoran, Tuatara, kākā et fushia géant.

Cette fin de semaine marque aussi la fin à proprement parler de mon HelpX. Mon jardinage est quasiment achevé et je me dois de libérer le studio pour que Déborah puisse le louer. J’aménage donc dans une chambre d’ami dans la même maison et paye cette fois-ci un loyer (140DNZ la semaine). Décembre marque également pour moi, ma recherche d’emploi. Car je compte rester sur Wellington pendant les fêtes de fin d’année et partir ensuite pour l’île du Sud avec Eva. Mais pas question de dépenser tout mon budget ici, il me faut donc travailler. Je me fais aider par Déborah pour rédiger mon CV à la sauce Kiwi. Et je commence à en déposer auprès des restaurants français. Je cible ceux-ci car je suis à la mauvaise période (je suis en concurrence avec les étudiants qui sont en vacances), et les restaurants français recherchent des travailleurs bilingues (c’est une piste que j’exploite donc).

Ma recherche d’emploi commence bien mal, je loupe le premier rendez-vous que j’obtiens le samedi matin ; la faute à l’emplacement introuvable du café du « Marché français » où je me rendais. En effet, j’ai mis une heure à tourner en rond, à passer devant sans le savoir et pour couronner le tout mon portable a rendu l’âme : la poisse ! Vous pensez bien que quand je suis rentré sur Kelburn pour téléphoner depuis le fixe et présenter mes excuses j’ai été envoyé sur les roses par Véronique la gérante. Mais j’y retourne par la suite avec des fleurs et pas mal d’avance pour trouver le lieu (au troisième étage d’un immeuble après avoir traversé des bureaux d’architectes !), et avec un nouveau téléphone acheté pour 100DNZ juste au cas où! Véronique apprécie le geste, j’ai grillé une erreur sur trois ! Je discute avec elle et son mari pendant deux heures, ce sont des personnes charmantes qui ont montés un business réputé ici à Wellington (dont la plus importante fromagerie française d’importation). Mais je n’obtiens pas de poste ; elle recherche en priorité du personnel expérimenté.

Je ne me décourage pas, pendant 4 jours je parcours à pied tout Wellington, j’y vais au culot pour demander du travail car je n’ai aucune expérience dans la restauration (j’ai uniquement travaillé que dans l’agro-alimentaire pendant les jobs saisonniers). Je franchis un grand nombre de portes de bars, de restaurants et de cafés. En attendant d'éventuelles réponses, je continue les sorties francophiles avec les amis de Déborah. Par exemple le lundi 3 Décembre, je me rends au petit cinéma Art Déco The Penthouse du quartier de Brooklin pour voir « Monsieur Lazard ».  Le film est en français (Québécois). Le mercredi 5 Décembre, j’obtiens une réponse positive pour le travail et un essai dès le lendemain (il me faut juste acheter un pantalon noir terre gale et des chaussures noires plus habillées que mes converses (240 DNZ d'investissement tout de même). Je vais travailler à « l’Hippopotamus restaurant&Bar » dans le « Museum Hotel » (je précise que cela  n’a rien à voir avec la chaîne Hippopotamus française). (Plus d’info ici).

C’est l’été sur Wellington : ma recherche d’emploi est vraiment agréable sous ce franc soleil.

Une photo du dernier carré désherbé du jardin de Deborah lors de mon HelpX (avant/après).

Ce bateau au pavillon de pirate et au look militaire fait partie de la flotte de 4 navires de l’ONG Sea Shepherd qui s’oppose en autre à la chasse illégale à la baleine.

Je commence donc le 6 Décembre mon nouveau travail dès 7 heures du matin (je me lève à 5 heures), j’avoue avoir perdu un peu le rythme de me lever si tôt. J’arrive au restaurant, situé juste à côté du musée Te Papa en front de mer. Le cadre est somptueux. Le restaurant est situé au 3ième étage du « Museum hotel » : un hôtel de haut standing qui renferme un grand nombre d’œuvres d’arts. C’est un endroit très sélect, je me sens un peu perdu dans tout ce luxe, au milieu des dorures, des panneaux de bois laqués. Ici tout brille, tout est propre et magnifiquement disposé. Je vais faire de mon mieux pour me fondre dans mon nouvel environnement de travail. Rien que ma tenue est classe ; j’enfile pour la première fois une tenue de « pingouin » (chemise, cravate, gilet, tablier, pantalon). J’ai vécu peut être un peu trop à la dure dans le bush et en tant que nomade ce qui explique que j’éprouve un léger malaise. Après avoir passé 10 minutes pour faire mon nœud de cravate (je n’en porte jamais d’habitude !), je prends l’ascenseur direction le restaurant.

La salle est vraiment belle, avec vue sur la baie. Il y a une vingtaine de table, un bar, une salle privée, un salon avec des fauteuils style Louis XVI, un grand buffet, et encore des œuvres d’arts. Je suis reçu par Stéphane qui m’encadre pour cette première journée. Je fais aussi la connaissance cette journée là de Camille, Antoine, Dee, Georgia, Daniel et de Tim le manager (pour citer les autres personnes il y a Cheta, Damien, David, Elena, Janvier, Josh, Laurent, Louis, Kenny, Mateo, Melvine, Mickael, Myriam, Patrick, Sébastien, Torah, et j’ai oublié certains noms mais cela fait pas mal de monde). La plupart des jeunes employés sont comme moi des travailleurs saisonniers (français ou néo-zélandais). Mes horaires sont variables (j’ai commencé à 6h00, 6h30, 7h00 et 8h00) et je dispose d’un à deux « days-off » par semaine (et je peux être amené à travailler 7 jours consécutifs!). Pour le moment ma plus grosse semaine fut la première avec 53 heures! La paye est hebdomadaire avec 12DNZ net de l’heure. J’ai été embauché au départ pour faire du « polishing » des assiettes, des tasses des verres et des couverts. J’utilise du vinaigre blanc et de l’huile de coude pour faire briller tout ce qui passe entre mes mains ; pas une seule trace de graisse ne doit rester !

Mais petit à petit on me forme aussi à travailler en salle au contact des clients (pour le moment je ne fais que le breakfast de 8h00 à 11h00). Mon anglais est parfois un peu maladroit mais je me corrige chaque jour. Quand les questions sont trop complexes ou les demandes vraiment spécifiques je demande de l’aide à mon supérieur. D’ailleurs deux mots à ce sujet : le staff est vraiment agréable et veille à ce que je me sente bien, et que je ménage mon stress. Tout est nouveau pour moi ici, et je fais de gros efforts mais parfois je fais quelques petites erreurs (je dois encore travailler mes automatismes). Je n’ai cassé qu’un verre pour le moment et rien renverser mais je trouve que se déplacer avec les plateaux chargés n’est pas évident. Pendant le service du petit déjeuner, j’ai appris à redresser rapidement les tables.

J’ai aussi fais un peu de room service, et de run service dans les appartements, les suites et les chambres de l’hôtel (le tout avec un chariot). J’ai aidé à préparer des fonctions dans des salons particuliers (certains avec billards et bar privé). J’aide également en cuisine pour le réapprovisionnement du beurre et de la confiture le matin (je prépare des beurriers et des ramequins de confiture pour les tables). Je prépare aussi les thermos, les théières avec les 12 thés pour l’Hight Tea (de 14h00 à 17h00). Et puis je n’échappe pas au nettoyage constant sur la journée. Chaque jour, entre 11h00 et 12h00, il faut nettoyer la salle : passer l’aspirateur, et faire la poussière sur les plaintes et les bordures et nettoyer les chaises, les portes, et les miroirs. Et à 9h00 il faut réapprovisionner le buffet et le nettoyer à 11h00. Je plie également de grandes quantités de serviettes (3 pliages différents selon le repas !).

Pour l’instant, la direction est satisfaite de mon travail, je vais m’appliquer et faire en sorte que cela continu (je compte bien travailler jusqu’à début Janvier dans le restaurant). Le boulot me convient pour le moment. Il y a quelques avantages comme approcher de près James Cameron qui était venu manger au restaurant ou avoir au quotidien un repas gratuit à 11h00 avec du saumon, du bleu, des fruits frais et pleins d’autres mets délicieux (le personnel peut manger les restes du buffet pendant les seules 15 minutes de pose journalière!). En revanche ce n’est pas toujours facile de se lever aux aurores et de rester debout toute la journée dans la chaleur des cuisines. Les journées sont bien remplies, je ne m’ennuie pas c’est l’essentiel. Mais je suis vraiment fatigué quand je rentre après 10 heures ou 11 heures de travail. Cela explique que je n’ai pas trop avancé sur le blog ces derniers temps.

Le matin quand je pars travailler je traverse une ville déserte (même en semaine). Je longe les quais à pied (je mets 30 min) : un vrai bonheur d’aller travailler dans ces conditions.

Le Museum Hotel : ce bâtiment est le plus grand édifice déplacé du pays : en 1993 il fut déplacé pour laisser la place au Musée Te Papa. La technique retenue a été d’utiliser des rails et des vérins hydrauliques.

Moi-même en tenue de travail : ça me change du jean et du T-shirt!

Le peu de temps libre je le passe avec Eva et à faire quelques sorties comme par exemple une soirée chez Besty qui habite Miramar (ces colocataires travaillent pour Weta Studios : la déco de la maison est géniale et rappelle Weta cave!). Avec Eva, lors de mon dernier day-off nous sommes allé à Makara. Mais auparavant j’ai dû emmener faire réparer mon van (changer le démarreur : 280 DNZ !!!). Le garagiste a aussi trouvé la fuite de charge sur ma batterie. Batterie qui a été remplacé depuis gratuitement car elle était encore sous garantie. 

Cette batterie m’a causé beaucoup de soucis (elle a usé mon alternateur et mon démarreur) maintenant je suis enfin tranquille. Comme je le disais, avec Eva nous sommes allé à Makara ; c’est une plage sur la côte Ouest de Wellington. L’endroit est très sauvage, et ressemble à la pointe sud de Red Rocks. Nous y avons passé une partie de la journée et pris un délicieux pique-nique en compagnie d’un bébé phoque! Dernièrement nous avons aussi vu le Hobbit à l’Embassy Theatre et comme espéré j’ai trouvé le film très bon.

Notre campement sommaire pour la journée à Makara.

Makara : un lieu isolé, où l’on aperçoit l’île du Sud et la faune sauvage.

Eva qui s’approche du bébé phoque.

Voilà les dernières nouvelles qui vont en surprendre plus d’un, et qui je l’espère rassure sur mon état de santé (par rapport au silence du blog). Prochaine échéance pour le blog d’ici peu ; sans nul doute pour parler des fêtes de fin d’année sous le soleil de l’été australe. Avant de prendre le ferry il me restera encore quelques day-off pour faire des découvertes je l’imagine. Ah oui j’oubliais, j’ai vécu mon premier tremblement de terre : le samedi 8 Décembre à 7h19 en plein travail pendant une vingtaine de secondes : c’était impressionnant toutes les piles d’assiettes se sont mises à trembler, je ne faisais pas le fier. J’ai ressentis quatre répliques depuis. C’est peut être la fin du monde qui approche pour la fin de semaine (wait and see !).

Nous nous sommes également rendu dans une exposition sur la bande dessinée Dr Grodbort. Les studios Weta ont créés les armes, les statues et les peintures de l’exposition. Et pour cause la BD est la création de Greg Broadmore un designer graphique des studios.