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03 avril, 2013

La fin du road-trip : Kaikoura, Blenheim, les Malborough Sounds (again) et retour à Wellington.


Toutes les bonnes choses ont une fin, et ce road-trip en fait partie. Nous sommes bien rentré sur Wellington sain et sauf depuis plusieurs semaines, mais j’avais mis la rédaction du blog entre parenthèses car j’avais beaucoup à faire (vente du van, recherches de travail et les grosses journées au restaurant et un peu de vie sociale intercalée). Je reviens sur la dernière semaine de road-trip avec le traditionnel compteur de jours. C’est aussi l’occasion pour moi de vous raconter aussi brièvement la suite de l’aventure sur Wellington.

Le samedi 02 Mars en sortant de la bibliothèque d’Hanmer Springs nous nous mettons directement en route pour Kaikoura. Nous prenons la direction du Nord Est. Sur la route nous croissons en sens inverse une centaine de voitures de sports qui participent à une exposition sur Hanmer Springs. Quelle étrange impression que de voir en rase campagne autant de belles voitures. Nous roulons une bonne heure et demi vers l’Est avant d’arriver en vue de la côte non loin de Kaikoura.  Nous nous arrêtons près de Goose Bay, où se pavane sur les rochers une colonie de phoques à fourrures. Nous longeons la côte à pied pour les observer puis reprenons la route pour Kaikoura. Arrivé à Kaikoura nous sommes un peu surpris du patchwork architectural de la ville qui manque de charme. Cette petite ville de 4000Hbts a orienté son tourisme sur la riche faune maritime de ses eaux (phoques, baleines et cachalots). Nous ne faisons que traverser la ville pour nous rendre sur la pointe plus sauvage de la péninsule de Kaikoura. Là nous contemplons un curieux spectacle : une vingtaine de touristes attroupés autour d’un unique phoque qui prend la pose. Nous profitons des derniers rayons de soleil sur les montagnes embrumées pour prendre quelques clichés. Puis nous remontons dans le van direction 15Kms plus au Nord sur la côte. Nous trouvons un emplacement pour passer la nuit sur une aire de pique-nique à Half Moon Bay.

Je profite d’un pont à voie unique pour admirer un convoi de voitures de collection.

Encore des phoques à fourrure mais ceux-ci semblent plus familiers des touristes. Eva a trouvé le spot idéal pour les observer.

Vue depuis la péninsule de Kaikoura  avec les hauts sommets des Seaward Kaikoura Range qui dominent la baie. Et les phoques qui se laissent bien approcher.

Day 57 : Dimanche 03 Mars

Le réveil à Half Moon Bay se fait dans la grisaille. Eva se sens un peu fébrile. Nous décidons de rester encore un jour et une nuit supplémentaire sur cet emplacement. Je profite du repos d’Eva et de la marée basse pour me mettre en chasse, ou plutôt à la pêche. La veille près de Kaikoura j’avais repéré des pêcheurs d’ormeaux. Je me mets à la recherche des fameux coquillages appelés Pauas en maori. J’ai souvent trouvé les coquilles vides mais là j’ai le sentiment que je vais en pêcher. Je commence par trouver énormément de petits spécimens sous les rochers mais leur taille n’est pas réglementaire pour la capture (ils doivent être >125mm). Puis dans un coin un peu plus inaccessible et gardé par quelques phoques, je débusque, sous un gros rocher dans une petite piscine naturelle, 3 gros ormeaux. Ce n’est pas évident de les décoller de leurs assises, mais après un peu d’effort j’obtiens gain de cause. Je peux collecter jusqu’à 20 ormeaux par jour mais ces trois là seront amplement suffisants pour le dîner. Je rentre juste avant la pluie et fais part de ma pêche à Eva. Je cuisine les mollusques le soir, nous en faisons un festin. Pour une première expérience culinaire : c’est un vrai régal (entre un steak de boeuf et la coquille Saint-Jacques). Nous nous endormons le ventre bien rempli.
Half Moon Bay.

Un échantillon de la faune marine : des grosses étoiles de mer, un curieux mollusque et un ormeau. 

Moi-même en train de cuisiner les ormeaux dans le van.

Day 58 : Lundi 04 Mars

Nous quittons, sous les nuages, le charmant spot d’Half Moon Bay pour rejoindre tranquillement la ville de Blenheim et ses 22000 Hbts. En chemin nous nous arrêtons pour observer une cascade où les bébés phoques ont pour habitude de jouer dans les remous. Malheureusement nous n’en apercevront aucuns ce jour là. Nous apprendrons par la suite que deux ans auparavant un groupe d’abrutis les ont massacrés par dizaines. Les mammifères marins traumatisés ne sont plus jamais revenus. C’était un site unique à 200m à l’intérieur des terres mais nous n’auront donc pas cette chance de les observer. Nous poursuivons la route, le paysage change brusquement. Nous passons d’une région verte où la route est blottie le long d’un littoral escarpé, à des collines arides parsemées de vignobles. Nous passons même devant les marais salants de Grasssmere Lake. Nous arrivons à Blenheim vers les midis. Nous prenons le temps de prendre tous les renseignements à l’I-site et nous faisons notre ravitaillement pour la fin du road trip. C’est aussi le jour où Eva me dit qu’il faut participer au Census. C’est un questionnaire national à visée statistique.

Ce questionnaire revient tous les quatre ans et permet au gouvernement d’anticiper les besoins futurs dans beaucoup de domaines. J’apprends aussi que le Census est obligatoire même pour les étrangers, et que de ne pas le faire vous expose potentiellement à 300 dollars d’amende! C’est un devoir démocratique tout comme le vote ce qui aussi explique qu'il n y a pas d’abstention ici! Eva me dit aussi que nous avions deux mois et que le lendemain c’est le dernier jour pour valider le Census. Nous nous rendons donc rapidement à la bibliothèque de Blenheim, mais le sort s’acharne la connexion Internet wifi est hors service et nous ne disposons que de 30 minutes journalières pour la connexion régulière. Nous n’avons cependant pas nos identifiants pour remplir le Census car oui pour couronner le tout, étant itinérant nous ne pouvons pas renseigner le Census en ligne. Il nous faut un identifiant personnel présent sur les formulaires délivrés à Wellington. Nous décidons de revenir le lendemain en ville pour espérer trouver des fonctionnaires avec des Census papier pour les voyageurs. Nous sortons de la ville et trouvons un agréable endroit le long des berges de la rivière Wairau pour dormir.

La cascade d’Ohau malheureusement sans les jeunes phoques ! 

Blenheim avec un joli canal en centre-ville.

Coucher de soleil sur la rivière Wairau

Day 59 : Mardi 05 Mars

Nous ne voulons pas perdre trop de temps avec cette histoire de Census qui nous gâche la fin du voyage. Nous décidons de consacrer la matinée à la visite des vignobles de la Wairau Valley. C’est la région la plus viticole de Nouvelle-Zélande. Les premières vignes ont été plantées dans les années 1970.  Nous commençons par le vignoble de Seresin Estates.  Nous y goûtons quelques vins (Riesling, Sauvignon blanc et Pinot noir), la dégustation est gratuite pour un bon nombre de domaine viticole mais nous nous sentons un peu obliger d’acheter quelque chose. Nous achetons de la confiture maison de cognassier et de prunes à Seresin. Je me renseigne s’il y a des postes à pourvoir sur le laboratoire d’analyse biochimiques mais rien n’est disponible pour le moment (la saison étant amorcée tout les recrutements ont déjà été effectués), je  laisse tout de même mon CV. Nous poursuivons la visite et les dégustations avec les domaines de  d’Allan Scott et de George Michel Estates (nous achetons une bouteille de vin de Chardonnay et de Riesling).

À George Michel nous profitons du cadre très français et magnifique pour nous délecter d’un peu de gastronomie française au restaurant la Véranda. Eva prend une assiette de fruit de mer et moi une assiette de charcuterie. Un vrai régal pour un prix raisonnable (22 DNZ). Nous retournons doucement sur Blenheim en roulant à travers les vignobles. Nous arrêtons les visites car nous ne voulons pas revenir avec 10 bouteilles de vin et puis il est temps de trouver une solution pour remplir le Census. Nous retournons à la bibliothèque où l’Internet ne fonctionne toujours pas, nous retournons ensuite à l’I-Site qui nous indique une maison associative où nous pouvons trouver le formulaire. Mais une fois sur place il n’y a pas de formulaire et malgré Internet nous n’avons toujours pas d’identifiants. Finalement l’employée nous indique qu’au Holiday camp de la ville il se trouve des formulaires pour les touristes.

Nous nous y rendons et remplissons le Census que nous déposons dans une urne. Le gérant n’a pas l’air ravis de nous voir juste prendre le formulaire et repartir sans passer la nuit au camping. Je suis surpris des questions que l’on doit remplir sur le Census car le questionnaire n’est pas anonyme. Par exemple vous indiquer votre groupe ethnique, vos revenus, votre religion, votre statut marital, et j’en passe …. Je pense que ce serait impensable en France de faire quelques choses comme cela ! Une fois ce « devoir » fait, nous roulons jusqu’à la côte près de Rarangi. Nous passons là une petite heure à marcher le long des rochers, il y a quelques cavernes marines sur cette portion de côte. Nous observons pour la première fois l’île du Nord pour nous rappeler que le retour est proche. Nous retournons à la rivière pour dormir sur un nouvel emplacement. J’observe de grosses truites dans les eaux turquoise.  

La vue sur les vignobles depuis Seresin. 
 
Rarangi et sa plage. 

Les eaux aux magnifiques couleurs de la rivière Wairau.

Day 60&61 : Mercredi 06 & Jeudi 07 Mars

Nous nous levons un peu tard et au moment de quitter les lieux nous sommes interpellé par un garde du Council de la région, il nous explique que nous ne pouvons pas rester sur cet emplacement. Il nous indique des emplacements autorisés pour notre van self-contained. Je prends la carte qu’il nous confit, sans l’attribut self-contained nous aurions eut le droit à une amende de 200DNZ ! Nous retournons rapidement à Blenheim pour refaire nos réserves en eau à la « dump station », puis nous prenons la route pour Picton. Le retour à Picton nous parait étrange, il y a à peine deux mois nous y débarquions, nous avons pourtant l’impression que cela remonte à bien plus longtemps étant donné la quantité faramineuse de lieux explorés. Nous allons à l’office de la compagnie maritime InterIslander pour réserver nos tickets pour le retour en ferry sur Wellington. Nous nous laissons 3 jours supplémentaires pour rentrer. Puis nous retournons au premier camping du DOC à Pelorus Bridge pour nous remémorer les débuts du road-trip. Le lendemain nous profitons de la journée pour nous reposer le long de la rivière Pelorus mais nous sommes assaillis par les mouches des sables ; il n’y en avait pas autant deux mois de cela! Nous prenons tout de même le soleil, nous essayons de nous baigner mais l’eau est vraiment fraîche.

Le retour à Pelorus Bridge !

Day 62&63: vendredi 08 & samedi 09 Mars

Le vendredi matin nous nettoyons le van de fond en comble. À force d’emprunter des gravels road, il  y a tant de poussière qui s’est accumulée dans les recoins inaccessibles du van ! Nous faisons aussi nos sacs avec un peu de nostalgie. Nous quittons les lieux en milieu d’après-midi pour nous rapprocher de Picton. Nous roulons jusqu’à Mahau Bay pour rejoindre un emplacement spécifique pour les véhicules self-contained. Le coin est idyllique, nous avons ainsi un petit aperçu des Malborough sounds car nous sommes trop fatigué pour nous aventurer sur le Queen Charlotte Track dans les délais impartis.

Le samedi nous retournons à Picton. Nous prenons notre pique-nique dans la file d’attente des voitures pour embarquer dans le ferry. Il y a un léger retard pour l’embarquement mais finalement nous montons à bord du même ferry qu’à l’aller : le Kaitaki. Je gare le van sur le pont extérieur au milieu des autres camping-cars. Nous restons à l’intérieur pour la première partie de la traversée car le temps est à la pluie. Nous regardons le film Life of Pi qui traite d’un naufrage, curieux choix me direz vous ! Au même moment un exercice d’évacuation pour l’équipage a lieu à bord du ferry, même si le capitaine précise qu’il s’agit d’un exercice, quelle curieuse impression que d’entendre en anglais que le navire est en perdition et qu’il faut évacuer ! À l’approche de Wellington nous montons sur le pont, et c’est sous un franc soleil que nous accostons. Les avions nous survolent pour atterrir sur l’aéroport de Miramar et des navires de plaisances nous escortent. Il y avait dans le port de Wellington des orques épaulards, une semaine de cela, mais il n’y a aucune trace de la présence des mammifères marins lors de notre retour. C’est vers 17h00 que nous arrivons à Kelburn. Nous sommes épuisés et nous nous endormons rapidement. Quel aventure ce road-trip !
 
 Mahau Bay.

Le van se cache sur cette image à vous de le trouver.

Voilà le road-trip dans l’île du Sud est terminé, nous sommes encore ébahis par cette fantastique aventure de : 7000Kms en van, 300Kms en Ferry, 20Kms en canoës, 1Km en barque et peut être une centaine de Kms de marche.  Nous avons foulés tant de sites fabuleux, replongé dans l’univers des films du Seigneur des anneaux, et vu une faune et une flore préservée et très riche. Les meilleurs moments ? Ils sont trop nombreux à lister mais parmi ceux-ci : la randonnée dans l’Abel Tasman, la rencontre avec le bébé phoque à Farewell Spit, Punukaki pancakes, l’hélicoptère au sommet du mont Cook, les marches près de Wanaka et de Glenorchy, le camping aux lacs Mavora, le ferry dans le Milford Sound, Stewart Island, les dauphins des Catlins, la féerique Ida Valley, les péninsules sauvages d’Otago et de Banks, Christchurch et Hamner Spring.

Depuis la vie sur Wellington a repris le pas, la routine j’ai envie de dire ! Dès la seconde semaine je suis retourné travailler au restaurant Hippopotamus. Je travaille toujours du matin (levé 4h30) mais je fais davantage de room service et de fonctions. J’ai retrouvé des têtes connues et quelques nouvelles. Les journées sont toujours bien chargées et le week-end de Pâques j’ai enchaîné les journées de 10h00 ! Mes deux jours de repos qui arrivent tous les 7 jours me laissent juste de quoi récupérer. Car en parallèle, j’essaye de revendre mon van (s’il y a des intéressés me contacter) et je continue de postuler pour un emploi dans un laboratoire mais la courte échéance de mon Visa ne me laisse que peu de chance. Je suis donc en train d’explorer toutes les pistes pour le futur. Concernant les sorties à Wellington, et bien j’ai eu de quoi m’occuper. Tout d’abord j’ai continué ma participation active au « French group » (speaking et pot-luck à nouveau). En effet le mardi 26 mars, je me suis rendu avec Deborah à mon second pot-luck chez John et Desmond. J’ai pu enfin parcourir leur magnifique jardin qui ressemble à un Zélandia miniature. Et autour d’un délicieux dîner j’ai rencontré d’autres membres francophones.

Ensuite avec Eva nous avons participé à quelques soirées entre amis (en appartement, dans des bars et sur le front de mer)). Nous avons visités gratuitement une exposition dédiée aux jeux vidéo à Te Papa. J’ai aussi emmené Eva pour un pique-nique en amoureux près de Miramar. Mais le meilleur fut d’assister, avec Eva, à la première du film de science-fiction « Eternity » au cinéma Paramount. C’est un film néo-zélandais qui parle d’une enquête menée dans un univers virtuel qui rappelle le film matrix. Le film a été tourné à Hong-Kong et en Nouvelle-Zélande (Napier, Wellington, Kapiti Island,…). Nous avons foulé le tapis rouge, pris un toast avant le film et après la projection nous avons rencontré le casting (dont l’acteur principal Elliot Travers) et le producteur (Alex Galvin). Nous sommes ensuite allés dans un bar chic pour discuter, quel bon moment!

Les trolls du Hobbit à Te Papa !

Pique-nique où l’on a pu apprécier un couché de soleil comme un petit rappel du road-trip.

Quel changement d’univers lors de la première d’Eternity par rapport à notre mode aventurier ! Nous nous sommes pris au jeu et avons posé pour les photographes comme l’équipe du film.((c) Photo de Joanne Ross)

Cette fois-ci je ne sais pas quand je composerais un nouvel article pour le blog et je n’ai pratiquement plus assez d’espace pour de nouvelles photos ! J’ai encore peut-être des découvertes à faire en Nouvelle-Zélande et des choses à exposer ici mais cela sera sans nul doute pour la prochaine fois. Et puis je risque encore d’être bien occupé entre les projets personnels et professionnels. A bientôt.

13 janvier, 2013

Nord de l’île du Sud : A la découverte des Malborough Sounds, de Tasman Bay et de Golden Bay.

Voilà un article écrit dans des conditions plus que sommaires, et je tiens à m’excuser par avance pour l'absence de certains albums photos (la connexion Internet est limitée en temps pour recharger le netbook et en débit : 20ko/s !!!). J’écris depuis les bibliothèques de Westport et de Greymouth. A westport, j’ai d’ailleurs retrouvé par hasard Emmeline (avec qui j’ai fait le road-trip de Rotorua et du Tongariro) et son compagnon Lionel qui l’a rejoint. Je reviens sur ma première semaine de road-trip dans l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande. Au programme du soleil et des plages de rêves dans le Nord de l’île, dans les régions des Malborough Sounds, de Nelson et de Golden Bay.

Day 1 : Dimanche 06 Janvier

Nous nous levons aux aurores (5 heures), j’ai l’impression de me lever pour le travail sauf que cette fois-ci c’est le jour du départ pour l’île du Sud. Nous emmenons les dernières valises dans le van et prenons la route du port, en ayant auparavant fait nos adieux à Deborah. Nous arrivons sur le quai de la compagnie InterIslander en 15 minutes depuis Kelburn. Il y a un grand soleil et pas un seul brin de vent ; la traversée en ferry s’annonce exceptionnelle. Nous avons une heure et demie d’avance sur le départ (le dernier délai pour se présenter est une heure avant l’embarquement). Quand nous nous engageons dans la file pour passer le guichet, il y a déjà, devant nous, une vingtaine d’autres véhicules mais le plus gros de la circulation est derrière.

Nous embarquons dans les premiers ; je conduis le van à l’intérieur du ferry. Nous  franchissons un pont-levis métallique et une immense porte étanche à l’avant du bateau. On nous indique une place de parking dans la cale, je sers le frein à main et nous voilà à bord du plus grand ferry de la compagnie : le Kaitaki. Avant le départ prévu à 8h15, avec Eva nous faisons un tour complet des lieux. Il y a 10 étages, le dernier étant le pont extérieur et le van se situe au 3ième étage. A l’intérieur c’est une petite ville qui comprend un bar, une cafétéria, un atrium, une salle de spectacle, des commerces, une salle de cinéma et diverses zones de repos avec sièges. Juste avant le départ nous nous installons au soleil sur le dernier pont extérieur ; quelle magnifique vue sur la rade de Wellington !

Le départ du ferry : nous quittons Wellington !

L’atrium à l’arrière du ferry.

Le Sud aride de la péninsule de Wellington.

Le ferry quitte lentement le port et la baie de Wellington, sa destination est la ville de Picton sur l’île du Sud à 92kms de là. J’ai déjà eu l’occasion par deux fois de prendre un ferry pour rallier l’Angleterre mais c’est la première fois que je peux rester sur le pont et pleinement profiter de la vue. Le bateau passe au large de toutes les criques et plages que j’ai eu l’occasion de découvrir les deux précédents mois : Oriental Bay, Evans Bay, Scorching Bay,  Lyall Bay, Reds rocks, et Sinclair Heads. La traversée qui dure trois heures, se poursuit paisiblement ; nous traversons le détroit de Cook et ses puissants courants.

L’île du Sud se dresse rapidement devant nous ; une côte montagneuse et sauvage qui rappelle le Coromandel. Pour le dernier tiers de la traversée, le ferry s’engage dans l’étroit chenal « Tory Channel » dans les Malborough Sounds. C’est une région composée d’une multitude d’îles et de fjords au Nord-Est de l’île du Sud. C’est impressionnant de voir évoluer l’imposant bateau dans ce corridor, le long de minuscules baies toutes aussi magnifiques les unes que des autres. Ce paysage de fjord est grandiose et nous sommes conscient que ce n’est que le début et qu’un tout petit aperçu des trésors que réserve le road-trip. Lorsque nous arrivons en vue de Picton, nous sommes conviés à retourner dans nos véhicules ; l’arrivée est imminente. À 11h35 la double porte étanche (à l’arrière du ferry cette fois-ci), s’ouvre lentement ; nous n’aurons pas à faire marche arrière et nous sortons dans les premiers. Nous sommes sur l’île du Sud !

L’entrée dans le Tory Channel.

Au milieu du chenal au « Dieffenbach point » (la jonction entre le Tory Channel et le Queen Charlotte Sound),  nous croissons un autre ferry plus petit.

Photo souvenir prise du pont dans le Queen Charlotte Sound.

Dans la cale, le van se tient prêt à avaler les kilomètres sur l’île du Sud.

La journée est loin d’être finie, une fois dans la petite ville de Picton (4000hbts), nous décidons de consacrer l’après-midi à la visite de la ville. Après un pique-nique rapide dans le van, nous commençons par visiter le petit musée de la ville (5DNZ). On y trouve un historique de la ville : de sa création en 1859, à  l’histoire moderne  avec la mise en service de la ligne de ferry en 1962. Le passé maritime de la ville est aussi rappelé avec le port baleinier de Perano actif de 1820 à 1964. Puis nous marchons une heure : un aller-retour vers « Bob’s bay », une ravissante petite plage que longent les nombreux ferries. En chemin nous assistons au bruyant décollage d’un hydravion !

Nous effectuons aussi un rapide passage à la bibliothèque de la ville juste avant sa fermeture pour utiliser Internet. Sur le parking je reconnais le van d’Isabel et Thui-An (les allemandes de mon premier wwoof) et je leur laisse un petit mot sur le pare-brise. Nous quittons Picton à 17h00, et empruntons la route scénique « Queen Charlotte drive » dans le Malborough Sound (route 6) en direction de l’Ouest. Cette route pittoresque et sinueuse surplombe les fjords sur 35kms avant de rallier le village d’Havelock (la capitale autoproclamée de la moule verte). Nous pensons passer la nuit dans un DOC campsite près de Mahau Sound mais ce dernier n’offre aucune possibilité de parking pour le van. Nous continuons donc notre chemin jusqu’à celui de Pelorus Bridge. Pour 12 DNZ pour la nuit nous avons un emplacement avec électricité, des douches chaudes et des toilettes. Le camping se situe à mi-chemin sur la route de Nelson. L’étape parfaite pour clore cette première journée.

Ces os de baleines dans le musée sont les derniers vestiges de l’industrie baleinière dans les Malborough Sounds.

Picton niché au fond d’un « Sound » : un ancien réseau de vallée creusées par des rivières et submergé par l’océan depuis la fin de la dernière glaciation et un affaissement du socle continental.

La vue sur la plage de Bob’s bay.

Day 2 : Lundi 07 Janvier

Le réveil de cette seconde journée s’effectue sous le soleil, il est temps de parcourir les lieux. Le camping est à cheval sur la rivière Pelorus au niveau d’un pont, dans la réserve du même nom. Le matin nous nous promenons au milieu de cette forêt de plaine fluviale, dernier vestige d’une gigantesque forêt qui recouvrait tout les « Sounds ». Nous effectuons quelques marches le long de la rivière, traversant parfois des ponts suspendus. Après un repas rapide au van, nous retournons à la rivière et décidons de passer le début d’après-midi le long des berges ensoleillées. L’eau est d’un magnifique vert émeraude, la baignade est obligatoire ! La mise à l’eau est difficile car celle-ci est bien fraîche. Nous essayons également nos équipements de plongée (masques et tubas). Ensuite, après un bain de soleil, nous reprenons la route en direction de Nelson à 17h00.

Il nous faut une petite heure pour atteindre cette ville de 43500 hbts. Fondé en 1842, cette dernière est réputée pour son climat doux et sa communauté d’artistes et d’artisans (peintures, verreries, tissages, joailleries, céramiques, menuiseries). Nous nous y arrêtons pour un passage éclair à l’I-site ; nous y prenons la météo et nous réservons nos tickets pour le « taxi-boat » dans la réserve d’Abel Tasman pour le lendemain (38DNZ)! Nous passons à la bibliothèque pour utiliser Internet et faisons le plein d’essence. Nous nous rendons ensuite à la Christ Church au bout de la rue principale et quittons la ville. Sur la route, nous nous arrêtons à Richmond, car Eva souhaite me montrer le « Garin College », une école où elle a étudié deux années. Nous roulons vers le Nord-Est de la baie de Tasman jusqu’à Marahau, une petite ville côtière à l’entrée du parc d’Abel Tasman. Nous passons la nuit en freedom camping, légalement, en dehors de la ville à seulement 10 minutes.

Ces jolis rochers en aval du pont sur la Pelorus River seront à l’écran du second volet du Hobbit « Les désolations de Smaug » lors de la scène de l’évasion en tonneaux du palais des elfes.

L’eau émeraude de la Pelorus River.

Christ Church : une cathédrale anglicane construite au sommet d’une colline dans Nelson.

Day 3 : Mardi 08 Janvier

La nuit a été rude car un abruti s’est amusé dans la nuit à nous klaxonner en passant devant le van (les locaux n’aiment pas le freedom camping). Nous nous levons tout de même de bonne heure, nous devons prendre notre bateau-taxi à 9h00. Nous embarquons à Marahau directement dans le bateau de la compagnie AquaTaxi à l’arrière d’une remorque tractée (nous n’avons pas à embarquer lors de la mise à l’eau du bateau). Le bateau doit nous déposer au milieu d’Abel Tasman National Park (le plus petit des parcs nationaux avec ses 225km²). Mais auparavant le skipper nous amène près de « Split Apple Rock », un immense rocher coupé. La croisière se poursuit le long de la côte sauvage du Parc. Le skipper nous délivre une véritable visite guidée des lieux. Il nous explique que cette portion de la côte a été cartographiée par l’explorateur français Jules Dumont d’Urville à bord de l’Astrolabe en 1820. Il nous montre également un « blue penguin » (manchot pygmée) en train de nager ; c’est le plus petit manchot du monde. Le débarquement s’effectue directement sur la plage de Bark Bay. Il n’y a pas de ponton ; nous sautons dans l’eau les chaussures autour du cou, tels de véritables aventuriers ! Nous sommes exactement au milieu des 51kms de track.

À bord du Taxi-Boat : bien mieux que prendre le taxi à Wellington !

Le parc d’Abel Tasman doit son nom à l’explorateur néerlandais qui fit escale à Golden Bay et y perdit 4 membres d’équipage lors d’un affrontement avec les maoris en 1643.

Le manchot pygmée en train de nager.

Bark Bay : là où nous avons débarqué.

Il est 10h00 nous avons la journée pour rallier Marahau : 24kms de marche le long du sentier du littoral nous attendent (j'ai 12 kilos sur le dos et Eva 6). Nous randonnons le long de cette côte granitique, garnie de plages de sables dorés et de lagunes uniquement accessibles à marée basse. Le sentier s’enfonce dans la forêt primitive et ne coupe la côte qu’en de rares endroits (Torrent Bay, Anchorage, Waitering Cove), mais à chaque baie où petite crique nous sommes subjugué devant la beauté du paysage. Nous foulons un véritable paradis et nous en profitons pleinement. Le pique-nique au pied d’Anchorage bay est fantastique ! Au détour du sentier, nous nous offrons le luxe d’une baignade dans un torrent de montagne à Simonet Creek ; l’eau est limpide et fraîche. De petits poissons viennent nous manger les peaux mortes des pieds! Nous achevons la randonnée, bien exténués, autour de 18h30. Nous reprenons la route et stoppons non loin de Kaiteriteri ; nous passons notre troisième nuit en freedom camping avec une belle vue sur la mer. 

A Torrent Bay nous évoluons dans un estuaire sableux à marée basse, nous gagnons ainsi 4Kms de marche en évitant le détour.

La plage d’Anchorage Bay où nous prenons le temps de pique-niquer.

Une ravissante plage dont j’ignore le nom.

L’arrivée dans la lagune marque le départ du sentier.

Day 4 : Mercredi 09 Janvier

Nous dédions cette journée au repos, nous devons encore récupérer de la veille. Le matin, une grasse matinée, nous nous contentons de visiter les environs de Kaiteriteri, une petite localité portuaire. Nous retournons à Split Apple Rock, cette fois-ci par le sentier côtier, pour y faire de nouvelles photos après une petite marche de 15 minutes. Ensuite nous nous rendons à la sublime plage de Kaiteriteri pour se reposer au soleil. Puis vers 15h00, nous transitons par Motueka pour un gros ravitaillement (essence, eau potable, nourriture et Internet). Je me sens reposé et je reprends le volant pour nous conduire à l’extrême Nord de l’île du Sud : La pointe de Farewell. Pour cela, nous devons franchir les impressionnantes montagnes de marbres Takaka et rouler le long de Golden Bay (nous traversons Takaka et Collingwood). Nous parvenons à Farewell Spit sous la grisaille et avant la nuit. Nous effectuons pendant une demi-heure une recherche intensive d’un bon coin pour dormir en freedom camping.

Split Apple rock : ce rocher appelé Toko Ngawha en maori, est selon la légende le résultat d'une dispute entre deux dieux pour le contrôle du rocher.


Kaiteriteri : nous franchissons la rivière pour atteindre la seconde plage plus isolée.

La route pentue dans les Takaka Hills.

Day 5 : Jeudi 10 Janvier

Nous nous réveillons sous la pluie, le temps nous incite à rester à l’intérieur du van et au chaud mais nous prenons notre courage pour braver les intempéries. Nous marchons en fin de matinée une heure et demi sur la côte pour atteindre le sommet d’une colline où trône un petit phare. Le temps est vraiment bouché ; on ne distingue qu’en partie la langue de sable de la pointe Farewell. Après le déjeuner, nous nous rendons au Cape Farewell. Nous n’avons que 300m à faire sous la pluie mais nous finissons tout de même trempés. Nous contemplons, sous la tempête, le point le plus septentrional du l’île du Sud. Là encore je complète la liste des caps importants du pays ; il ne me reste plus que le cap Sud de l’île du Sud ! Ce cap est bien différent de ceux de Reinga et de Palisser car il ne se dessine par de manière distincte sur la côte. 


Une arche de pierre sous l’assaut des vagues, un phoque qui se repose sur son rocher : voilà le spectacle grandiose que nous offre le cape Farewell.


Nous retournons au van, et nous laissons passer une grosse averse avant de ressortir explorer les environs. Nous descendons sur la côte par un petit sentier et allons à la rencontre de phoques à fourrures. Le coin est digne d’un repaire de pirate dans un film : une plage de sable encastrée au milieu d’une côte découpée garnie d’immenses cavernes. C’est la marée basse nous nous y risquons pour approcher les quelques phoques présents. Nous prenons soins de laisser un sauve conduit pour les mammifères marins afin d’éviter toute attaques. Nous sommes vigilant car c’est la période des naissances et il y a de tout jeunes bébés phoques : nous en découvrons un sous un rocher. Sur la plage un phoque apeuré surgit d’une des grottes et nous donne une belle frayeur. Nous rentrons au van et passons la nuit en freedom camping le long de la côte de Golden Bay.

  Un paysage pluvieux et verdoyant : parfois la Nouvelle-Zélande joue avec les clichés.
 
Le bébé phoque qui sort de son abri pour venir à notre rencontre, mais la mère, non loin, le rappelle à l’ordre !

La caverne où ont trouvé refuge quelques phoques.

Un vieux phoque mâle surveille la plage.

Le spot de camping le long de Golden Bay : un lieu magique où viennent dormir un grand nombre d’oiseaux.

Day 6 : Vendredi 11 Janvier 

Le mauvais temps de la veille est derrière nous, nous nous levons sous un soleil radieux. Nous retournons à la pointe de Farewell à 5kms de notre lieu de camping, plus précisément au hameau de Puponga. Nous voulons découvrir cette pointe de sable de 35kms qui s’enfonce vers l’Est dans la mer. La zone est protégée en raison du grand nombre d’oiseaux migrateurs qui y nichent et l’accès est donc limité (seul 4kms de côte sont ouverts au publics le reste nécessite une autorisation). Avec Eva, je fais la petite marche de 30 minutes pour atteindre Fossils Point : une plage de sable au départ de la pointe de Farewell. C’est un lieu sauvage où souffle le vent qui participe à la création des dunes.  Nous observons encore une fois des phoques à fourrures. L’un d’eux, sans doute épuisé après une nuit en mer, n’a pas la force de bouger et se laisse approcher. Nous revenons au van par le littoral moins sauvage de Golden Bay. 

Fossils Point : une étendue de dunes sauvages où il n’est pas rare de rencontrer des phoques à fourrure.

Nous reprenons la route et quittons la zone pour rejoindre Waikoropupu Springs Scenic Reserve. Il s’agit de la plus large source d’eau douce d’Océanie avec un débit de 14 mètres cubes par seconde. Elle se classe également seconde dans le monde pour sa pureté (tout contact avec l’eau est d’ailleurs interdit !). Les sublimes couleurs me rappellent Hamurana Springs. La source principale est équipée dans gros périscope pour observer les magnifiques fonds. Nous faisons le tour des sources et terminons par un petit sentier dans le bush où il y a d’autres petites sources. Nous trouvons un robinet d’eau potable dans les toilettes du site : nous remplissons toutes nos bouteilles de 3L avec cette eau de source. Ensuite, nous reprenons la route et en chemin nous faisons une halte à la bibliothèque de Takaka. Nous trouvons un charmant emplacement de freedom camping près d’une rivière non loin d’Upper Takaka. Nous nous baignons dans la rivière qui est à notre surprise plutôt chaude, il est 19h30!

Les sources de Waikoropupu, cela signifie en maori : « L’eau qui remonte en faisant des bulles ».

Day 7 : Samedi 12 Janvier 

Le samedi, le temps est encore ensoleillé mais le mauvais arrive par l’Est, nous choisissons d’écourter le séjour dans golden Bay et de faire un long trajet pour atteindre la côte Est. Il est plus agréable d’éviter de conduire sous la pluie, surtout sur ces routes sinueuses. Nous prenons la route de bonne heure à 8h30, nous refaisons le chemin inverse en passant par les Takaka Hills et atteignons Motueka, où nous nous ravitaillons à nouveau. Ensuite nous roulons jusqu’au petit village portuaire de Mapua où nous achetons des rillettes de poisson pour le pique-nique (la même marque locale que nous avions dégusté à Noël). Nous quittons les lieux pour rejoindre plus au Sud dans les montagnes les lacs jumeaux « Nelson Lakes » : le lac Rotoiti et le lac Rotoroa. Ce sont des lacs glaciaires enchâssés dans la pointe Nord des Southern Alps.

Nous pique-niquons sur les berges du premier, au milieu des canards chapardeurs et des bruyantes mouettes. Encore un coin magique ! Nous nous rendons au second pour prendre de beaux clichés. Après cette étape reposante, je conduis jusqu’à Westport, puis Karamea et enfin nous atteignons le très isolé campsite du DOC (il y a moins de 7000hbts sur cette partie de la côte dont 6000 à Westport). Nous découvrons ce pittoresque campsite sous la pluie : une rivière ocre qui rejoint la mer de Tasman, au niveau d’une immense plage et d’un chaos de rocs issus d’une falaise d’argile. La végétation est luxuriante, il y a beaucoup de palmiers Nikaus, endémiques de la Nouvelle-Zélande. Nous payons par avance 3 nuits (le tout pour 18DNZ), nous espérons découvrir les lieux sous le soleil les jours suivants.

La petite localité de Mapua basée sur un estuaire.

Les Nelson Lakes : Ci-dessus le lac Rotoiti près du village de Saint-Arnaud. Et le lac de Rotoroa.

La route sous la pluie une fois passé Karamea.

Depuis cette première semaine, nous cheminons et continuons les visites sous la pluie sur la côte Ouest, j’ai encore pas mal de péripétie à raconter mais ce sera pour la prochaine fois, si Internet me le permet. Je n’aurai pas de possibilité de connexion avant Queenstown, ces contrées sont vraiment isolées! Je tacherais aussi de compléter les albums photos même si je pense que cela ne sera possible que sur la côte Est. A bientôt pour de nouvelles aventures !