13 octobre, 2012

Derniers moments à Opotiki.

Un petit article pour vous dire qu’il est samedi en fin d’après-midi, j’ai achevé quasiment tous les préparatifs pour mon départ dimanche pour Rotorua. J’ai rassemblé mes affaires, j’ai rechargé tous mes appareils et j’ai fais des réserves d’eau potable. Aujourd’hui j’aurais dû pêcher à pieds sur les rochers avec Jean-Louis mais la mer était démontée. Jean-Louis est français comme vous pouvez vous en douter, c’est un ami de Sam, qui tient une pizzeria sur la côte. Il vit ici depuis 10 ans avec sa famille. J’ai bien apprécié de pouvoir parler avec lui, d’avoir son point de vue d’expatrié français, de connaître sa propre expérience pour s’installer en Nouvelle-Zélande. A la place de la pêche, j’ai donc fait des dessins pour les enfants, encore joué au jeu (voir ci-dessous).

Aujourd'hui j'ai aussi pris le temps d’aller admirer l’océan déchaîné.

Sinon concernant cette dernière semaine, j’ai bien travaillé et j’ai achevé tous les travaux confiés. Ainsi j’ai fini le ponçage et la peinture des cadres de portes et de fenêtres (22 au total !!!). J’ai terminé, avec l’aide de Sam la façade du garage. Nous avons entamé le plus gros du chantier le week-end dernier, profitant de l’absence des enfants pour travailler plus sereinement. Ces derniers étaient restés au camping (à 500 mètres de la maison !) avec Megan, leur tante Bridget (la sœur de Megan) et leurs cousins Hemy et Florence. Ce fut pour les enfants un week-end un peu spécial qui marquait le milieu de leurs vacances scolaires de printemps. Le reste de la semaine pendant leurs vacances ils ont bénéficié de tout un tas d’activité avec le programme « School Holidays ». Celui-ci n’a de school que le nom puisqu’ils pratiquent des sports, jouent à des jeux et assistent à des spectacles. À cette occasion j’ai aussi été invité par Bridget à dîner le dimanche suivant à Rotorua.

Sam qui contemple la nouvelle devanture du garage.

Ensuite, et je suis tombé malade. Le mardi je ne me sentais déjà pas en grande forme mais le lendemain je suis resté cloué au lit avec 39°C de fièvre, j’ai mis la journée suivante à m’en remettre en prenant du paracétamol. Le reste de la famille est aussi touché, Florence (qui présentait déjà des symptômes le week-end), Joe qui est tombé malade en même temps que moi (et qui a joué avec Florence), et maintenant c’est au tour de Sam. D’un côté j’ai profité d’un bon timing : le temps a été vraiment mauvais durant ma convalescence et mon rétablissement a été marqué par le retour du soleil. Cette semaine j’ai dû développer le jeu d’aventure car les enfants demandent sans arrêts pour y jouer (création de nouveaux donjons, de nouveaux monstres à combattre et de nouveaux objets). Je crois que je les ai convertis à l’Héroic Fantaisy.

J’ai même dû faire participer leurs cousins et leurs amis en créant de nouveaux personnages. Je les ai bien occupés une trentaine d’heures pour le moment avec ce jeu. Sam et Megan sont ravis que je parvienne à retenir l’attention des enfants aussi longtemps avec cette occupation. Personnellement cette activité m’occupe bien et je l’apprécie d’autant plus car je suis un initié. En effet, cela me rappelle mes parties de jeux de rôles et de jeux de plateau que j’ai l’occasion de faire en France au sein de l’association Stonehenge tout près de Clermont-Ferrand. Association dont je suis membre et où je fais un peu de modélisme (peinture sur figurines et création de décors miniatures) dans des univers fantastiques. Voilà vous connaissez désormais une autre de mes passions, après la randonnée et la photo, auxquelles je consacre pas mal de temps.

Le fameux jeu que je fais évoluer au fur et à mesure de l’aventure.

Je reviens un peu en Nouvelle-Zélande, après cette petite parenthèse ludique. Hier soir je suis allé avec toute la famille chez des amis de Sam et Megan : Jad et Sue. Ils possèdent une immense exploitation avec 300 vaches laitières. Ils habitent avec leurs deux enfants (Nico et Luka) dans une belle maison style ranch au milieu d’une jolie vallée entourée par le bush. J’ai été ravi de pouvoir prendre le temps de discuter avec eux (mon anglais se porte de mieux en mieux). J’ai pris conscience en discutant de mon voyage, qu’à l’avenir si on me demande de travailler avec une tronçonneuse je devrai demander une protection intégrale (tunique en acier et visière) !

Car Jad m’a montré une cicatrice de tronçonneuse durant une des rares fois où il ne s’était pas protégé, il a pourtant coupé du bois pendant 20 ans. Il m’a aussi dit que l’élevage laitier en Nouvelle-Zélande reste très rentable malgré qu’il n’y ait qu’une grosse compagnie laitière (Fonterra) qui garde le monopole et qui rachète tout le lait pour l’exporter principalement vers l’Asie. Le repas était délicieux du daim sauvage arrosé d’une sauce de prunes, accompagné d’une salade de pâtes aux couleurs de la méditerranée (poivrons, tomates cerises, feta et basilique) et d’une autre salade avec du bleu et des frites maison! J’avais encore de la place pour le dessert un crumble préparé par Sam. J’ai fini la soirée autour du jeu, avec Mia, Ben, Joe, Nico et Luka. Ils auraient voulu jouer encore des heures au moment du départ !

Dans le jardin de Jad et Sue, j’ai rencontré de curieux animaux de compagnie : 2 jeunes veaux de 5 semaines.

Demain matin je risque d’être un peu ému en quittant cette merveilleuse famille, même si je garde un contact. Les enfants ne veulent surtout pas que je parte, je m’attends à quelques larmes de leurs côtés. Ce fut une super expérience ce premier HelpX vraiment orienté échange culturel (je referais du HelpX avant mon départ c’est certain). Demain une grosse journée se dessine mais je sais déjà où je dors et je n’ai pas trop de route pour rallier Rotorua (140 km). Et lundi, je débute un road-trip de 15 jours, je suis vraiment impatient!


06 octobre, 2012

HelpX à Opotiki.

Je viens déjà de finir deux semaines à Opotiki en tant qu’ « Helper » avec le programme HelpX dans une famille d’accueil. HelpX c’est un programme un peu comme le wwoofing sauf qu’il ne se limite pas à l’agriculture ou l’élevage. Les possibilités d’accueil sont plus larges : fermes organiques ou non,  maisons, ranchs, hôtels, etc... Mais le principe est presque le même ; en échange de 4 heures journalières de travaux divers pour vos hôtes, ceux-ci vous offrent l’hébergement et les repas. Dans ce programme l’échange culturel est mis en avant ainsi que la vie collective avec vos hôtes. J’ai donc débuté samedi dernier ce nouveau genre de mission.

Mais auparavant, deux mots sur mon précédent article. Je vous avais promis des photos de pêche mais je n’ai finalement pas pu repêcher avec Norm, à Matata. Il avait un impondérable mais il est quand même venu en personne me donner l’anguille fumée, le vendredi en fin d’après midi.

Je n’ai donc comme seule photo souvenir de ma pêche que ce filet d’anguille fumé qui était vraiment succulent.

Le lendemain le samedi, je suis attendu pour le début de soirée. Je profite donc de la journée pour visiter la ville d’Opotiki, dernier village important sur la côte Est de la baie of Plenty. C’est ici selon la « légende » que les trois pirogues transportant les premiers maoris auraient accosté. Je me rends également sur une plage où je prends le soleil, non loin de ma future villégiature. Et vers 18h00 je me présente devant la maison de Sam et Megan mes hôtes HelpX comme convenu. Ils habitent une ravissante maison en bois, de plein pied, dans un petit lotissement, à 50 mètres de l’océan. Je suis très bien reçu et le contact se passe bien. Je rencontre aussi leurs trois enfants : Joe, Ben et Mia (âgés de 6 à 9 ans).

Je sympathise très vite avec cette petite famille. Sam est un grand fan de rugby et de cricket. Dès le premier soir c’est soirée rugby à la télé : ça donne le ton de mon séjour. Il entraîne aussi une équipe de cricket, mais il ne m’a pas encore expliqué les règles dans le détail (je sais juste désormais qu’une partie peut durée 5 jours). Pendant ce premier jour,  je prends le temps de décrire la France et ma région l’Auvergne en présentant quelques photos. J’en profite aussi pour faire quelques tours de magie que j’ai dans ma besace ! Ils sont appréciés et j’offre même des tours de magie Disney aux enfants (ça tombe bien j’en avais justement trois !) ; les enfants se seront empressés de les refaire à l’école dès le lundi.

La côte sauvage près d’Opotiki : rien que des dunes, des falaises de sable et des Pohutukawas.

La maison où je passe mes trois semaines d’HelpX fut construite il y a 60 ans.

Levé de soleil depuis un ancien Pâ sur la colline derrière la maison.

Dès le dimanche j’ai pour tâche de nettoyer un vieux tracteur qui sert pour la mise à l’eau d’un bateau. Sam me confie ce mini-challenge que je relève, je pense que c’est aussi une façon pour juger ma capacité au travail. Je passe mes 4 heures sur la machine. Je commence par nettoyer la carrosserie que je tente de faire passer du gris au blanc sa couleur d’origine. Ensuite je m’attaque au moteur que j’astique pour enlever la rouille, et je le lubrifie (là encore le moteur change de couleur (de noir à chrome). Enfin je passe sur la rouille un peu de peinture spéciale et voilà l’engin vient de rajeunir de 10 ans. Les jours suivants, je suis briefé sur la suite des boulots : je vais devoir reconstruire une nouvelle façade en bois pour le garage. Mais après avoir commencé les plans et la peinture sur les nouvelles boiseries je change d’activité. En effet, Sam souhaite que j’attende ses vacances pour cette tâche, il vaut mieux être deux pour fixer les panneaux de bois. Je continue donc d’autres petits travaux comme poncer et repeindre les cadres extérieurs des fenêtres. A la fin de la première semaine, je suis en charge de garder la maison pendant 4 jours. En plus de surveiller l’habitation, je dois nourrir les animaux (un chat, 4 poules et deux cochons d’inde) et repeindre une vieille caravane dans le jardin. Voilà tout concernant la partie travail, rien de vraiment très difficile : les tâches allouées demandent surtout de l’attention et de la minutie.

Le fameux tracteur après nettoyage et un peu de peinture anti-rouille.

J’ai pleinement rempli ma mission en redonnant un coup de jeune à cette vieille caravane.

Prochain travail : remplacer la façade de ce garage.

J’occupe le reste de mes journées avec des sorties aux alentours et des moments avec la famille. Il y a des petites balades à faire le long de la plage et sur les collines environnantes. J’ai ainsi découvert la vue depuis un ancien Pâ, une plage sauvage garnie de gros troncs d’arbres et une vaste lagune. Sur cette même plage j’ai fais la surprenante rencontre d’un très jeune phoque à fourrure, une semaine après celui vu à Tauranga ! Là encore il prenait le soleil avant de retourner pêcher dans l’océan. Sur la côte je m’adonne également au canoë des mers. J’emprunte celui de Sam avec sa permission et je tente de surfer sur les crêtes des vagues. L’activité n’est pas si aisée que cela et l’escamotage est fréquent mais les sensations sont plaisantes. 

Un bébé phoque qui m'a fait le plaisir de poser pour la photo !

 Moi-même après 2 heures de canoë de mer : c’est une activité difficile si la mer est agitée.

Lundi dernier je rends visite à Meggy et Martins des voisins de mes hôtes. Ils ont une exploitation où ils élèvent des chèvres et des jeunes taureaux. Meggy est aussi l’aide de ménage de ma famille d’accueil, c’est ainsi en discutant que j‘ai été invité à déjeuner chez eux. Je peux aussi partager ma passion de la photo avec Martin qui fait de magnifiques clichés qu’il expose de temps en temps dans des galeries. Je prends note de quelques sites futurs à ne pas rater pour faire de belles photos. Je lui montre mes réalisations, certains sites retiennent sont attention et fait de même que moi ; il prend note pour ses prochaines sessions de « shooting ». Et cette journée du lundi s’achève par une nouvelle expérience : l’espace de deux heures je deviens un véritable berger. En effet j’accompagne Martin sur un immense quad, je suis rejoint par deux chiens de berger. Ils semblent adorer le quad. La mission du jour : déplacé un troupeau d’une trentaine de taureaux d’un enclos à un autre (opération qui est faite tout les jours !). J’assiste Martin en ouvrant les barrières et en rameutant les taureaux en criant. Mais ce sont les chiens qui font le gros du boulot. Un derrière fait avancer les animaux ; le second sur les flancs rabat les bêtes égarées. Même brève ce fut une excellente expérience.


Le soir en famille je participe aux nombreux jeux avec les enfants (Je les ai initiés à une sorte de Donjon&Dragon très simplifié : ils en sont fan), je leur fait même réciter l’alphabet en français. Je donne aussi quelques leçons de français à Sam car il souhaite faire un séjour d’une petite année en France en 2015. Durant la première semaine, je me lance dans la cuisine française ; je prépare une  montagne de crêpes qui sera engloutie rapidement. Les enfants ont tellement aimé que je confie la recette à Megan. La seconde semaine, je persiste et signe en cuisinant une « truffade » pour 9 personnes. Les voisins et amis (Meggy, Martin et Gille) se joignent à la famille pour ma seconde truffade préparée à 19 000km de l’Auvergne ! Je l’ai particulièrement bien réussit malgré que je n’utilise pas de tome fraîche de Cantal. Quand au dessert, Meggy l’a préparé : il s’agit d’un Pavlova. Inventé en Nouvelle-Zélande (et en Australie) en l’honneur de la ballerine russe du même nom lors d’une tournée du ballet dans le pays. C’est un gâteau à base de crème de chantilly et de meringue : tout ce que j’aime ! Je conclus en vous informant que j’ai vécu mon premier changement d’horaire dans l’hémisphère Sud. Le 30 septembre on a perdu une heure de sommeil pour passer à l’heure d’été, comme en France c’est difficile de s’y faire. Et j’avais oublié de préciser que nous sommes rentrés dans le printemps dès le premier septembre. L’hiver est plus court que dans l’hémisphère Nord pourtant situé à des latitudes similaires.


A tout juste 7 mois ce chien de berger Australien fonce sans crainte sur les taureaux au risque de prendre des coups de sabots.

Session cowboy sur le quad! 

Le Pavlova : la seule réelle spécialité de Nouvelle-Zélande.

Cette première quinzaine se sera écoulée vraiment rapidement. J’ai prolongé d’une semaine mon séjour ici vu qu’il se passe très bien et que j’ai repoussé mon road-trip dans le centre de l’île du Nord à la mi-Octobre. Ce samedi, j’ai attaqué avec Sam le gros des travaux du fronton du garage. J’aurai l’occasion de parler de ma dernière semaine d’ici peu, juste avant de rallier Rotorua. Bon je vous laisse ce soir il y a 3 matchs de rugby d’affilée à la télé !!!

21 septembre, 2012

De Matamata à Matata.

Après cette semaine bien rythmée au Coromandel, je ralentis le train en rejoignant doucement la ville de Matata dans la « Bay of Plenty ». Je finis d’écrire cet article depuis Whatakane, au cœur de la partie orientale de la baie. C’est une petite ville qui s’enorgueillit de 2500 heures d’ensoleillement annuel et je le confirme : il n’y a pas un nuage ici aujourd’hui.

Le lundi, après avoir quitté la petite ville de Te Ahora, je m’en vais découvrir au Sud la cascade de Wairere, c’est une immense cataracte sur 2 niveaux. Pour atteindre la base des chutes il me faut bien 45 minutes et de même pour atteindre le belvédère au sommet. Le chemin est très bien aménagé ce qui facilite la difficile ascension, au sommet je prends littéralement une douche avec le vent qui renvoi l’eau de la cascade. Cette mise en jambes, me permet de bien dormir sur le parking du site où le « freedom camping » est autorisé ! Je ne suis pas le seul il y a deux danois qui font de même.

Une vue sur la cascade de Wairere se déversant depuis le massif de Kamai.

Et la vue depuis le sommet sur la plaine de Matamata.

Le lendemain, il fait un temps magnifique, c’est la journée idéale pour la visite que j’ai programmée de longue date. Je me rends à la ville proche de Matamata et je réserve un ticket pour le tour d’Hobbiton. Je vais parcourir, pour 66DNZ, Hobbitbourg un des lieux de tournage du seigneur des anneaux et du Hobbit (dont le premier volet sort le 12.12.12). Je ne pouvais pas passer à côté sans visiter le lieu même si l’entrée n’est pas donnée. Je monte directement depuis l’I-site dans une navette direction 20km au Sud-Ouest de la ville. Je suis impatient dans le bus ; le paysage de campagne ressemble de plus en plus à celui de la Comté : de vertes collines, de petits ruisseaux et des arbres anciens. Le site de 500 ha appartient à  la famille Alexander, des éleveurs de moutons et des moutons il y en a beaucoup sur les collines aux alentours (13000 têtes) !

Le bus passe 4 barrières gardées, il y a une garde permanente du site avec des pièges, des chiens, des détecteurs et une clôture électrifiée (curieux s’abstenir de venir sans payer !). Hobbitbourg (Hobbiton en anglais) a été ici reproduit par les Studios Weta. Peter Jackson a choisit le site car il correspondait le mieux au paysage de la Comté décrit par Tolkien. C’est notamment son immense arbre multi centenaire (l’arbre de la fête) et le petit lac qui l’on décidé sur le lieu exacte du tournage (et également l’absence de lignes électriques, de maisons ou de routes modernes). Le bus longe des champs qui servaient de lieux techniques pour les tournages (loges des stars, cafétéria, camion de maquillages et de visionnage, etc.….). La route d’1,5 km qu’emprunte le bus n’est pas d’origine : c’est l’armée néo-zélandaise qui la terrassée et viabilisée.

Je débute la visite guidée qui dure 2 heures 30, je plonge complètement dans l’univers de Tolkien : Hobbitbourg se dresse devant moi ! Le guide raconte qui a fallut 9 mois de chantier pour arriver à ce résultat (le chantier a débuté en mars 1999). Il n’y a pas moins de 37 trous de hobbits qui y ont été construits, mais ce ne sont que les façades, et quelques paliers. Il y a aussi la taverne du Dragon vert, le moulin à eau et le pont. La taverne est d’ailleurs en chantier : l’intérieur tel qu’il apparaît dans le film va être recréé ! Tout a été artificiellement vieilli, du bois au verre ; même les lichens ne sont qu’une peinture texturée colorée pulvérisée par petites touches ! Le résultat est bluffant : il faut s’approcher de près pour constater la supercherie. Le site que j’observe ne fait pas carton-pâte. Une forte raison à cela, pour le film le Hobbit, Hobbitbourg a été réaménagé et une bonne partie à été reconstruit dans des matériaux plus durables.

Une section a même été nouvellement créée. Le guide qui a l’air de bien connaître l’œuvre de Tolkien, confit tous un tas d’anecdotes de tournage et de données techniques sur le site. Au moment où je fais la visite ; il y a 27 ouvriers qui travaillent pour entretenir les lieux (mais pendant le tournage il y a eu un pic avec 400 employés sur le site !). Les toits en herbes des trous de hobbits sont arrosés par un système de goutte à goutte souterrain ; l’herbe reste ainsi bien verte. Les maisons n’ont pas toutes la même échelle ; sont à l’échelle humaine uniquement celles qui servaient pour des prises de vue avec les acteurs en devanture. Je vous donne quelques anecdotes en vrac (j’espère avoir bien tout compris des commentaires en anglais je peux me tromper) :

Alexander Dean fut surpris un soir de voir des lumières rouges dans le ciel de sa ferme, il alla sur le plateau extérieur et vit l’équipe de tournage avec des néons en train de gambader dans la prairie. Mais après avoir vue le film il comprit qu’il s’agissait de la scène du feu d’artifice en forme de dragon !

Le hobbit qui sourit devant les pétards de Gandalf est un néo-zélandais du coin ; un fermier qui est plus qu’heureux d’apparaître 29 secondes dans la communauté de l’anneau.

La scène des ronds de fumée avec Bilbo et Gandalf fut compliquée à tourner : uniquement les matins à l’aube et nécessitait une seule prise : il y eut beaucoup d’aube pour les 2 acteurs.

La nouvelle section d’Hobbiton comprend quelques plantes tropicales typiques de la Nouvelle-Zélande : seront-elles floutées au montage ?

Pour le tournage il fallut récupérer les 13000 moutons dans la propriété et les confiner ailleurs pour qu’ils évitent de passer dans le champ de la caméra : ils faisaient trop modernes pour la production.

Le petit plan d’eau est artificiel, sa mise en eau  date de 1996 ; sans cela peut être que le lieu de tournage n’aurait pas eu lieu ici.

L'arbre qui chapote le toit de Cul-de-sac de Frondon Sacquet est un chêne plus ou moins authentique. Il s'agit du seul arbre non naturel du site : un vrai chêne importé en pièce détaché non loin de Matamata et recouvert de fausses feuilles made in Taiwan.

La scène où Sam Gamegie dit "un pas de plus et ce sera le plus loin que j'ai jamais été de chez moi" se déroule dans un champ à 5 minutes à pied de sa maison. 

Sinon j’ai effectivement vu les maisons de Sam et de Frodon !

Il n’y aurait non pas deux mais trois films pour le Hobbit : Un voyage inattendu, Les désolations de Smaug et La chute de Dol Guldur (errata temporel : la bataille des 5 armées pour le troisième volet).

Je termine ma visite comblé, plein d’images dans la tête ! Je veux désormais voir le film, mais il va me falloir encore attendre un peu ! Je rencontre également un couple de français : Marion et Sébastien, avec qui je discute ; Sébastien est le premier autre Clermontois que je rencontre! Le bus me ramène ensuite à Matamata, petit tour à la dump station, à la station service et à la bibliothèque puis direction le Nord-est.

 
 
 
 
 La visite d’Hobbitourg un autre rêve que je réalise ici en Nouvelle-Zélande. J’aime ce pays.

Je franchis les monts Kumai pour arriver en vue de Bay of plenty. L’après-midi étant bien entamée je m’arrête pour la nuit au Parc de Mc Laren. Sur la route pour m’y rendre je longe les chutes de Mc Larren. Une belle cascade toute en longueur alimentée par deux torrents au niveau d’une patte d’oie. Je campe pour 5DNZ près d’un ravissant plan d’eau en compagnie d’oies, de canards et de coqs. Le lendemain le mercredi j’ai décidé de visiter Tauranga mais la journée va être longue. Au moment de prendre la route, mon van que je sens fébrile m’indique à nouveau sur le tableau de bord les voyants frein et batterie. Je pense qu’il ne s’agit peut-être pas que de fusibles déboîtés. Je décide de faire vérifier à Tauranga qui est une grande ville de 116 000 habitants. Je franchis la ville et rejoins sur la pointe de l’estuaire le quartier de Mont Maunganui où il y a une vaste zone industrielle.

Je me gare proche de l’I-site pour demander des adresses de garages mais celui-ci est définitivement fermé. Pas de chance, je décide donc de faire le tour en voiture de la zone et de trouver un garage par moi-même. Mais le van refuse de démarrer pourtant j’ai de la batterie ! Il est tout juste 8H30 du matin, j’utilise pour la première fois ma carte d’assistance AA ; elle va grandement me servir. Je bafouille un peu au téléphone et un peu en stress j’arrive à me faire tout de même comprendre. Une dépanneuse arrive dans le quart d’heure. Ce n’est pas la batterie mais l’alternateur ; diagnostic il faut que je me rende dans un garage spécialisé dans l’électronique pour voiture. Le dépanneur m’en indique un à 2 Kms seulement. Après avoir fait redémarrer mon van, je le suis au garage. Ils peuvent me réparer mon alternateur dans la journée. Je donne mon numéro de portable pour me tenir au courant des réparations.

En attendant ces dernières, je ne veux pas perdre mon temps au garage ; direction le Mont Maunganui qui donne le nom au quartier.  C’est un ancien volcan qui domine l’entrée de l’estuaire et toute la baie. L’ascension me change les idées, et après 30 minutes d’une pente bien raide j’atteins le sommet : et là quelle vue sur la baie, même si le ciel est voilé. Je redescends ensuite par un chemin différent encore plus pentu. Je laisse derrière moi les moutons « citadins » qui parcourent les flancs du volcan. Je marche sur la plage, où quelques vagues profitent aux surfeurs. Et lorsque j’arrive sur la petite presqu’île de Moturiki je fais une rencontre inattendue : un phoque à fourrure sur un rocher au soleil (je me trompe peut être sur l’espèce ? les gens ici disent « seals » pour les otaries, les phoques et les lions de mer).

Je suis le premier à le découvrir : il vient juste de sortir de l’eau et commence sa toilette comme un chat sur son rocher. Je l’approche à distance raisonnable mais quand même d’assez près et je prends tout un tas de photos. Moins d’une semaine après les dauphins encore un animal sauvage que je peux approcher et contempler. J’avais déjà vu des phoques en France en Bretagne mais là j’ai l’impression de tourner un documentaire animalier. Je reste là sur le rivage pour l’observer, j’ai été rejoins et imité par une petite foule ; je reviens même après manger pour l’observer à nouveau. En début d’après midi je retourne au garage, mon van est disponible et réparé ! Le garagiste a réparé mon alternateur en remplaçant un régulateur et des « bearings », je suis tranquille pour 250 000 kilomètres avec mon nouvel alternateur. La facture est un peu salée (314DNZ) mais je peux reprendre la route en étant rassuré.

Le parc Mc Laren offre un paysage digne de la Comtée.

Une nouvelle cascade au compteur: les Chutes de Mc Laren.

Une plage composée en grande partie de coquillage près de la presqu’île de Moturiki.

Rencontre avec un phoque à fourrure sur la presqu’île de Moturiki !

Le célèbre Mont Maunganui.

Je conduis direction Matata où m’attends un campsite du DOC avec des douches chaudes pour 6 DNZ la nuit !!! Je traverse auparavant la ville de Te Puke avec ses vergers de Kiwis. Et pour cause, la ville est fière d’être la capitale mondiale du Kiwi. Deux mots à ce sujets : en 1930, une horticulture intensive de « la groseille à maquereaux chinoise » pris le pas sur les élevages ovins et bovins décimés par des maladies, ce fruit trouva un débouché international sous le nom de Kiwi après une campagne marketing bien menée et les ventes s’envolèrent dès 1960. Il y a deux variétés de kiwis : le vert (Hayward) qui recule devant le jaune (Zespri doré). Je poursuis mon chemin et j’arrive au campsite, tout est comme dans la brochure du DOC ; un joli camping coincé entre une lagune et des dunes.

Sur la plage je trouve des pierres ponces et des scories ; preuve du volcanisme actif de la région. D’ailleurs au large j’aperçois White Island : le volcan le plus actif du pays. Il crache par intermittence des nuages blancs de cendres d’où son nom. Il y a d’autres volcans actifs dans le secteur comme le Mont Tarawera qui rentra en éruption en 1986 tuant 153 personnes et détruisant pour toujours la huitième merveille du monde : les White & Pink Terraces. Le soir à Matata, je rencontre des néo-zélandais sur la plage, des maoris qui vivent ici. Bon on est loin de l’iconographie Maori : voiture tunnée, rap, bière et joins. Mais en discutant ils m’apparaissent sympathiques et malgré un fort accent je les comprends bien. Ils ont de 25 à 37 ans. Le propriétaire de la voiture Adrian fait un peu de rap. Ils travaillent tous ici dans Matata. Norm l’aînée du groupe et père de 3 enfants me propose d’aller pêcher avec lui le lendemain. J’accepte volontiers.

Le jeudi je profite de quelques rayons de soleil pour faire ma lessive. Le matin en parcourant la plage je trouve dans les algues une canne à pêche (c’est un modèle pour enfant et le moulinet est cassé). Par la suite dans la journée, je fais le tour de la ville et du camping, et je marche sur la plage. A 16h30 je rejoins Norm pour la session de pêche. Je lui fais part de ma découverte du matin et je lui donne la canne à pêche (je n’en ai aucune utilité). Il me dit que même cassée rien que la canne vaut 100DNZ. On essaye une bonne heure mais la marée n’est pas idéale, on rentre bredouille ou presque. En effet après on s’essaye à la pêche à l’anguille dans la lagune, et là Norm sort une anguille d’une quarantaine de centimètre : belle prise ! Trop occupé à pêcher je n’ai pas pris de photos mais promis j’en ajouterais. Car cet après-midi nous remettrons cela et le soir je suis invité pour manger l’anguille de la veille qu’il a mise à fumer toute la nuit.

Le "trésor" échoué une fois démêlé des algues.

Système D pour étendre mon linge.

Vue de la plage avec au large White Island, une éruption en 1914 y tua tous les mineurs de soufre.

Voilà pour les news du pays. Demain je me rends à Opotiki pour mon premier HelpX (une sorte de wwoofing mais qui n’est pas exclusif à l’agriculture) mais je développerais cela prochainement.

La veille de mon HelpX je me suis rendu à ville proche de Whatakane pour trouver un spot Wifi, dans la bibliothèque il y avait une exposition présentant ce kiwi naturalisé.