07 septembre, 2012

Péninsules désertiques : des lieux du bout du monde.


Me revoilà, j’ai terminé ma boucle dans le Northland après 22 jours, ici, dans le Nord de la Nouvelle-Zélande. Enfin presque terminé puisque j’écris depuis la somptueuse bibliothèque  de Kaitaia et où la connexion wifi est excellente, je dois donc encore redescendre. Je reprends le récit là où je m’étais arrêté.

Tout d’abord mes derniers jours de wwoofing furent bien identiques aux précédents : j’ai travaillé bien dur ! J’ai tout de même utilisé plus la « chainsaw » (tronçonneuse) que  la hache cette fois-ci ; mais cela reste difficile car à bout de bras ça pèse son poids. Je me suis improvisé réparateur d’une tondeuse tractée (changement de courroie et d’un amortisseur), j’ai eu une formation éclaire de 10 minutes pour lire un plan façon Ikéa de la machine! Je suis aussi allé à la poste pour payer ma « Registration » (320 DNZ pour un an), cette taxe est l’équivalent à notre défunte vignette. Je quitte les lieux le dimanche matin après avoir écris dans le livre d’or et fais un dernier au revoir à mes hôtes qui étaient satisfaits de mon travail, voilà tout concernant ce second wwoofing.

En quittant Pakaraka, je fais une halte à Kerikeri pour mes réserve d’eau à la dump-station, mes courses alimentaires et mon plein d’essence. Puis sur la route je m’arrête à Rainbow Falls (des chutes plus modestes que celle de Whangarei mais qui valent le coup d’œil). Je poursuis mon itinéraire, avec comme étape pique-nique, la ravissante mais enclavée baie de Matauri. Après ce lunch sommaire, je continue au Nord-Ouest, et je confonds des noms de villes Maoris (Waipapa et Waihapa) sur ma carte ; ce qui me vaut de louper le campsite du DOC où je voulais retenter ma chance pour observer des kiwis à la nuit tombée. Le mal est fais  et je n’ai pas envie de faire demi-tour je vais à ce qui devait être mon second campsite du DOC.

La Rainbow Falls ou Waianiwaniwa en maori sur la Kerikeri River.

Matauri Bay sous la grisaille ; la météo du début de semaine était « boring ».

C’est ainsi que dès le dimanche je rejoins la péninsule de Karikari, et son camping situé à Matai bay ; encore un endroit magnifique (je sais je me répète). Je paye pour 4 nuits à l’enregistrement autogéré (10DNZ la nuit, et je dispose de douche froide et de WC). Cette péninsule est aussi belle qu’elle est paumée. Et il n’y a pas grandes âmes qui vivent : un désert de champs d’ajoncs et de dunes parsemés de criques et de baies. Mon choix de ce site, était sa proximité du Cap Reinga et aussi que je cherchais à passer quelques jours à l’abri de lourdes pluies qui étaient annoncées pour le début de semaine (je voulais surtout éviter de faire le Cape Reinga sous la pluie). Karikari va être la surprise de ce petit road-trip. Le soir sur la plage de Matai je découvre un banc de méduses échouées : des Vénelles et de dangereuses Physalies.
 

L'océan déchainé ramène des méduses et m'empêche de faire Karikari-Rangiputa Walk.

De nombreuses randonnées sont possibles : je prends le temps sur 3 jours de toutes les faire. Whangatupere Bay walk, une petite boucle de 3 heures, avec ses chemins argileux très pentus et glissants. Et Karikari-Rangiputa walk, dont ma première tentative se solde par un échec ; en effet il faut tenir compte des horaires de marée. Car sur cette immense plage de sable, les vagues viennent taper à marée haute la dune qui ressemble à un rempart. Il faut aussi franchir deux rivières qui proviennent d’une lagune. Je retente le mardi matin dès 7h30 (soit 4 heures avant la marée haute), et je prévois de rentrer vers les 15h00 par le même chemin. Je m’offre le luxe au retour de gravir un petit volcan, ce qui me permet d’apprécier les environs. Sur la plage déserte je ramasse de gros cônes géographes et d’autres coquillages ! Le soir même je retrouve par hasard Isabel et Thuy-An de mon premier wwoof. C’est l’occasion de se réunir autour d’une bonne assiette de spaghettis bolognaise dans mon van et de discuter de nos parcours différent après la ferme.

Je me gare au campsite sur une place qui domine la splendide baie de Matai.

Sur le chemin de Whangatupere Bay walk je croisse cet imposant Puhutukawa protégé de l’océan pour de gros galets.

Sur la péninsule de Karikari domine l'ancien volcan Mt Puheke celui-là même dont j’ai fait l’ascension.

Au sommet du Puheke, une icone maori en bois sculptée appelée ici Pouwheouna en langue maorie. Ces totems marquent les lieux d'importance territoriales ou les frontières.

Le lendemain, je change mes plans je décide de les accompagner au Cape Reinga sur la péninsule d'Aupouri (Je voulais initialement le faire avec un tour opérateur sur la journée le jeudi). Ce mercredi matin la météo est idéale, nous prenons la route pour Kaitaia pour les habituelles courses alimentaires, plein d’essence et dump station. Je me rends aussi à l’I-site, à la poste et à la bibliothèque. Nous reprenons la Road 1 pour le Cape Reinga. Mais auparavant nous nous arrêtons à Awanui pour voir l’Ancient Kauri Kingdom, c’est la base d’un gros Kauri fossilisé de 45 000 ans qui fait office d’escalier dans une boutique de souvenir. Il a été découvert à 10 kilomètres de là pour les forages de gomme de Kauri au début du siècle. Sur la première moitié de la péninsule nous coupons la plus vaste forêt plantée de l’hémisphère Sud, un petit côté des Landes mais en plus vallonné. L’arrêt suivant est Pukenui et sa vue sur le Mont Camel. Puis nous pique-niquons à Rarawa Beach. Pour tous ces arrêts j’ai repris ceux de la brochure du tour ! Avant d’arriver enfin au Cap nous sommes ralenti par un troupeau de vache au milieu de la route nous n’avons d’autres choix que d’attendre les chiens de berger.

L’Ancient Kauri fossilisé est l’attraction de la boutique où l’on peut acheter un petit morceau d’ambre de Kauri pour la bagatelle de 150DNZ !

Le mont Camel, un volcan qui créé une anse où se situe le port d’Houhora.

Rarawa et son sable bien blanc et extrêmement brillant, c’est d’ailleurs non loin que l’on trouve les gisements de silices le plus pur au monde.

A 15 heures on arrive au Cape Reinga (Te Rerenga Wairua). C’est un lieu majestueux : au bout d’un petit sentier il y a d’abord ce petit phare perché sur le vide, puis le Puhutukawa sacré qui défis la gravité sur son rocher, et pour terminé les remous engendrés par la rencontre de la mer de Tasman et de l’océan Pacifique. Nous nous attardons sur le cap, bien décidé à rester jusqu’au coucher du soleil. Le soir sur le parking nous rencontrons Amit un israélien en vacance qui comme nous ne sait où dormir (le freedom camping étant interdit sur ce parking tout comme l’overnight motorhome). Nous choisissons donc la solution la plus simple, nous allons là où cela est autorisé à Te Paki Stream. Il faut compter 20 km au Sud pour nous y rendre, et dans la nuit nous croissons sur la gravel road encore des vaches !

Le Cape Reinga : l’extrême Nord du pays, pas tout à fait puisque le cap Nord est plus Septentrional!

Au pied de Te Rerenga Wairua, accroché au rocher,  il y a ce Puhutukawa qui ne fleurit jamais et qui selon la tradition maorie récupère dans ses racines les esprits des morts.

Preuve que le pays est à échelle humaine : je retrouve Isabel et Thuy-An sur mon chemin.

Le couché de soleil sur l’océan agité.

Au petit matin, nous découvrons les lieux avec surprise ; nous nous sommes garé à côté de Te Paki Stream : une rivière qui longe une immense dune et qui sert aussi de route pour rallier la « Ninety miles road » (c’est la plage qui fait office de route). Il n’est pas question d’emprunter cet axe pour nous ; c’est trop risqué il faut un 4x4 et tenir compte des marées. Nous continuons la route à 3 voitures et nous stoppons notre petit convoi à Te Werahi : le départ d’un sentier de randonnée repéré la veille. Nous partons à 4 sur ce sentier qui doit nous emmener sur un ancien volcan engloutit à moitié par les dunes au bord de l’océan. Le parcours traverse des prairies, du bush natif, des hautes herbes, des dunes et coupe une rivière. Là encore des paysages uniques, à couper le souffle. Au sommet du volcan, se mélangent au sable et à la lave différentes couleurs d’argiles (jaune, rouge, rose), le tout en parfaite opposition avec le bleu de la mer et le vert de la végétation.

Et ce n’est pas fini, sur le retour nous franchissons une vaste étendue de dunes avec des couches de sables noirs façonnés par le vent. On achève cette randonnée vraiment inoubliable au bout de 4 heures. Après nous prenons sur le parking un copieux lunch de riz cantonnais maison. Puis nous revenons à Te Paki pour la nuit, à nouveau un troupeau de vache su la route. Je profite de la sieste des mes compagnons de route pour explorer les environs. Je gravis une série de grosses dunes, ce qui me donne l’occasion d’apercevoir la mer à 1 km de là et la roche percée de Motupia. Cette petite marche dans le sable est vraiment épuisante mais j’ai encore l’impression de fouler une autre planète ! Je reviens au parking en m’essayant à la glisse sur le sable mais je dois admettre que ma technique du sac plastique n’est pas optimisée. Le lendemain je prends la direction de Kaitaia et de sa bibliothèque. Je fais mes adieux à mes amis en sachant qu’on se reverra ! Je traverse encore un troupeau de vache décidément j’ai dépassé mon quota de l’année !

 Les paysages colorés de Te Werahi composent de véritables tableaux.

Le vent qui sculpte le sable de manière bien originale ; je comprends mieux pourquoi ce coin s’appelle le « The Desart ».

La rivière de Te Paki Stream qui sert de route également!
Te Paki Stream encore du sable à perte de vue : cette péninsule d'Aupouri est un petit désert à plus d’un titre.

Notre table dressé pour un petite déjeuner particulier à Te Paki Stream. 
 
Ainsi ce clos ce treizième article paru un vendredi pour me porter chance ! Ma prochaine étape le Coromandel mais il y aura un arrêt obligatoire à Warkworth et donc pas mal de route. 
 
Les vaches sur la route : les bouchons locaux !

28 août, 2012

Kia Ora depuis le Far Northland


Voilà un peu plus d’une semaine que j’ai intégré mon second wwoof, à Pakaraka dans le Far Northland (Le Far Northland désigne les territoires de l’extrême Nord sous fortes ingérences des Iwis (ou tribus) maoris locales).

Les paysages vallonnés, volcaniques et verts du Far Northland rappellent ceux de l’Auvergne.

 Mes hôtes pour mon second wwoof :  Frederika et Douglas.

Cette fois-ci je suis à l’intérieur des terres (à 30 min de la côte), dans un coquet manoir qui fait bed and breakfast et centre équestre. Ce wwoof est bien différent de mon premier. Tout d’abord, je suis le seul woofer ce qui m’oblige à parler anglais avec mes hôtes Douglas et Frederika, un couple d’anglais installé ici depuis plus de 20 ans. Je suis extrêmement bien logé (au même titre que si je payais pour la chambre d’hôte) ; Je dispose d’une ravissante chambre avec un confortable lit à baldaquin. Douglas, ancien aubergiste, cuisine très bien pour le repas du soir qui est pris en commun (sinon je prends mon petit déjeuner et mon lunch à part). J’ai n’ai pas à aider pour la cuisine ni pour le ménage en revanche je travaille beaucoup, vraiment beaucoup et j'ai bien compris que je n'étais pas ici pour des vacances. En effet, je travaille 6 heures par jours tous les jours (pas de day off!!!) soit 42 heures de boulot physique par semaine ! Cela me convient car je ne reste que 15 jours (je quitte les lieux le 3 Septembre), je pense que je n’aurais pas tenu deux mois ici contrairement à mon premier wwoof.


Le merveilleux manoir de mon second wwoof et son jardin.

Un superbe perroquet mais malheureusement il fut difficile à approcher pour la photo.

Je fais des tâches qui commencent à être habituelles comme la promenade des chiens (un grand Danois et un Jack Russel), nourrir les deux chats, couper du bois (sauf que cette fois-ci en plus de la hache j’ai appris à me servir de la tronçonneuse), désherber, m’occuper des 6 poulets et faire quelques réparations dans le jardin. Je découvre de nouvelles tâches comme brosser les trois chevaux, nourrir les deux poneys et ramasser leurs excréments ! Dernièrement j’ai creusé des fossés dans le champ des chevaux pour drainer l’eau ; j’ai opéré dans un véritable bourbier, j’étais davantage couvert d’argile que lorsque je travaillais sur le four. Sinon je travaille seul, excepté un jour où j’ai aidé leur beau-fils à dégager des arbres autour de barrière (c’est là que j’ai appris à me servir de la tronçonneuse). C’est un peu le mauvais côté de ce wwoof que de n’avoir finalement personne à qui parler en journée pendant le boulot mais je ne m’ennuie pas car chaque jour il m’est donné une liste bien longue d’impératifs. Et je relativise car j’ai la compagnie durant le travaille des martins-pêcheurs, des tuis et des magnifiques perroquets le tout dans un somptueux environnement.

Les travaux de coupe du bois : Dégager des vieux troncs, les couper, et en construire un mur de bûches.
  
Le défis fil rouge de chaque matins : 1h30 à ramasser des montagnes de crottins de poneys. Mais je préfère cela à ramasser les feuilles mortes car au moins les tas de crottins sont bien localisés dans le pré.

 Le travail le plus passionnant que j'ai eu à réaliser.

N’ayant pas de day off je ne bouge pas trop, j’ai par ailleurs déjà visité les lieux intéressants des environs. Je profite simplement du magnifique cadre pour me reposer après le travail et j’ai juste effectué une marche sur une après-midi pour rallier le lac Owhareiti au pied d’un cône volcanique. 

 A proximité de mon wwoof la petite église de Holy Trinity Anglican Church érigée en 1851.
 
Un avion d’épandage que j’ai surpris à atterrir sur une piste bien pentue au pied d’un volcan.
 
Ma seule véritable sortie remonte à lundi dernier, quand je me suis rendu à Kaikohe East School, l’école primaire où enseigne Frederika, pour assister à un spectacle maori. J’ai d’ailleurs bien failli le louper car mon van était enlisé sur la « place » de parking que mes hôtes m’avaient indiqué (je me gare sur une meilleure place désormais). Enfin revenons au spectacle ; c’est un show d’une heure donné par  la Kahunrangi Dance Company (Kahunrangi signifie bleu en maori). Les six danseurs maoris sont revêtus de Piupiu ; un short élaboré avec des flaxes (une sorte de yucca) et dont la réalisation prend 8 semaines. Il y a plusieurs parties dans le spectacle. Ils commencent par raconter le récit légendaire d’Hatupatu (confère ci-dessous). Puis les hommes effectuent une danse guerrière avec un Taiaha, une lance qui à deux extrémités : la langue ou Arero pour atteindre les organes mous et le manche ou Tinana pour casser les os. Ensuite j’ai été bluffé par une histoire racontée uniquement à partir de figures réalisées au moyen d’entrelacement de cordes avec les mains. Celle-ci était à propos d’un pêcheur rencontrant le dieu de la mer Tangaroa. Enfin ils ont fait une danse avec des Tītī tōrea (des bâtonnets de lancer) et des Poï (un sac de tissu, rempli de graine, attaché au bout d'une ficelle).

J’en garde un excellent souvenir, mais ce n’était pas tout, j’ai ensuite été reçu en tant que « guest » dans la classe de Frederika face à une quinzaine d’élèves, de 7 et 8 ans, et à 90% maoris (j’ouvre une longue parenthèse pour dire que 40% de la population du Northland est maoris (60% vers Kataia), et que Kaikohe regroupe des écoles bilingues, d’où l’importance d’élèves maoris). Les élèves se sont présentés en français (« Je m’appelle  …»)  et puis à mon tour je me suis présenté et j’ai parlé un peu de moi et de mon voyage le tout en anglais illustré par quelques photos d’Auvergne et de ma famille. Quand je leur ai montré la France sur le globe terrestre ils n’en revenaient pas de la distance entre nos deux pays. J’ai aussi fait quelques tours de magie que j’ai ramené de France : ils les ont bien appréciés. Ils étaient vraiment curieux et m’ont posé tout un tas de questions. Ils ont clôturé, cet échange enrichissant et intéressant, par une chanson en anglais et des mots en maori à mon honneur.

 La Kahunrangi Dance Company en train de réaliser une danse traditionnelle aux Tītī tōrea.

Une représentation de la légende d’Hatupatu :
Lors d’une partie de chasse avec ses trois frères aînés et brutaux envers lui, Hatupatu fut poursuivie par Kurangaituku une déesse oiseau. Hatupatu essaya par tous les moyens de lui échapper. Il était entraîné à l’art de l’esquive et doté d’un fort instinct de conservation. Il avait acquis certains dons et il ouvrit par magie une pierre pour s’y réfugier à l’intérieur. Il commandait aussi les éléments et utilisa un geyser pour ébouillanter Kurangaituku. Par la suite, il devint chef de clan, fut respecté par ses frères et ne recula plus jamais devant l'adversité.

La classe néo-zélandaise de Primary school où j’ai été invité.

C’est tout concernant ma vie dans le Far Northland pour le moment, j’espère avoir de belles choses à raconter d’ici peu. Après mon wwoof je compte rallier l’extrême Nord en visitant le Cap Reinga, mais en attendant il me reste encore pas mal de bois à couper! Ka kite ano.

20 août, 2012

Le Northland

Je viens d’achever un petit road trip de 5 jours dans le Northland. J’ai tant de choses à raconter ; je reviens sur ces journées qui furent riches en découvertes et en sensations.

Mercredi :

Je quitte Warkworth après avoir fais mon plein d’essence, mes courses et alimenté mon van en eau à la "dump station". Je voulais aussi aller chez le coiffeur mais il était malade ce jour là, tant pis cela correspond mieux au mode routard! Pour rejoindre le Northland, j’emprunte jusqu’à Te Hana le seul grand axe routier : la route 1 qui monte dans le Nord. J’avais prévu de faire quelques arrêts découvertes : Dôme Forest et Te hana (ville où s’est déroulée une fameuse bataille entre maoris et colons britanniques) ; mais finalement la météo fut catastrophique et je n’ai eu d’autre choix que de renoncer. En effet pour cette première journée de road trip, la météo a été horrible, j’ai effectivement roulé sous les bombs water. Un véritable mur d’eau m'a contraint même à m’arrêter sur le bas côté de la route près de Mangawhai village.

Une photo « Countryside » du pays avant Mangawhai.

Une fois le gros de l’averse passé, j’ai poursuivi ma route sur cet axe côtier, et c’est en cours d’après-midi que je découvre Bream Bay. Une immense baie dominée dans le fond par des montagnes (les Whangarei Heads). Je fais un arrêt à Langs Beach le temps de prendre quelques magnifiques clichés et de marcher sur une grève jonchée d’éponges marines rouges et jaunes. Je continue sur cette côte et je me gare en free camping sur un parking à Uretiti Beach. Derrière les dunes, je contemple une plage de sable gigantesque (omaha à côté parait minuscule). Je passe la nuit ici. Le ciel est dégagé ; je contemple les étoiles, au loin j’aperçois les lumières de Whangarei et de la raffinerie de Marsden Point.

Bream bay sous un beau ciel d’averses sur les Heads de Whangarei.

Uretiti Beach et ses 25 kms de dunes. 

 Jeudi :

Je reprends la route, sous le soleil cette fois-ci, en direction de Whangarei la plus grande ville du Northland (à 2 heures d’Auckland). Je décide de me garer à 2 km du centre-ville à l’I-site pour découvrir à pied la ville et éviter un onéreux horodateur. La ville est quelconque mis à part une rue commerciale et le Town Bassin, réhabilité dans l’esprit colonial,  le long de la Hatea river. Dans le Town Bassin se situe le musée Claphams Clock (celui-ci rassemble 1600 pièces d’horlogerie soit la plus grande collection de l’hémisphère Sud), mais cela ne m’intéresse pas je préfère aller à Whangarei Falls. Situé à 4 km au Nord de la ville, Whangarei Falls est une cascade photogénique de 26 mètres de haut et facile d’accès. Je décide ensuite de faire une petite marche de 2 heures le long de la rivière pour rejoindre Ah Reed Kauri Park pour observer quelques Kauris de 500 ans dans une forêt (rien de vraiment exceptionnel par rapport à ce qui était annoncé dans le guide mais cela me met en jambe pour l’après-midi).
 
Town Bassin à Whangarei.

Whangarei Falls : la cascade la plus visitée du pays.

Je continue mon chemin avec mon van pour les Heads de Whangarei. Je rallie une péninsule à l’Est de la ville où se dresse cet ancien massif de lave qui a été sculpté par l’érosion et qui domine Bream Bay. Je me gare à Mc Leod Bay ; un charmant petit hameau et après mon lunch je commence l’ascension des Heads : plus précisément celle du Mont Manaia et de ses 460 mètres. J’emprunte une piste balisée depuis le village mais au bout d’une heure et demie je constate qu’il s’agit d’un chemin digne d’un track pour la pose des pièges contre les nuisibles (opossums, rats, …). Je poursuis néanmoins ma route sur ce difficile chemin dans le bush natif car il se dirige dans la bonne direction : il ne peut que couper le bon chemin. Ce qui fut le cas au bout de 30 minutes. Ce dernier est large et bien aménagé. Pas moins de 1040 marches (j'ai compté à la descente!) et d’une heure d’ascension me sont nécessaire pour arriver au sommet du mont Manaia. La vue au sommet des pinacles de laves est à 360°, cela valait tous ces efforts. Je redescends par la suite par le bon chemin. Après 6 heures de marches je m’endors arasé avec la tombée de la nuit dès 19 heures.


Mc Leod Bay : Une jolie anse où j'ai passé la nuit.

Mont Manaia est un site sacré pour les maoris ; la légende raconte que les 5 pinacles représentent 5 personnes : Le chef Manaia, ses deux enfants, sa belle femme Pito (qu’il a volé au chef Hautatu) et Hautatu brandissant une massue qui les poursuit pour récupérer sa femme. Ces personnes furent ensuite changées en pierre par le dieu du tonnerre.

Vendredi :

Une bien belle journée en perspective, mais je décide pourtant de m’enfoncer sous terre, le matin, en allant visiter Abbey Caves. Il s’agit d’un réseau de grottes facilement praticable à pieds. Je me rends à la grotte qui est en fait une galerie creusée par une rivière dans de la roche calcaire. Je m’équipe de 3 lampes torches (une frontale, une puissante torche, et une autre à manivelle), d’un K-way et de chaussures adaptées pour les rochers et l’eau. J’explore pendant 40 minutes cet environnement souterrain. J’observe des stalagmites, des stalactites et quand j’éteins ma torche je me retrouve dans le noir avec pour seule lumière un plafond « étoilé » de glowworms. Ma progression est lente, certains passages demandent de l’attention et de la réflexion pour éviter de trop se mouiller. En remontant le cours de la rivière il m’arrive d’avoir de l’eau jusqu’aux genoux, voir plus par endroit. Je termine le parcours spéléologique dans une immense salle riche en concrétions et en glowworms. Je ressors à la lumière du jour et remonte au van en traversant un chemin garni de gros blocs de laves aux formes ciselées vraiment surprenantes.

 Dans les tréfonds d'Abbey Caves.
Une concrétion qui ressemble à une grosse meringue.

Il est 10 heures, le temps d’aller à la « Tutukaka coast » au Nord-Est de Whangarei. Je traverse des petits patelins côtiers : Ngunguru, Tutukaka et je me gare à Matapouri. Le panorama est splendide et rappelle certains endroits dans le Var : je fais face à une baie bien protégée avec sa plage de sable fin comme sur une photo d’agence de voyage. J’effectue ensuite une petite randonnée pour découvrir d’autres baies et criques tout aussi jolies que Matapouri Bay. Je ne croise pas grand monde, ce qui me permet d’apprécier davantage les lieux.   

Whale Bay et Matapouri Bay : les plus belles plages du Northland.

Je quitte les lieux à 15 heures, je fais mon plein à Whangarei et m’apprête à faire un peu de route en direction de la côte Ouest et de ses forêts de Kauris géants. Je passe par Dargaville une ville sans charme dans une plaine, avec 2 grands axes la traversant. Dargaville est la capitale néo-zélandaise de la patate douce : la « Kumara » et fut une plaque tournante du commerce de la résine de Kauris. Je m’enfonce dans des contrées vraiment isolées et dépeuplées, je croise beaucoup de moutons dans les champs et je prends mon premier autostoppeur sur quelques kilomètres. Pour finir j’arrive en fin d’après-midi au camping du DOC (Department Of Conservation) dans Trounson Kauri Park. Les campsites du DOC sont des campings en autogestion et vraiment minimalistes excepté certains comme celui-ci. Pour 10 DNZ (que l’on dispose dans une urne) je peux passer une journée et une nuit et disposer de cuisines, de douches chaudes, de toilettes et je peux même me brancher en courant avec mon van (j’ai ainsi testé et utilisé mon frigo et mes néons dans le van).

Tous les campings du DOC sont situés dans des réserves ou des parcs et sont généralement difficiles d’accès (20 km de gravels road ou sur des îlots parfois). J’étais venue dans celui-ci pour l’électricité et la douche chaude mais j’ai vite réalisé que le parc allait s’inscrire dans ma liste des visites. En effet, dans la cuisine je lis que l’on peut observer des kiwis dans la forêt de Kauris la nuit. Je me suis donc préparé pour le début de soirée pour une ballade nocturne sur le sentier du parc. Je ne me suis pas trop enfoncé dans la forêt ; j’ai effectivement entendu des kiwis mais je ne les ai pas vus. En revanche, j’ai vu des rats, un opossum et des wetas parmi les troncs gigantesques des Kauris. Cette marche dans la forêt de nuit m’a rappelé Abbey Cave en plus sonore, mais toujours avec la même sensation de pénétrer dans un sanctuaire naturel et son ambiance particulière.

Un gros opossum que j’ai pris pour un chat au départ et qui m’a suivi durant mon excursion nocturne.

 Le plus gros Kauri du parc : 1200 ans et 3,5m de diamètre.

Samedi :

Le samedi matin je retourne dans la forêt. Au milieu de la jungle de cette forêt primaire j’ai vraiment l’impression d’être à la nuit des temps et voir surgir un moa des fougères géantes ne me surprendrait pas. Ce parc de 450 hectares abrite de beaux spécimens de Kauris mais ce n’est qu’une mise en bouche ; je fais les choses crescendo concernant les Kauris (Un gros Kauri à Warkworth, puis ceux de Ah Reed Kauri Park et enfin ceux de cette réserve). Car par la suite je prends la route en direction du Nord et de la forêt de Waipoua. Cette grande forêt est juste un fragment de ce qu’il reste d’une immense forêt préhistorique qui jadis recouvrait quasiment tout le Northland. Mais elle demeure la plus vaste des anciennes forêts de Kauris car elle fut protégée dès 1952. La route coupe la forêt sur 18km et passe non loin de Kauris millénaires dont la taille et la hauteur donnent le vertige.

Waipoua forest : une jungle de géants où nous sommes les fourmis.

Je commence par une petite boucle dans la forêt (The Kauris Walk) pour admirer certains arbres qui se démarquent du lot. Tout d’abord, je me rends à « Four Sisters » : quatre Kauris géants qui poussent côte à côte. Puis je vais voir l’imposant, pour ne pas dire le colossal Te Matua Ngahere (« le père de la forêt ») qui a une circonférence de 16m40 ! Il est difficile de se faire une idée de la taille car on doit rester à bonne distance puisque c’est un arbre sacré pour les maoris et qu’il doit être préservé de dégradations et des maladies. J’achève mon tour dans la Waipoua Forest par Tane Mahuta (« le seigneur de la forêt ») : 51m de haut et 13m80 de circonférence ; il s’agit du plus haut Kauri vivant, vieux de 1200 à 2000 ans. Là encore j’ai du mal à le photographier, même à bonne distance. Dans cette forêt on se sent vraiment minuscule au milieu de ces arbres ; on pourrait être sur la planète Pandora !

Ma première impression face à Te Matua Ngahere  fut de penser qu’il y avait un énorme rocher dans la forêt !

 Tane Mahuta : la prise de vue s'effectue d'assez loin pour cadrer les 51m de haut de ce géant.

Je ressors de cette forêt, reliquat d’un autre temps, pour remonter davantage au Nord. Je passe à Omapere où j’aperçois enfin la mer de Tasman près d’une embouchure où se dressent d’énormes dunes de dizaines de mètres. Je bifurque vers l’Est à Opononi direction Bay of Islands. Je m’arrête à Kawakawa pour une curiosité locale : des WC ! Oui le seul attrait de cette ville passe dans ses toilettes loufoques. Et paradoxalement c’est à mon avis le lieu le plus surveiller et le plus propre de la ville (2 agents d’entretiens, 2 policiers devant et dedans 3 caméras de surveillance pour surveiller vos besoins !). Le reste de la ville se compose d’une rue principale traversée par une ligne de chemin de fer (un petit côté FarWest). Je remonte jusqu’à Kerikeri, où j’effectue une plein salé (l’essence est bien plus cher qu’à Whangarei), et je mets un peu de temps pour trouver un bon coin pour passer la nuit dans Kerikeri Inlet (une péninsule sauvage avec que de la gravel road bien pentue).

Les WC publiques de Kawakawa : évitez d’uriner à côté vous êtes filmé !

Dimanche :

Je me lève avec le soleil qui tente de percer une brume épaisse sur la mer. Ma visite du jour : Russel dans Bay of Islands. Je commence par aller à Paihia ; une charmante ville côtière très touristique où je prends un ferry pour Russel qui se situe en face dans la baie. La traversée ne dure qu’une quinzaine de minutes et passe non loin d’îlots et d’îles ; il y en a beaucoup ici d’où le nom donné à cet endroit : Bay of Islands. La brume s’étant levée, j’arrive à Russel sous le soleil. Russel est un joli petit village historique ; ce fut au début du 19ième siècle une station baleinière et l’une des plus grandes villes coloniales de l’époque. Un lieu de débauche et d’anarchie qui lui valut le nom de « bouge du Pacifique ». Ce qui explique que l’on peut voir certains bâtiments parmi les plus anciens du pays comme The Christ Church (1836), la doyenne des églises néo-zélandaises. Eglise dont j’ai visité l’intérieur et j’ai aussi observé de l’extérieur de l’enceinte le plus ancien bâtiment industriel du pays : le Pompallier. Cette grande bâtisse construite par des missionnaires français abrite une presse d’origine. Ensuite je fais une petite marche dans le bush où je rencontre un oiseau que je prends pour un kiwi, et j’atteins un lookout (point de vue) sur Russel. C’est aussi ici sur Flagstaff Hill que fut arraché le drapeau britannique par un chef Maori Hone Heke se qui déclencha la guerre du Nord. Je redescends pour rejoindre une autre baie (Oneroa Bay). Je pique-nique dans une petite crique et je reviens tranquillement à Russel puis à Pahaia avec le ferry (12 DNZ l’aller-retour). Pour finir cette journée, je voulais faire la visite de Waitangi, le lieu où a été signé le traité du même nom mais les 25 DNZ pour visiter juste une maison m’ont fait changer d’avis.

Le petit port de Russel qui fut la première capitale coloniale du pays : de 1840 à 1841.

The Christ Church financée par Charles Darwin de passage en 1835.

Le coin où j'ai pique-niqué. 

Voilà un petit résumé détaillé de ces 5 jours, et dès le lundi en début d’après-midi je suis allé à mon second wwoof où tout se passe à merveille mais ceci est une autre histoire que je vous raconterai prochainement.