20 octobre, 2012

Road Trip Plateau central : Région de Rotorua.

Ça y est j’ai atteint le plateau central de l’île du Nord, et je suis en plein road-trip près de Rotorua. Avant de vous narrer le road-trip dans les détails, je reviens sur mon départ d’Opotiki.

Dimanche matin, je quitte ma famille d’accueil et je fais mes adieux non sans émotions. Ensuite, un petit crochet par Ohope s’impose pour dire bonjour à Jean-Louis. Il m’offre le café à sa pizzeria et on discute un petit moment. Je profite de la livraison, de sa planche de surf qui sort tout juste de réparation pour l’accompagner sur la côte et ainsi le voir faire du paddle (surf avec baguai). Sur la plage d’Ohope, je rencontre Maryse et Greg ; deux autres français « pvtistes » (ils ont comme moi un Permis Voyage Travail autrement dit un Working Holiday Visa). On discute là une bonne heure tous les quatre. Le temps passant je décide de continuer ; je dis au revoir à Jean-Louis et dépose Maryse et Greg à Whatakane vu que c’est sur mon chemin. Je fais le plein d’essence et commence véritablement le périple vers la cité thermale de Rotorua.

Je roule 80 km au milieu de forêts de bush natif. La route qui s’élève continuellement, longe de grands lacs volcaniques : Lacs de Rotoma, de Rotoehu, de Rotoiti et de Rotorua. En maori « roto » signifie lac, et dans cette région il n’y a pas moins de 10 grands lacs. J’arrive à 16h30 à Rotorua sous un véritable déluge, ce qui ne m’aide pas pour trouver ma route. Je me perds dans de ravissants quartiers, et je parviens tout de même vers 17h00 chez Brigdet (la sœur de Mégane : mon précédent hôte). Après le dîner en commun,  je dessine des dragons pour les enfants et je passe ma nuit dans mon van sur leur parking. Le lendemain matin, après le petit déjeuner, je prends un maximum d’information auprès de Bridget sur les visites à ne pas manquer surtout les lieux peu connus des touristes. Je quitte leur maison, frais et paré, pour un gros road-trip de deux semaines.

Le lac Rotoiti sur la route pour Rotorua.

Le lundi matin, je reviens dans le centre ville de Rotorua sous un grand soleil. J’effectue les ravitaillements en essence, en eau et en nourritures assez rapidement. Ensuite, je me gare, dans le centre ville,  près d’un grand parc où s’échappent des fumées. Intrigué, je commence un petit tour du parc : il s’agit du Kuirau Park. Un peu partout j’observe des surprenants phénomènes géothermiques : des immenses piscines naturelles d’eau chaudes d’un bleu profond, des bassins de boues animés de clapotis, ou tout simplement des trous fumant dans la terre. Tous ceux-ci sont entourés de clôtures pour empêcher les curieux de s’approcher de trop près.

Je ne m’attarde pas trop car j’ai rendez-vous à l’I-site de Rotorua dès 9h00. En effet, je dois rencontrer Emmeline ; une française avec qui j’ai prévu d’effectuer ce road-trip dans le centre du pays. Nous avions planifiés par Internet, sur le forum des pvtistes, sans vraiment nous connaître, de voyager en commun. Ne connaissant pas de visu Emmeline je questionne les personnes qui sont aussi là à attendre : situation un peu cocasse mais brève. En effet je rencontre Emmeline peu après, on marche dans Rotorua tout en faisant plus amples connaissances. Elle est dans le pays depuis 2 mois et viens tout juste de finir un helpX où elle s’occupait d’équitation dans une immense propriété.

Emmeline et moi-même devant un bassin thermal en plein centre ville de Rotorua.

Nous décidons de commencer par une promenade sur les berges du lac Rotorua. L’air est fortement chargé en soufre (comme dans la ville mais en plus marqué) ce qui est un peu incommodant au départ mais on s’y habitue vite. La raison est simple de grandes fumerolles dégagent du sulfure d’hydrogène sur les rives du lac. Le lieu s’appelle d’ailleurs « Sulfur Point ». Nous découvrons un spectacle lunaire, ici, à quelques encablures du centre ville. Il y a ces petites crevasses d’où s’échappe le sulfure d’hydrogène, au fond de celles-ci on entend l’eau bouillonner et sur leurs bords on aperçoit des dépôts jaune de soufre. Nous progressons sur le sentier pour atteindre « Sulfur flat », l’endroit où les rejets de gaz sont le plus importants. Jadis, se dressait, non loin de sulfur flat, un établissement de cure contre l’alcoolisme. Des bains de boues sulfureuses étaient dispensés et sensés guérir toute addiction.

Nous atteignons Sulfur Flat : une berge blanche formée par un mélange de ponce, de vase et de dépôt de soufre. Une belle vue sur le lac s’offre à nous, on distingue aussi clairement le musée de Rotorua. C’est un ancien bâtiment de cure thermale de style Tudor et construit en 1908. Au retour de la promenade, nous en effectuons d’ailleurs la visite pour 18DNZ. Nous commençons la visite par un film de 20 minutes sur l’activité géothermique de Rotorua, l’histoire des maoris dans la région et sur l’éruption du mont Tarawera en 1886. La salle de projection ressemble à un ancien théâtre mais il s’agit d’un cinéma dynamique avec des sièges plus que tape-cul ! Nous poursuivons par la visite des soubassements du musée où l’on aperçoit l’ancien réseau de tuyauterie qui alimentait les bains. Nous continuons par la visite des anciennes salles de cure thermale, puis nous contemplons une exposition photo temporaire sur la nature et nous finissons par une somptueuse collection maorie. En sortant du musée nous terminons la promenade de sulfur point, et nous prenons la direction du parc dont j’avais commencé le tour. Nous décidons même d’y pique-niquer au milieu des bains de vapeurs.

L’après-midi, nous prenons nos vans et nous choisissons d’explorer le nord du lac Rotorua pour échapper à d’éventuels nuages de pluie. En chemin nous nous arrêtons à Hamurana Springs sur les conseils d’Emmeline qui a repéré le coin sur une brochure. Ce lieu est splendide ; nous sommes stupéfait de trouver une rivière translucide, dont le fond est tapis de sable et où ondulent de grandes algues et nagent de grosses truites. Cette rivière ressemble davantage à un petit lagon océanique qu’à un court d’eau typique du pays. Nous empruntons une allée de séquoias plantée en 1919 (certains arbres font 90 mètres !) pour atteindre les fameuses sources d’Hamurana. À notre grande surprise, la rivière que nous remontions prend source directement depuis un trou de 15m de fond. L’eau jaillis puissamment ; le débit est de 2 piscines olympiques par heure (cela en fait la plus grosse source du pays). Nous observons d’autres sources plus petites, notamment la source du « dancing sand » comme son nom l’indique le sable s’anime au fond de la rivière à cet endroit.

Nous rentrons séduit par ce lieu enchanteur. Mais nous sommes vite redescendus de notre petit nuage car le van d’Emmeline refuse de démarrer ! La batterie est pourtant chargée ; donc je suspecte le démarreur. Il est 16h, Emmeline appelle son assistance qui ne semble pas trop disposé à amener une dépanneuse mais qui en revanche souhaite connaître le numéro de sa carte bancaire avec son code ! Nous décidons de nous passer de leur « aide »  et nous mettons en place le plan B : solliciter l’aide locale plus efficace ! Finalement Emmeline joint son ancien employeur qui lui donne le numéro personnel du garagiste. Ce dernier viendra nous dépanner en dehors de ses horaires de boulot gratuitement (c’est aussi ça la nouvelle Zélande !!!). Il nous démarre le van en le tractant (la panne vient du démarreur) et nous invite à aller à son garage à Rotorua  pour que le lendemain matin il puisse le réparer. Nous passons donc notre première nuit de road-trip dans une zone industrielle, on est loin de l’image du campsite dans la nature ! La nuit se déroule sans accros mis à part de gros camions qui manœuvrent tôt le matin dans la rue.

La vue sur Sulfur Flat au bord du lac Rotorua.

Des fumeroles déposant du soufre près de sulfur point.

Le musée de Rotorua de l’extérieur.

Le plus grand bassin géothermal du parc Kuirau dans Rotorua.

 Hamurana Spring : un lieu paradisiaque.

Le départ de la source d'Hamurana.

Le mardi matin, nous nous réveillons sous le soleil, la journée s’annonce radieuse. Pas question de perdre du temps à attendre la réparation, nous prenons donc mon van pour continuer le road-trip : la liste des visites du jour est longue. Dès le matin nous retournons à Hamurana springs et on se refait la petite boucle de trente minutes pour conjurer un peu le sort. Puis nous enchaînons sur Okere Falls dans le même secteur. Ce sont une série de chutes d’eau et de rapides au niveau du déversoir du lac Rotoiti. Nous marchons une petite heure le long de la rivière et nous assistons même à une descente en rafting d’un groupe de personne. Nous nous rendons ensuite, au sud du lac Rotorua, à 3km de la ville dans la forêt des Redwoods. Son nom vient de la couleur rouge des troncs de séquoias qu’elle abrite. En effet, c’est une forêt plantée à partir de 1899 pour déterminer quelles essences pouvant être cultivées avec succès pour l’exploitation forestière.

 Le parc forestier est composé de plus d’une centaine d’espèces d’arbres, il n’y a donc pas que des séquoias mais se sont les plus impressionnants. Nous parcourons une infime partie des 100kms de pistes VTT, à travers une partie de forêt de séquoias, de platanes, d’eucalyptus et de pins européens. Les platanes ont grandis en hauteur au milieu du bush pour chercher la lumière, ils sont différents du coup des notre en France. Nous pique-niquons dans une clairière, devant un bon paquet de joggers. Il n’est que 14h30 et le temps est tellement magnifique (rare dans la région), que nous nous rendons au lac bleu (Lac Tikitapu) pour une petite marche d’une heure et demi pour rallier le lac vert (Lac Rotokakahi). Ces lacs volcaniques, très encaissés, au milieu de forêt de pins me rappellent certains lacs d’Auvergne mais en bien plus grands. Après la balade, nous retournons au garage à 16h30 pour récupérer le van d’Emmeline, il est réparé et la facture est correcte. Nous retournons dans la zone des lacs, pour passer la nuit au campsite du lac Okareka (6DNZ). C’est d’ailleurs tout près qu’Emmeline à travailler 5 semaines.

Okere falls offre un débit important et 17 mètres de chutes cumulées.

Un petit cours d’eau aux couleurs étonnantes dans les Redwoods.

Les Redwoods : des séquoias et des fougères géantes un mélange des genres qui donne l'impression d'être sur Endor.

Le lac bleu ou Tikitapu (qui est plutôt vert émeraude)

Le lac vert ou Rotokakahi (qui lui est bien bleu!)

Un cygne noir qui fait sa toilette au Lac Okareka.

Le mercredi matin nous tentons en vain de trouver un départ de ballade sur les rives du lac Tarawera, à défaut nous avançons notre planning et nous allons juste à la sortie de Rotorua au village thermal de Whakarewarewa. Mais auparavant, sur notre chemin nous nous arrêtons dire bonjour à Lucy : le précédent hôte HelpX d’Emmeline. Nous restons près des écuries à l’entrée de la propriété ; Lucy ravie de revoir Emmeline nous propose de passer la nuit. Nous acceptons et nous remettons en route pour Whakarewarewa. C’est une abréviation du nom complet du village : Te Whakarewarewatanga O Te Ope Taua A Wahio, ne me demandez pas le nom des habitants ! La zone est marquée là encore par des émanations thermales. Le village est construit sur un bassin naturel d’eau chaude : le Parekohuru. Certaines maisons s’effondrent parfois dans les cratères ou deviennent inhabitables en raison de gaz. La tribu Tuhourangi Ngati Wahia s’est implantée ici il y a 300 ans et une soixantaine de personnes y vivent encore actuellement. Celui-ci comprend notamment la traditionnelle maison commune maori (Whare Tipuna), des bains chauds à l’air libre et un ensemble de bassins thermaux.

Nous commençons la visite (32DNZ l'entrée) par un spectacle maori d’une demi-heure. Comme dans celui que j’avais vu au Northland, 6 maoris habillés en tenues traditionnelles (Piupius) effectuent des danses et des chants maoris dont le fameux haka. Ils utilisent là encore, des Taiahas,  des Tītī tōrea (des bâtonnets de lancer) et des Poï. Les danseurs sont fiers de réaliser et partager cette démonstration (2 fois par jours tous les jours !) et de poser pour la photo au côté des visiteurs. Ils nous apprennent même une chanson et nous demandent de participer à la chorégraphie ! Ceci illustre très bien le principe du manaakitanga qui implique de traiter les visiteurs comme des amis, principe toujours respecté ici. Après, nous récupérons chacun un épi de maïs cuit dans une des piscines thermales, et nous faisons la visite guidée du village. Notre guide, qui vit au village nous raconte toute son histoire et nous explique le mode de vie adapté au lieu. Par exemple, on assiste à la cuisson géothermique d’un repas de fruits de mer de sa cousine. Ensuite, nous faisons une halte sur les dalles chaudes à coté des bains thermaux riches en minéraux. Notre guide nous montre aussi une partie de la préparation des Piupius ; elle plonge les flaxes tressées (genre de yuccas) dans une piscine à plus de 180°C. Ce procédé long doit être répété jusqu’à se que la plante change de couleur (du vert au beige) et se courbe. Nous continuons la visite, en marchant parfois sur seulement 60 cm de sol avec en dessous un bain à plus de 200 °C.

Je pose ici en position de combat muni d'un Taiaha lors d'un haka

Au beau milieu du village le Parekohuru alimente des bains pour le plaisir des habitants qui utilisent à bon escient cette ressource naturelle.

L’intriguant cimetière du village : l’eau chaude étant qu’à 2m de profondeurs, les morts ne sont pas ensevelis dans la terre fumante mais au dessus du sol.

Nous nous rendons en fin de visite sur une plateforme pour assister à l’éruption de geysers sur le site concurrent et « trop commercial » de Te Puia. Sur cette terrasse de silices de 1km² : on peut observer 7 Geysers dont le Pohutu le plus haut geyser du pays. Les geysers se font désirer un petit peu mais lorsque le spectacle débute c’est grandiose ! Nous mangeons notre maïs devant ce show naturel et pique-niquons ensuite sur des dalles chauffées dans le village. Nous achevons cette journée par une marche en périphérie du village, près de lacs verts, bleus et de chaudrons de boue. Nous ressortons du village de Whakarewarewa plus que comblé, un site unique au monde je pense. En fin d’après-midi nous nous rendons donc chez Lucy et John. Leur propriété est immense (800 hectares) sur les pentes d’anciens volcans au bord du lac d’Okareka. Ils élèvent des moutons et organisent surtout des randonnées à cheval (trekking). C’était d’ailleurs le boulot d’Emmeline de préparer les chevaux et d’encadrer les ballades. En arrivant, je fais connaissance de John, de Charles (le fils de Lucy), de Sarah (la sœur de Lucy), de Carmen (une autrichienne en HelpX) et de Tom, Jack et Mat (des néo-zélandais travailleurs saisonniers pour le « docking » (couper la queue des agneaux)). Le soir je cuisine pour le dessert des crêpes qui sont appréciées de tous. 

Les geysers de Pohutu, Prince of Whales et Kereru qui jaillissent en moyenne une à deux fois par heure.

Le lac bleu de Pikopikowhiti donne envie de s’y baigner mais il faut s’y abstenir : le pH est acide !

Le jeudi, nous nous levons sous la grisaille et la pluie, mais je reste optimiste. J’emmène en van Emmeline et Carmen à Kerosene Creek. C’est un site thermal gratuit et facilement accessible à 30 km au sud de Rotorua. Nous arrivons sur les lieux au bout d’une petite portion de gravel road. Là, dans la forêt se trouve une rivière d’eau chaude qui façonne à travers une ancienne coulée de lave de petites cascades. L’endroit est magnifique, nous ne nous faisons pas prier pour nous mettre à l’eau (30°C) ! Je prends mon pique-nique depuis la « piscine chauffée ». Nous essayons deux emplacements différents sur la rivière ; le premier est une petite chute d’eau de 80 cm.

Le second en aval, est un bassin sous une cascade de 3 mètres. Il y a un fort courant car le débit est important et la profondeur faible (moins d’un mètre). Comme à hot water beach, on ressent dans l’eau les arrivées d’eau chaudes quand l’on enfonce nos pieds dans le sable. L’eau est aussi chaude en surface qu’en profondeur car le courant brasse correctement les afflux de chaleur. De temps en temps, nous essuyons quelques averses mais une fois les affaires protégées au sec, on peut rester dans l’eau sans avoir à en sortir. Nous restons trois heures dans l’eau à profiter de ce spa gratuit. Ensuite, nous rentrons et en chemin nous nous arrêtons en ville pour effectuer quelques courses pour Lucy. Le soir je cuisine des tomates farcies qui font sensation (John et Lucy ne connaissaient pas !).

Kerosene creek : le nom ne donne pas envie mais une fois sur place on y reste des heures.

Le vendredi, avec Emmeline nous tentons notre chance avec la météo incertaine pour aller visiter pour 32DNZ, un autre site thermal vraiment incontournable : Wai-O-Tapu. Lorsque l’on arrive sur place le soleil perce les nuages et c’est une chance pour contempler ce site. C’est important car le site propose 3 boucles de 75 minutes au total (sur 18km²), où l’on peut voir des bassins aux eaux multicolores ; autant donc profiter pleinement des couleurs ! La première partie de Wai-O-Tapu est constituée de gouffres sulfureux, de bains de boue bouillonnants et de bain ferreux. La seconde partie comprend une immense surface de silice recouverte d’eau « The Artist’s Palette » qui est alimentée par « The Champagne Pool ». The champagne pool est un cratère de 62m de profondeur remplis d’eau bouillonnante (180°C en profondeur, 74°C en surface), ses bords sont d’un bel ocre orangé. The Artist’s Palette est un étalage de couleurs (rouge, orange, jaune, vert et bleu) de bassins chauds et froids. La terrasses de silice descend en pente douce et forme « Primrose terraces » : une dentelle blanche et mauve de silice (un aperçut miniature de ce qu’était les Pinks et Whites Terraces ensevelis après l’éruption du Tarawera).

La dernière partie du site est composée de bassins laiteux verdâtres dans un petit canyon, alimenté par Primrose terraces. Les eaux vertes finissent leurs courses dans le lac Ngakoro en formant une petite cascade. La végétation du parc est aussi recouverte d'une algue orange la Trentepohlia se qui renforce l'impression d'être sur une autre planète. Nous nous régalons devant ce spectacle naturel, à mi parcours nous ressortons du parc pour assister à temps au jaillissement du geyser Lady Knox. Au geyser il y a foule, nous prenons la mesure que c’est bien le parc géothermique le plus attractif de Nouvelle-Zélande. Le geyser est déclenché artificiellement à 10h15 par un apport de « savon » (un surfactant), sinon il faudrait attendre entre 48h et 70h pour son cycle naturel. Il monte à 21m puis se stabilise à 3m durant une heure. Une fois les dix premières minutes du geyser passées nous retournons au parc géothermique pour finir la visite, avant le flot de touristes. Nous nous arrêtons à nouveau devant la palette de l’artiste ; les couleurs ont encore changées !

Nous rentrons chez Lucy, pour préparer les chevaux pour une rando. En effet, Lucy nous a gracieusement offert une rando de 2 heures à cheval. Nous partons ainsi à cheval à 8 (Emmeline, Lucy, Carmen, un client, Tom, Jack, Mat et moi-même) dans la propriété de Lucy. Je n’ai pas remonté un cheval depuis mes 4 ans. Je suis plus qu’enthousiasme! Le chemin, à travers le bush, est abrupte, j’avais oublié la hauteur depuis un cheval : l’ascension est impressionnante. Je retrouve quelques réflexes mais je reste un débutant. D’ailleurs, je me mange une petite branche que je n’arrive pas à écarter à temps, et le cheval part au trot mais je reste sur ma selle, la seule petite frayeur de la rando ! Nous atteignons le sommet d’un ancien volcan. La vue au sommet est à couper le souffle : on distingue 7 lacs et en arrière plan se dresse devant nous le majestueux volcan Tarawera.

Nous faisons partir nos chevaux au trot, mais je restreins un peu la vitesse du mien ; je n’ai pas envie de voir ma selle tourner et de finir au sol ! La descente et plus facile car moins pentue. Je remercie Lucy pour cette incroyable expérience ; j’ai goûté à la vie de cowboy quelques instants. Nous rentrons à l’écurie et j’aide pour enlever les selles et les brides, laver les chevaux et remettre les couvertures. Je rentre à la maison de Lucy pour cuisiner une truffade (oui encore une !), mais avant dîner nous allons au pub comme tous vendredi soir. C’est l’occasion pour moi de discuter et de faire quelques parties de billard dans ce pub décoré à la mode saloon de western. On y attend deux allemandes (Caroline et vivianne) qui viennent en HelpX au ranch. Nous remontons du pub au ranch, il est 22h quand on attaque de manger la truffade !

Wai-O-Tapu : un site unique au monde : encore une fois je suis bluffé par la Nouvelle-Zélande. Ci-dessus : The Champagne Pool, The Artist's Palette, le lac Ngakoro et un bassin de cyanure.

Le geyser Lady Knox : réveillé et activé pour la première fois par un prisonnier qui travaillait à la coupe du bois, ce dernier a échappé son savon pour la lessive dans un bassin d'eau thermal.

Voici Joe le cheval que j’ai monté pour la rando (au fond c'est le mont Tarawera)

Le vendredi c’est sortie pub ici : le billard est un incontournable.

Voilà pour cette première partie de Road-Trip, j’ai pris le temps ce samedi matin d’écrire l’article. Je vous avouerais que j’ai fait un peu la grasse matinée (levé à 9h) et que j’ai le dos en compote après le cheval d’hier. Cet après-midi je pars me promener sur les berges du lac Okareka sous un beau soleil ! La semaine prochaine nous descendons dans le sud vers Taupo puis le Tangariro. Je ne sais en revanche pas trop quand j’aurais l’occasion de donner des nouvelles car ce sont des régions isolées sans trop d’accès internet.

Et je vous présente Mary la jeune brebis de  5 semaines qui est un animal de compagnie!

13 octobre, 2012

Derniers moments à Opotiki.

Un petit article pour vous dire qu’il est samedi en fin d’après-midi, j’ai achevé quasiment tous les préparatifs pour mon départ dimanche pour Rotorua. J’ai rassemblé mes affaires, j’ai rechargé tous mes appareils et j’ai fais des réserves d’eau potable. Aujourd’hui j’aurais dû pêcher à pieds sur les rochers avec Jean-Louis mais la mer était démontée. Jean-Louis est français comme vous pouvez vous en douter, c’est un ami de Sam, qui tient une pizzeria sur la côte. Il vit ici depuis 10 ans avec sa famille. J’ai bien apprécié de pouvoir parler avec lui, d’avoir son point de vue d’expatrié français, de connaître sa propre expérience pour s’installer en Nouvelle-Zélande. A la place de la pêche, j’ai donc fait des dessins pour les enfants, encore joué au jeu (voir ci-dessous).

Aujourd'hui j'ai aussi pris le temps d’aller admirer l’océan déchaîné.

Sinon concernant cette dernière semaine, j’ai bien travaillé et j’ai achevé tous les travaux confiés. Ainsi j’ai fini le ponçage et la peinture des cadres de portes et de fenêtres (22 au total !!!). J’ai terminé, avec l’aide de Sam la façade du garage. Nous avons entamé le plus gros du chantier le week-end dernier, profitant de l’absence des enfants pour travailler plus sereinement. Ces derniers étaient restés au camping (à 500 mètres de la maison !) avec Megan, leur tante Bridget (la sœur de Megan) et leurs cousins Hemy et Florence. Ce fut pour les enfants un week-end un peu spécial qui marquait le milieu de leurs vacances scolaires de printemps. Le reste de la semaine pendant leurs vacances ils ont bénéficié de tout un tas d’activité avec le programme « School Holidays ». Celui-ci n’a de school que le nom puisqu’ils pratiquent des sports, jouent à des jeux et assistent à des spectacles. À cette occasion j’ai aussi été invité par Bridget à dîner le dimanche suivant à Rotorua.

Sam qui contemple la nouvelle devanture du garage.

Ensuite, et je suis tombé malade. Le mardi je ne me sentais déjà pas en grande forme mais le lendemain je suis resté cloué au lit avec 39°C de fièvre, j’ai mis la journée suivante à m’en remettre en prenant du paracétamol. Le reste de la famille est aussi touché, Florence (qui présentait déjà des symptômes le week-end), Joe qui est tombé malade en même temps que moi (et qui a joué avec Florence), et maintenant c’est au tour de Sam. D’un côté j’ai profité d’un bon timing : le temps a été vraiment mauvais durant ma convalescence et mon rétablissement a été marqué par le retour du soleil. Cette semaine j’ai dû développer le jeu d’aventure car les enfants demandent sans arrêts pour y jouer (création de nouveaux donjons, de nouveaux monstres à combattre et de nouveaux objets). Je crois que je les ai convertis à l’Héroic Fantaisy.

J’ai même dû faire participer leurs cousins et leurs amis en créant de nouveaux personnages. Je les ai bien occupés une trentaine d’heures pour le moment avec ce jeu. Sam et Megan sont ravis que je parvienne à retenir l’attention des enfants aussi longtemps avec cette occupation. Personnellement cette activité m’occupe bien et je l’apprécie d’autant plus car je suis un initié. En effet, cela me rappelle mes parties de jeux de rôles et de jeux de plateau que j’ai l’occasion de faire en France au sein de l’association Stonehenge tout près de Clermont-Ferrand. Association dont je suis membre et où je fais un peu de modélisme (peinture sur figurines et création de décors miniatures) dans des univers fantastiques. Voilà vous connaissez désormais une autre de mes passions, après la randonnée et la photo, auxquelles je consacre pas mal de temps.

Le fameux jeu que je fais évoluer au fur et à mesure de l’aventure.

Je reviens un peu en Nouvelle-Zélande, après cette petite parenthèse ludique. Hier soir je suis allé avec toute la famille chez des amis de Sam et Megan : Jad et Sue. Ils possèdent une immense exploitation avec 300 vaches laitières. Ils habitent avec leurs deux enfants (Nico et Luka) dans une belle maison style ranch au milieu d’une jolie vallée entourée par le bush. J’ai été ravi de pouvoir prendre le temps de discuter avec eux (mon anglais se porte de mieux en mieux). J’ai pris conscience en discutant de mon voyage, qu’à l’avenir si on me demande de travailler avec une tronçonneuse je devrai demander une protection intégrale (tunique en acier et visière) !

Car Jad m’a montré une cicatrice de tronçonneuse durant une des rares fois où il ne s’était pas protégé, il a pourtant coupé du bois pendant 20 ans. Il m’a aussi dit que l’élevage laitier en Nouvelle-Zélande reste très rentable malgré qu’il n’y ait qu’une grosse compagnie laitière (Fonterra) qui garde le monopole et qui rachète tout le lait pour l’exporter principalement vers l’Asie. Le repas était délicieux du daim sauvage arrosé d’une sauce de prunes, accompagné d’une salade de pâtes aux couleurs de la méditerranée (poivrons, tomates cerises, feta et basilique) et d’une autre salade avec du bleu et des frites maison! J’avais encore de la place pour le dessert un crumble préparé par Sam. J’ai fini la soirée autour du jeu, avec Mia, Ben, Joe, Nico et Luka. Ils auraient voulu jouer encore des heures au moment du départ !

Dans le jardin de Jad et Sue, j’ai rencontré de curieux animaux de compagnie : 2 jeunes veaux de 5 semaines.

Demain matin je risque d’être un peu ému en quittant cette merveilleuse famille, même si je garde un contact. Les enfants ne veulent surtout pas que je parte, je m’attends à quelques larmes de leurs côtés. Ce fut une super expérience ce premier HelpX vraiment orienté échange culturel (je referais du HelpX avant mon départ c’est certain). Demain une grosse journée se dessine mais je sais déjà où je dors et je n’ai pas trop de route pour rallier Rotorua (140 km). Et lundi, je débute un road-trip de 15 jours, je suis vraiment impatient!


06 octobre, 2012

HelpX à Opotiki.

Je viens déjà de finir deux semaines à Opotiki en tant qu’ « Helper » avec le programme HelpX dans une famille d’accueil. HelpX c’est un programme un peu comme le wwoofing sauf qu’il ne se limite pas à l’agriculture ou l’élevage. Les possibilités d’accueil sont plus larges : fermes organiques ou non,  maisons, ranchs, hôtels, etc... Mais le principe est presque le même ; en échange de 4 heures journalières de travaux divers pour vos hôtes, ceux-ci vous offrent l’hébergement et les repas. Dans ce programme l’échange culturel est mis en avant ainsi que la vie collective avec vos hôtes. J’ai donc débuté samedi dernier ce nouveau genre de mission.

Mais auparavant, deux mots sur mon précédent article. Je vous avais promis des photos de pêche mais je n’ai finalement pas pu repêcher avec Norm, à Matata. Il avait un impondérable mais il est quand même venu en personne me donner l’anguille fumée, le vendredi en fin d’après midi.

Je n’ai donc comme seule photo souvenir de ma pêche que ce filet d’anguille fumé qui était vraiment succulent.

Le lendemain le samedi, je suis attendu pour le début de soirée. Je profite donc de la journée pour visiter la ville d’Opotiki, dernier village important sur la côte Est de la baie of Plenty. C’est ici selon la « légende » que les trois pirogues transportant les premiers maoris auraient accosté. Je me rends également sur une plage où je prends le soleil, non loin de ma future villégiature. Et vers 18h00 je me présente devant la maison de Sam et Megan mes hôtes HelpX comme convenu. Ils habitent une ravissante maison en bois, de plein pied, dans un petit lotissement, à 50 mètres de l’océan. Je suis très bien reçu et le contact se passe bien. Je rencontre aussi leurs trois enfants : Joe, Ben et Mia (âgés de 6 à 9 ans).

Je sympathise très vite avec cette petite famille. Sam est un grand fan de rugby et de cricket. Dès le premier soir c’est soirée rugby à la télé : ça donne le ton de mon séjour. Il entraîne aussi une équipe de cricket, mais il ne m’a pas encore expliqué les règles dans le détail (je sais juste désormais qu’une partie peut durée 5 jours). Pendant ce premier jour,  je prends le temps de décrire la France et ma région l’Auvergne en présentant quelques photos. J’en profite aussi pour faire quelques tours de magie que j’ai dans ma besace ! Ils sont appréciés et j’offre même des tours de magie Disney aux enfants (ça tombe bien j’en avais justement trois !) ; les enfants se seront empressés de les refaire à l’école dès le lundi.

La côte sauvage près d’Opotiki : rien que des dunes, des falaises de sable et des Pohutukawas.

La maison où je passe mes trois semaines d’HelpX fut construite il y a 60 ans.

Levé de soleil depuis un ancien Pâ sur la colline derrière la maison.

Dès le dimanche j’ai pour tâche de nettoyer un vieux tracteur qui sert pour la mise à l’eau d’un bateau. Sam me confie ce mini-challenge que je relève, je pense que c’est aussi une façon pour juger ma capacité au travail. Je passe mes 4 heures sur la machine. Je commence par nettoyer la carrosserie que je tente de faire passer du gris au blanc sa couleur d’origine. Ensuite je m’attaque au moteur que j’astique pour enlever la rouille, et je le lubrifie (là encore le moteur change de couleur (de noir à chrome). Enfin je passe sur la rouille un peu de peinture spéciale et voilà l’engin vient de rajeunir de 10 ans. Les jours suivants, je suis briefé sur la suite des boulots : je vais devoir reconstruire une nouvelle façade en bois pour le garage. Mais après avoir commencé les plans et la peinture sur les nouvelles boiseries je change d’activité. En effet, Sam souhaite que j’attende ses vacances pour cette tâche, il vaut mieux être deux pour fixer les panneaux de bois. Je continue donc d’autres petits travaux comme poncer et repeindre les cadres extérieurs des fenêtres. A la fin de la première semaine, je suis en charge de garder la maison pendant 4 jours. En plus de surveiller l’habitation, je dois nourrir les animaux (un chat, 4 poules et deux cochons d’inde) et repeindre une vieille caravane dans le jardin. Voilà tout concernant la partie travail, rien de vraiment très difficile : les tâches allouées demandent surtout de l’attention et de la minutie.

Le fameux tracteur après nettoyage et un peu de peinture anti-rouille.

J’ai pleinement rempli ma mission en redonnant un coup de jeune à cette vieille caravane.

Prochain travail : remplacer la façade de ce garage.

J’occupe le reste de mes journées avec des sorties aux alentours et des moments avec la famille. Il y a des petites balades à faire le long de la plage et sur les collines environnantes. J’ai ainsi découvert la vue depuis un ancien Pâ, une plage sauvage garnie de gros troncs d’arbres et une vaste lagune. Sur cette même plage j’ai fais la surprenante rencontre d’un très jeune phoque à fourrure, une semaine après celui vu à Tauranga ! Là encore il prenait le soleil avant de retourner pêcher dans l’océan. Sur la côte je m’adonne également au canoë des mers. J’emprunte celui de Sam avec sa permission et je tente de surfer sur les crêtes des vagues. L’activité n’est pas si aisée que cela et l’escamotage est fréquent mais les sensations sont plaisantes. 

Un bébé phoque qui m'a fait le plaisir de poser pour la photo !

 Moi-même après 2 heures de canoë de mer : c’est une activité difficile si la mer est agitée.

Lundi dernier je rends visite à Meggy et Martins des voisins de mes hôtes. Ils ont une exploitation où ils élèvent des chèvres et des jeunes taureaux. Meggy est aussi l’aide de ménage de ma famille d’accueil, c’est ainsi en discutant que j‘ai été invité à déjeuner chez eux. Je peux aussi partager ma passion de la photo avec Martin qui fait de magnifiques clichés qu’il expose de temps en temps dans des galeries. Je prends note de quelques sites futurs à ne pas rater pour faire de belles photos. Je lui montre mes réalisations, certains sites retiennent sont attention et fait de même que moi ; il prend note pour ses prochaines sessions de « shooting ». Et cette journée du lundi s’achève par une nouvelle expérience : l’espace de deux heures je deviens un véritable berger. En effet j’accompagne Martin sur un immense quad, je suis rejoint par deux chiens de berger. Ils semblent adorer le quad. La mission du jour : déplacé un troupeau d’une trentaine de taureaux d’un enclos à un autre (opération qui est faite tout les jours !). J’assiste Martin en ouvrant les barrières et en rameutant les taureaux en criant. Mais ce sont les chiens qui font le gros du boulot. Un derrière fait avancer les animaux ; le second sur les flancs rabat les bêtes égarées. Même brève ce fut une excellente expérience.


Le soir en famille je participe aux nombreux jeux avec les enfants (Je les ai initiés à une sorte de Donjon&Dragon très simplifié : ils en sont fan), je leur fait même réciter l’alphabet en français. Je donne aussi quelques leçons de français à Sam car il souhaite faire un séjour d’une petite année en France en 2015. Durant la première semaine, je me lance dans la cuisine française ; je prépare une  montagne de crêpes qui sera engloutie rapidement. Les enfants ont tellement aimé que je confie la recette à Megan. La seconde semaine, je persiste et signe en cuisinant une « truffade » pour 9 personnes. Les voisins et amis (Meggy, Martin et Gille) se joignent à la famille pour ma seconde truffade préparée à 19 000km de l’Auvergne ! Je l’ai particulièrement bien réussit malgré que je n’utilise pas de tome fraîche de Cantal. Quand au dessert, Meggy l’a préparé : il s’agit d’un Pavlova. Inventé en Nouvelle-Zélande (et en Australie) en l’honneur de la ballerine russe du même nom lors d’une tournée du ballet dans le pays. C’est un gâteau à base de crème de chantilly et de meringue : tout ce que j’aime ! Je conclus en vous informant que j’ai vécu mon premier changement d’horaire dans l’hémisphère Sud. Le 30 septembre on a perdu une heure de sommeil pour passer à l’heure d’été, comme en France c’est difficile de s’y faire. Et j’avais oublié de préciser que nous sommes rentrés dans le printemps dès le premier septembre. L’hiver est plus court que dans l’hémisphère Nord pourtant situé à des latitudes similaires.


A tout juste 7 mois ce chien de berger Australien fonce sans crainte sur les taureaux au risque de prendre des coups de sabots.

Session cowboy sur le quad! 

Le Pavlova : la seule réelle spécialité de Nouvelle-Zélande.

Cette première quinzaine se sera écoulée vraiment rapidement. J’ai prolongé d’une semaine mon séjour ici vu qu’il se passe très bien et que j’ai repoussé mon road-trip dans le centre de l’île du Nord à la mi-Octobre. Ce samedi, j’ai attaqué avec Sam le gros des travaux du fronton du garage. J’aurai l’occasion de parler de ma dernière semaine d’ici peu, juste avant de rallier Rotorua. Bon je vous laisse ce soir il y a 3 matchs de rugby d’affilée à la télé !!!