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05 mai, 2013

La fin d'une Odyssée ...


Ceci est sans doute l’avant dernier article de cette aventure d’une année au pays du long nuage blanc. Et à coup sûr le dernier rédigé sur place. Il s’en est passé des choses au cours de ce dernier mois et demi. Les derniers instants à Wellington, puis le retour à Auckland et à Warkworth avec entre temps un retour à Ohakune à deux reprises. Je reviens juste sur les faits marquants.

 Levé de lune sur la baie de Wellington.

Par où commencer ? Ma vie sur Wellington se poursuit intensivement ; pour ce qui est du travail au restaurant, les dernières semaines sont très disparates en raison d’une fréquentation fluctuante. La fatigue s’accumule et le stress occasionné par la vente de mon van et par la recherche d’emploi pour m’établir durablement dans le pays n’arrange rien. Heureusement je trouve le moyen de me ressourcer avec les sorties.   Par exemple, j’obtiens 3 « day-off »  du 16 au 18 avril. Ils encadrent parfaitement mon anniversaire le 17 ; j’en profite pour quitter un temps Wellington, et ainsi retrouver la campagne, enfin plus précisément la montagne. C’est donc accompagné d’Eva que je retourne, près du volcan Ruapehu, dans la petite ville d’Ohakune. Si vous vous souvenez la dernière fois j’y étais avec Emmeline, la française Pvtiste durant le road-trip dans le plateau central. C’était d’ailleurs notre dernière étape en commun.

Nous prenons donc la route dès 6h00 le matin du 16 pour arriver autour de midi (mais nous avons fais un stop de presque 2 heures à Palmerston North pour quelques achats). Cela me fait tout drôle de revenir à Ohakune dans ce contexte. Nous restons dans le petit chalet familial pour ce week-end improvisé en milieu de semaine. La météo nous invite à rester au chaud, la vue dégagée sur les montagnes sera pour une autre fois. Dans l’après-midi nous passons chez Shirley (une amie d’Eva) et Wendy (la mère de Shirley). Nous discutons jusqu’à la nuit tombée. Nous sommes ensuite conviés à rester pour le dîner. Le lendemain, c’est le jour de mes 28 ans, j’ouvre mes cadeaux, lis mes cartes d’anniversaire et j’emmène Eva pour un pique-nique non loin de Whakapapa village. Nous nous rendons à Tawhai Falls. Encore une fois je ne fais que redécouvrir les lieux. Mais Eva admire pour la première fois cette jolie cascade qui apparaît dans le Seigneur des Anneaux (Henner Annûm). Après un pique-nique sous la pluie nous ne nous attardons pas et rentrons à Ohakune.

En soirée nous invitons en retour Shirley et Wendy pour le dîner. Je cuisine des crêpes que nous garnissons au choix avec du bleu, de la feta, du saumon fumé et des épinards béchamel. Le lendemain nous devons retourner sur Wellington. Nous repartons en fin de matinée d’Ohakune. Nous prenons un autre itinéraire pour rentrer ; nous passons par Wanganui (où j’ai postulé pour du travail), je me fais ainsi une meilleure idée de l’endroit. Coupé par une rivière, cette ville de 40 000Hts est un lieu vraiment paisible. Nous pique-niquons dans Kowhai Park, au milieu d’une immense aire de jeu. Après le repas, nous décidons de nous rallonger un peu pour nous rapprocher du Taranaki et découvrir cette région de pâturages, réputée pour son industrie laitière. Nous passons la petite localité côtière de Patea où nous faisons une pause le long de la côte, puis nous continuons jusqu’à Hawera. Le ciel, plus dégagé, nous permet juste de distinguer les premiers contreforts du Volcan Taranaki. Nous décidons de faire demi-tour et de rentrer sur Wellington.

 Ma chérie devant les Tawhai Falls.

Un phasme géant s’est glissé dans les fleurs offertes par Shirley pour mon anniversaire.
 
  Le « playground » de Kowhai Park : un  patchwork hétéroclite et coloré.
 
 La jolie côte près de Patea.

Ensuite de retour sur Wellington je décide de mettre fin à mon travail au restaurant en déposant ma démission ; il me faut absolument me libérer du temps et de l’énergie. Ainsi, le 24 avril je termine définitivement ce travail qui m’aura permis de rester plus longtemps sur Wellington. Et le lendemain le 25 avril c’est la journée de l’ANZAC (Australian and New Zealand Army Corps). C’est le jour où l’on commémore les soldats néo-zélandais et Australiens tombés lors de la première guerre mondiale durant la bataille de Gallipoli face à l’armée ottomane. Avec Eva, nous utilisons ce jour férié pour décompresser en nous rendant au jardin botanique pour un autre pique-nique. Le jardin revêt déjà ses couleurs d’automne et les champignons poussent un peu partout (ce moi d’Avril correspond à notre mois d’Octobre). Les jours se sont bien raccourcis ; le soleil se couche plus tôt surtout avec le changement d’horaire. Et il commence à faire aussi plus frais sur la capitale.

Le 27 avril, nous montons au sommet du Mont Victoria pour y découvrir la vue. L’ascension de cette colline boisée de 196m ne prend qu’une dizaine de minutes avec le van mais la pente est bien raide. J’ai gardé cette visite sous le coude pour marquer la fin de mon séjour à Wellington, et je ne suis pas déçu du panorama. En effet, nous y découvrons une superbe vue à 360° sur la ville et la baie. : de l’aéroport de Miramar aux éoliennes de Makara. Nous restons quelques minutes le temps de prendre des photos avec le couché du soleil. Fait assez rare il n’y a pas un seul brin de vent au sommet. En redescendant Nous apercevons l’arrivée d’un chemin forestier. Ce chemin passe par un lieu du tournage du seigneur des anneaux (Cf. ci-dessous) mais il est tellement pentu que sans chaussures adaptées et avec la nuit qui tombe nous nous abstenons de l’emprunter. Plus bas, je me gare pour rattraper un bout du même chemin et parcourir quelques mètres dans la forêt qui a servi de lieu de tournage.

Le mardi 30 avril, je me rends à mon dernier Potluck chez Pierre un danois qui habite une grande villa à Upper Hut. Deborah, Genny (une amie de Deborah) et moi-même sommes conduit par Léonore, une française installée sur Wellington depuis 5 ans. Nous arrivons de nuit dans l’immense propriété perdue au milieu du bush néo-zélandais. Nous y retrouvons John, Peter, John et Desmond. Pour ce dernier potluck ma participation fut de cuisiner une truffade (encore une !). Je passe encore une fois un agréable moment avec le groupe de francophile. Puis nous rentrons avant minuit car le lendemain j’ai beaucoup de route qui m’attend : je dois faire la route pour Auckland pour effectuer la vente de mon van !


Pique-nique en amoureux au Botanic Garden.

Vue sur la ville depuis le mont Victoria appelé Mt Vic par les Wellingtoniens.
 
 La forêt du Mt Victoria a servit de lieu de tournage pour la trilogie du Seigneur des Anneaux, ce fut même le premier lieu de tournage extérieur avec la poursuite des Hobbits par les Nazguls dans les bois de la Comté. Une carrière non loin du sommet fut également le camp de Dunharrow.

Le lendemain matin, mercredi 1er Mai, il est temps de quitter définitivement Wellington. Je ne pars pas seul, Eva m’accompagne pour la moitié du trajet jusqu’à Ohakune. Nous prenons la même route empruntée 2 semaines auparavant et arrivons à Ohakune à 13h30. Cette étape à Ohakune me permet de faire la route en deux temps et surtout de savourer les derniers instants avec Eva car nous allons être séparés pour quelques semaines. Nous restons au chaud au chalet et le lendemain midi, nous dégustons un très bon kebab au village, puis je raccompagne Eva au chalet et prends la route seul et un peu triste. La route se fait sous la brume, et les averses ; le temps est au spleen ! J’emprunte les routes : 4,3,31,39 et 1. Je traverse Taumarunui et Te Kuiti puis passe à la hauteur d’Hamilton en fin de soirée avant d’arriver à Auckland vers 20h00. Le vendredi matin je me réveille de bonne heure, j’ai passé la nuit dans le van dans un quartier résidentiel du Mont Eden. J’ai ainsi l’avantage d’être à seulement 5 minutes de l’auberge de jeunesse (Backpaker Penthlands) du couple de français intéressé par mon van. J’ai un peu d’avance sur l’horaire, je m’aventure donc dans le backpacker et j’y réserve deux nuits (23DNZ la nuit). Je fais le tour des lieux, et dépose mes affaires dans une chambre que je partage avec 3 autres personnes. Et c’est dans la cuisine commune que je fais la connaissance de Laurence et Yoann, le couple de français qui a repéré mon annonce du van depuis la France sur le site web des Pvtistes.

Nous nous étions contactés à plusieurs reprises, avant de convenir d’un rendez-vous sur Auckland pour voir le van. Nous dédions donc cette journée du vendredi à l’inspection et à l’essai du van. Nous commençons ensemble par faire le tour du van dans la rue devant le backpacker, je donne toutes les informations possibles et je réponds aux questions. Puis je conduis le van près de l’Eden Park. Je trouve un petit circuit urbain qui permet de faire l’essai du van sur route tout en évitant le flot de la circulation d’Auckland. Je laisse Laurence et Yoann conduire le van à tour de rôle. Nous tournons autour de l’Eden Park et traversons les lotissements ; finalement il n’y avait pas meilleur endroit pour s’essayer à la conduite en Nouvelle-Zélande. La prise en main faite, le van les intéresse toujours. Nous nous rendons donc sur Dominion Road à la recherche d’un garage pour effectuer un « full mechanical check » (j’en avais fait faire un sur Wellington mais un second avis les met en confiance et permet de mieux connaître l’état du van). Sur Auckland les garages où nous passons sont débordés, hors de prix et cherchent à vendre en plus de l’inspection générale un « «Warrant of Fitness » (contrôle technique). Il y a beaucoup de garage nous gardons donc espoir et poursuivons notre recherche. Par chance je reconnais le quartier et je retrouve le garage où j’avais passé mon « full mechanical check » un an auparavant, nous essayons à cette porte. Cette fois-ci le van peut être inspecté dans l’après-midi et pour seulement 40DNZ (aux frais des futurs acheteurs). 

Mon Ford Econovan High Roof : Année 1993 avec  lequel j’ai roulé 17 000 Kms en 11 mois! Quelques clichés pris sur la route.

Le temps de la révision mécanique, nous allons au Burgerfuel local pour manger et j’en profite pour raconter mes aventures en Nouvelle-Zélande, et donner des conseils de voyage avec mon retour d’expérience. Nous retournons ensuite au garage, pas de grosses surprises mécaniques, juste un peu de rouille qui faudra peut-être reprendre. Nous nous mettons d’accord sur le prix de vente mais je dois en revanche attendre que leurs comptes kiwis soient alimentés depuis la France. Nous devons donc attendre le lundi pour finaliser la transaction. En conséquence, je paye deux nuits supplémentaires au backpacker. Ce dernier est dans le joli quartier du Mont Eden mais j’y reste un peu coincé à cause d’une météo déplorable. En effet, tout le week-end, Auckland essuie une tempête digne d’un petit typhon : vents à 115Kms/h et pluies diluviennes. Du coup ma seule sortie consistera, entre deux averses, à me rendre au supermarché du coin pour faire mes courses alimentaires. D’un autre côté je préfère garder mes premiers souvenirs d’Auckland sous le soleil. La première fois où j’ai foulé Rangitoto, monté au sommet de la Sky Tower ou trempé les pieds à Earn Bay. Mais cette météo pourrie ne m’aide pas : j’ai un peu le moral dans les chaussettes avec cette première séparation même temporaire avec Eva. Je reste au chaud et utilise ce temps libre pour réserver mes tickets de bus, de nuits d’hôtel et d’avions pour la suite de mon aventure.

Le lundi 6 mai, je me rends avec Laurence et Yoann à la poste qui fait aussi office de banque (Kiwibank). Nous avons la même banque, ce qui facilite le transfert de comptes bancaires. Nous effectuons aussi le changement de propriétaire du van et nous rentrons au backpacker. Je leur laisse les deux jeux de clés du van, les voilà propriétaires ! Le lendemain nous nous séparons définitivement, ils partent sur Te Puke pour travailler dans les exploitations de kiwis. J’ai un petit pincement au cœur de voir partir le van qui m’a permis d’explorer le pays de fond en comble. La vente du van tourne définitivement la page road-trip, je dis adieu à ma liberté de mouvement. Ma « Stargate » s’en va entre de nouvelles mains et j’espère qu’ « elle » les emmènera sur les mêmes routes, à la découverte de toutes les richesses que renferme ce pays préservé. Pour celles et ceux qui se pose la question : je n’ai pas gagné d’argent sur la revente du van (vendu à 5500DNZ) mais j’ai évité de trop en perdre. Autant l’achat est facile en début d’hiver autant la revente à cette même saison est problématique (prix à la baisse car plus d’offres et moins de demande). La vente sur Wellington fut vraiment difficile car elle s’adresse surtout aux Kiwis (et ceux-ci ne sont pas pressés d’acheter). Il y a deux raisons à cela ; l’aéroport de Wellington n’est pas réellement international et la position médiane de la capitale fait que bien souvent les touristes débutent leurs road-trips à Auckland ou à Christchurch. Quoi qu’il en soit la vente du van m’aura demandé pas mal de temps, d’efforts et de mobilité ; je suis soulagé d’avoir cela en moins à gérer.
  
Moi-même posant devant le Chalet à Ohakune.
 
Le charmant Backpacker Penthland vraiment calme avec les pièces communes très bien pensées, grandes et spacieuses.

Auckland central sous le soleil le jour de mon départ  du Backpacker, si au moins j’avais pu avoir ce temps là le week-end !
 
Le retour à Warkworth : le quai sur la rivière Mahurangi.

Je quitte le backpacker dans la foulée, chargé comme un mulet (je crois que je n’ai jamais été aussi chargé de ma vie), je porte pratiquement 30 kilos de bagages. Le chemin pour attraper l’arrêt de bus Outlink me parait bien loin, heureusement il fait un grand soleil. Le déplacement en transport en commun, pour rallier le centre d’Auckland, prend 30 minutes. Je monte ensuite dans un bus Intercity pour rejoindre Warkworth. Le retour à Warkworth me parait vraiment étrange. Si je reviens à Warkworth, vous l’aurez peut être deviné, c’est pour retourner dans mon premier wwoofing : The Caretaker farm tenue par Audrey et Dorothy. Je suis heureux de revenir aider dans la ferme, et c’est l’occasion de retrouver un lieu familier et de rester actif. Je suis aussi impatient de revoir le four qui n’est toujours pas achevé. J’arrive le mardi soir à la ferme, Audrey est ravie de me revoir après 9 mois (je retrouve aussi Tamarah, Max et Thomas). Ensuite je rencontre les autres wwoofers. C’est toujours le « melting pot » des nationalités : il y a Gordon (un néozélandais et doyen des wwoofers avec 82 ans !), Julie et Florent (des français), Nozomi, Ai et Kiyomi (des japonaises), Rebecca (une allemande).

Je fais aussi connaissance de Fabrice, le français qui a lancé la construction du four en argile en 2011. Je retrouve vite mes marques ici. Il y a quelques petits changements ; deux fois moins de poulets, des fresques murales un peu partout et surtout le toit du four en argile qui ne repose plus sur les échafaudages. D’ailleurs je retourne tout les jours travailler autour du four. Nous œuvrons dans un premier temps à refaire l’étanchéité des bâches du toit et à réorganiser le chantier autour du four (excavation de l’argile, préparation de murets, etc.). Le travail sur le four se fera après. Il y a encore pas mal de travail à effectuer mais la base est là ! Les murs font 40cm mais pour supporter la pression du foyer nous devons les amener à une épaisseur d’un mètre. En discutant avec Fabrice (qui était boulanger en France) le projet est beaucoup plus clair dans ma tête. Il s’agit de construire un four communautaire (pain, pizzas, autres). À l’intérieur il y aura 3 fours distincts répartis sur 3 étages (un four pour les enfants, un autre pour les adultes et un pour les professionnels). En plus des murs il faudra donc créer les étages, percer les portes et les évacuations de vapeurs. Et surtout la pièce maîtresse sera de monter une cheminée en argile de 5 mètres pour avoir assez de tirage. Au final le four aura l’allure d’un volcan, mais reste encore bien une année de travail ! Voilà concernant le four en argile.

Pour les autres tâches à la ferme, il faut toujours promener les chiens, nourrir les volailles et donner un coup de main pour le repas et la vaisselle. Durant cette première semaine, le turn-over des wwoofers se poursuit avec le départ de Ai et Nozomi, l’arrivée de Camisa (une américaine) et le retour pour un temps des allemandes (Isabel et Thuy-An) qui cherchent à vendre leur van. Nous assistons également un après-midi à un match de Rugby au petit hameau de Whangateau pour célébrer l’anniversaire de la mort de Bob Marley. Durant les festivités les maoris locaux cuisinent un Hangi. C’est un plat maori cuit dans le sol en utilisant des pierres volcaniques et des braises. Je découvre mon premier Hangi ! Dans l’assiette cela ressemble à notre pot-au-feu (jarets, choux, pommes de terre, kumara, farce, carottes)  mais sans le bouillon et avec un goût de fumé. Nous restons jusqu’en fin de soirée dans le pub local, à jouer au billard et aux cartes entre wwoofers et locaux. Bref, ce retour aux sources me fait du bien (un mode de vie plus simple qui occupe le corps et l’esprit), ainsi la boucle est bouclée ! Cette fois-ci je suis en position de départ et les autres wwoofers pour la plupart en sont qu’à leurs commencements.

Suis-je triste de partir ? Oui assurément je le suis mais pour davantage de raisons que je n’aurais imaginées avant de venir dans le pays. Je n’ai pas envie de partir même si je suis ravi d’un autre côté de retrouver ma famille et mes amis, la gastronomie française, les lieux familiers, et un plus grand confort de vie (je ne m’en cache pas j’ai eu des coups de blues). Pour la suite, sauf grande surprise, je reste encore une semaine à la ferme. Puis le 23 Mai je repars sur Auckland près de l’aéroport, Eva m’y rejoindra et nous nous envolerons le lendemain ensemble pour l’Australie et un cours séjour à Melbourne mais ceci je vous le raconterais prochainement (une fois en France !).

Les brumes matinales dans la vallée sur le chemin de la ferme.

Le four sans les échafaudages.
 
Le Hangi une fois sortie de terre et une fois dans l'assiette.
 
Rien de tel que d’assister à un match de Rugby local.

29 octobre, 2012

Road Trip Plateau central : Taupō et Tongariro National Park

Il est mardi 30 Octobre, j’écris depuis la bibliothèque de Turangi, une petite ville de 4000 hbts sur les rives du lac Taupō, qui s’est développée grâce à sa station hydroélectrique (c’est aussi la capitale mondiale de la pêche à la truite). Le temps est venu de vous raconter la seconde partie de mon road trip dans le plateau central de l’île du Nord. Je reprends exactement là où je m’étais arrêté.
Le samedi après-midi, je profite d’un beau rayon de soleil pour découvrir une petite promenade le long des berges du lac Okareka, juste au pied de la propriété de Lucy. Je suis un sentier bien aménagé dans cette zone humide et j’observe un nichoir d’une dizaine de cygnes noirs. Je rentre ensuite au ranch de Lucy, en chemin je rencontre Sam, le père de Lucy, devant sa maison. Nous discutons sous sa véranda autour d’un verre de blanc ; je lui raconte mon voyage en Nouvelle-Zélande, et je lui parle un peu de moi et de l’Auvergne en image (j’avais mes photos sur moi).C’est un personnage haut en couleur, qui connaît très bien le pays, mais aussi la France (situation politique et économique !). Ensuite, je remonte au ranch pour le dîner, je retrouve Emmeline qui revient d’une journée de docking (vaccination et ablation de la queue des jeunes agneaux pour des raisons d’hygiène). Elle s’était levée très tôt pour assister au docking (personnellement je n’ai pas voulu y assister : c’est un peu particulier et je voulais écrire pour le blog). Finalement, Emmeline a même participé ; et en une journée c’est 630 agneaux qui ont été « opérés »! Elle n’avait plus de bras à force de porter les agneaux, et plus d’oreilles car c’était un immense troupeau.

Après le dîner, j’accompagne à la nuit tombée Carmen et Caroline pour voir des glowworms et des opossums. Les opossums ici sont légions (un dans chaque arbre !), j’exagère mais ils sont nombreux ce qui me permet d’en voir deux ce soir là. Et j’en profite pour vous dire que je me suis aperçu que, sous ma plume rapide, j’avais oublié d’évoquer, dans l’article précédent, ma rencontre avec un autre nuisible importé d’Australie : un wallaby. Je l’ai observé dans le jardin du ranch de Lucy le jeudi d’avant. C’est normalement un animal nocturne mais celui-ci était aveugle, d’où sa présence en plein jour. Je l’ai porté à bout de bras, car la pauvre bête s’était enfermée dans une petite courette et se cognait aux murets pour sortir. J’ai donc attrapé ce wallaby comme un gros chat avec autant de précautions que possible et je l’ai relâché un peu plus loin en lisière de forêt. Il est resté curieusement passif dans mes bras! C’était le moment animalier de l’article (j’aurai envie de dire comme à chaque semaine depuis les dauphins du Coromandel).

Voici la vue depuis les pontons de la promenade du lac Okareka.

Le wallaby en question dans le jardin : Il s’agirait d’un wallaby d’Eugénie.

Le réveil du dimanche matin est difficile, la pluie est tombée toute la nuit, jouant du tambour sur le toit de mon van. Et il continue au matin de pleuvoir abondamment. Mais je reste optimiste après avoir vérifié la météo sur Internet ; une fenêtre de 2 heures sans pluie se dessine dans l’après-midi. Je convaincs Emmeline de prendre la route pour Taupo pour continuer le Road-trip. Cela revient à quitter le cocon douillet du ranch, qui fut une halte merveilleuse et inespérée pour se refaire une santé au milieu du Road-trip. On pourrait rester des jours ici, la décision n’est pas facile surtout avec ce temps de grisaille. Finalement nous faisons nos adieux à Lucy et à John (pour Emmeline c’est la seconde fois mais elle les reverra en Mars) et nous les remercions chaleureusement pour leur hospitalité. Nous nous arrêtons à Rotorua, vers les 13 heures pour les incontournables ravitaillements (nourriture, carburant, eau et huile moteur pour le van d’Emmeline).

Ensuite, le voyage continue en direction du Sud vers le lac et la ville de Taupō. Mais en chemin, nous nous arrêtons à Waimangu Volcanic Valley. C’est encore un site à forte activité géothermique comme le nom l’indique. Il se situe à quelques kilomètres de Wai-O-Tapu et de Kerosene creek, situés sur la même faille. Sauf qu’ici la faille est plus prononcée : c’est une vallée encaissée qui descend vers les rives du lac Rotomahana. La faille continue sous les eaux du lac, atteint le Mont Tarawera et le coupe en deux au niveau de son cratère. Cette vallée à l’allure d’un rift est une partie de la faille de 17kms qui s’est créée à la suite de l’éruption du Tarawera le 10 Juin 1886 (la 5ième en 18000 ans). C’est d’ailleurs le seul système hydrothermal au monde où il est possible d’établir une datation exacte. La ligne du rift est ponctuée d’une série de cratère, et d’activités géothermales uniques qui se développent constamment.

 La rivière fumante qui circule dans le fond de la vallée prend des teinte improbable.

Nous arrivons donc sur les lieux avec un léger crachin, nous prenons le parapluie au cas où. Et après avoir payer les 34 DNZ, nous empruntons donc le sentier de 4km qui descend dans la vallée. Au départ nous longeons de grands lacs installés dans d’« anciens » cratères (« Southern crater, Echo crater »). Dans l’ « Echo crater » « le Frying Pan Lake »  bouillonne et fume. Ce cratère résulte d’une grosse éruption en 1917. Sur la rive orientale du lac se dressent des pinacles fumantes nommées « rochers de la cathédrale ». Nous continuons et traversons des dépôts de cendres mêlés à l’argile appelés « mur de cristal », la température dans le sol est de 33°C à 5cm de profondeur ! Sur cette surface chaude poussent des cristaux de souffres et de sulfates. A cet endroit même, de 1900 à 1904 : il y avait le plus grand geyser du monde : le Waimangu geyser qui jaillissait à 400 mètres toutes les 36 heures, projetant des roches et de la boue noire. Le geyser a d’ailleurs tué 3 touristes en 1903.

Nous nous enfonçons ensuite dans la vallée qui se resserre autour d’un ruisseau fumant. Nous observons tous un tas de petits geysers, de bains bouillonnants et de petites failles. Mais l’atmosphère ne ressemble pas à celle de Wai-O-Tapu. Dans cette vallée perdue dans la brume ; on a l’impression que le monde prend naissance, ici, directement depuis les entrailles de la terre. C’est la surprenante rencontre du minéral et du végétal. La végétation est bien différente de celle observée jusqu’à présent. Des algues et des bactéries thermophiles colorent en orange et en vert la rivière fumante qui traverse le site, et il y a tout un tas de variété de fougères endémiques (il y a même des fougères roses !). La végétation est récente, elle date de la dernière éruption du Tarawera, avant il n’y avait que de belles collines vertes. Après, nous passons durant l’ascension du Mont Haszard devant le joyau de Waimangu : « l’inferno crater ». Ces eaux sont bleues pâles et acides (pH : 2,1).

Du sommet du Mont Haszard nous devinons les « black craters » et le « rift valley » envahis par la végétation mais toujours animés de fumerolles. En redescendant nous terminons le circuit par les « Marble et Warbrick Terraces », des terrasses de silices blanches pour les premières et colorées par les algues pour les secondes. En fin de parcours, nous atteignons le lac Rotomahana qui a submergé les vestiges des « Pinks et whites terraces ». Nous décidons de renter avec la dernière navette qui nous remonte au parking car la pluie s’est intensifiée. Il est 17 heures quand nous prenons la route pour Taupō, nous traversons une région bien verte sous un déluge. Nous passons devant l’immense centrale géothermique de Wairakei. Et nous arrivons au campsite de Reids Farm qui présente l’avantage d’être gratuit et tout près des Huka Falls pour le lendemain.

Le « Frying Pan Lake » (le lac de la poële à frire) siège dans le cratère de l’écho suite à l’éruption du 1 mai 1917, où deux visiteurs ont trouvés la mort. Le cratère s’est vite rempli d’eau ; c’est aujourd’hui le plus grand lac chaud du monde (200 000 mètres cubes à 55°C, pH : 3,5). La dernière éruption date de 1973 et a enseveli les terrasses de Trinity.

Le niveau de l’eau dans « L’inferno crater » est animé de cycles aux rythmes compliqués (reflux de 8m tout les 38 jours) ; il est alimenté en profondeur (30m) par une source et il se comporte comme un lac-geyser (c’est le plus grand geyser de ce type au monde).

La terrasse du nid d’oiseau est le nom donné à cette formation de silice. Une source chaude sous la forme d’un petit geyser alimente l’édifice. Et des algues qui supportent jusqu’à 75°C, ont trouvées refuges sur la concrétion.

Le lundi, nous attaquons notre seconde semaine de road-trip dans la région de Taupō. C’est une étape de transition avant le Tongariro National Park. La ville est sur notre route, ainsi que l’immense lac. Nous nous levons sous un soleil radieux, nous nous dirigeons dans un premier temps vers les « Huka Falls ». Le site est le plus visité du pays, je ne serais pas l’expliqué (peut être son emplacement central ? sa facilité d’accès ? son immense parking ?). Il s’agit du déversoir direct du lac Taupō qui donne naissance au plus long fleuve du pays (le Waikato) qui traverse un goulot étroit dans la lave. Nous nous rendons par la suite dans la ville de Taupō. Nous sommes surpris du nombre de commerces pour la taille de la ville (21000hts). C’est une ravissante ville au bord du lac.

Nous en faisons le tour, et c’est là, en plein centre ville, et contre toutes attentes, que je vais embarquer dans un vieux coucou : un DC-3 ZK CAW. Il s’agit en fait d’un avion désaffecté qui sert d’enseigne pour un restaurant Mc Donald. Je me prends au jeu, il est midi, c’est donc le moment idéal pour embarquer à bord avec bien sûr mon plateau repas contenant mon menu McDo ! Ce coup marketing fonctionne très bien ; il faut dire que l’idée est originale! Nous quittons ensuite la ville direction le Sud, nous empruntons la route 1 (la même que j’avais au cap Reinga !) qui serpente le long du lac Taupō. Nous traversons ensuite Turangi. Puis nous entrons dans le Tongariro National Park par le Nord. Sur le trajet nous contemplons à moitié cachée par les nuages quelques cheminées actives du Tongariro. Et en fin d’après midi nous arrivons au campsite du DOC de Mangahuia, à l’Ouest du parc, pour passer notre première nuit en altitude à plus de 1000 mètres.


Les Huka falls : un canyon de 15m de large précède les chutes de 10m de hauteur. Le débit est de 200 000 litres par seconde est impressionnant.
 
Le fameux avion de la célèbre marque de fast-food, en centre ville, qui rameute les clients. Pourquoi on n’a pas des trucs aussi cool en France ?

Le lac Taupō occupe une caldeira d’un volcan dont la première éruption se produisit il y a 300 000 ans (et la dernière en 186 apr. J-C projetant de la ponce à 50km d’altitude) ; ses 606k² en font le plus grand lac du pays.

Le mardi matin, nous nous réveillons dans le froid : ça sent la neige ! Le temps est bien bouché mais quelques éclaircies nous permettent de voir les contreforts d’autres volcans du parc. Le Tongariro National Park est le doyen des parcs nationaux du pays. Il fut cédé au gouvernement en 1887 par le chef Tukino Te Heuheu 4 de la tribu Ngati Tuwharetoa. Ce parc est un fleuron de l’île du Nord et abrite trois gros stratos-volcans tous en activité : les monts Ruapehu (2797m), Ngauruhoe (2291m) et Tongariro (1967m), Pour ces trois volcans les dernières éruptions remontent respectivement à 1996, à 1977 et au 6 août 2012 ! Le parc est connu pour la qualité de ses chemins de randonnées et ses 3 stations de ski (Whakapapa, Turoa et Tukino). Malgré le temps incertain, nous montons au village de Whakapapa à 10 minutes du campsite pour prendre un maximum d’informations sur les conditions météo et volcaniques.

Nous avions envisagé au départ de faire une boucle dans le parc : le « Northern circuit » avec une nuit dans un refuge (hutte) durant les jours suivants. Mais la météo incertaine de montagne nous a fait changé d’avis. Nous avons plutôt opté pour deux grosses randonnées à la journée (Tama Lakes Walk et l’Alpine Crossing) qui recoupent les 2/ 3 du tracé du « Northern Circuit ». Mais ces randonnées demandent une bonne préparation et une météo clémente. Les conditions volcaniques sont de 1 sur une échelle de 5 (faiblement explosif), les risques d’avalanches sont modérés, mais la météo du jour n’est pas favorable  (il a effectivement neigé à 1400m) nous attendrons des jours meilleurs.

À l’entrée du village de Whakapapa trône le château Tongariro, un établissement de luxe construit en 1929 qui dispose même d’un golf !

Nous nous rabattons à la place sur quelques marches autour du village de Whakapapa (1119m). Nous débutons par Whakapapanui walk, une marche de 1h30 à travers une forêt humide de montagne. Nous allons marcher sous la pluie nous sortons donc les ponchos et les K-way (Nous avons un certain style couvert de la sorte !). Nous observons sur le parcours une végétation spécifique adaptée aux froids extrêmes, on trouve principalement des conifères (Kahikatea et Hall’s Totara). Mais il y a aussi ces étranges plantes grasses qui montent comme des palmiers et dont j’ignore le nom. Le tout est abondamment recouvert de mousse, d’orchidée et de lichens. En chemin, nous franchissons des torrents de montagne dont les pierres, qui tapissent le fond du lit, sont dorées. Pour l’explication c’est l’acidité de l’eau des sources volcaniques qui colore les roches.

Nous prolongeons la marche par une boucle autour des « silica rapids ». L’eau s’y écoule sur des petites terrasses de silices jaunes et blanches dans un magnifique cirque naturel. C’est l’étape parfaite pour prendre notre pique-nique surtout que la pluie s’est arrêtée. Après ce repas, nous continuons l’ascension autour des 1300m pour atteindre des zones rocailleuses recouverte de cette herbe jaune d’altitude : la « Tussock grass ». Là nous ne pouvons éviter une tempête de grésille sous forme de giboulées entrecoupées d’accalmies. Nous commençons à bien apercevoir les majestueux cônes volcaniques enneigés mais leur apparition reste furtive. Nous retournons au parking par la route, et nous nous rendons ensuite sur deux petits sites proposant des marches de 20 minutes : la ravissante « Tawhai Falls » et le curieux monticule «The Mound». À ce moment là, les sommets se sont pratiquement dégagés des nuages ! La vue est absolument grandiose. Le changement météo fulgurant et les infos que nous prenons à l’I-site nous permettent de planifier une excellente randonnée le lendemain. Et le soir nous rentrons au même campsite de Mangahuia.

Un  aperçu de la forêt humide luxuriante des hauts plateaux du Tongariro National Park.

Un torrent de montagne riche en couleurs.

Les magnifiques  rapides de silices.

La petite boucle pour atteindre le Mound permet d'avoir un beau point de vue sur la montagne.

Le mercredi matin, ça y est le temps est parfaitement dégagé, mais il y a du vent (60km/h). C’était la nuit la plus froide : nous trouvons de la glace sur les vitres à l’intérieur de nos voitures. Nous remontons au village de Whakapapa, d’après les informations que nous glanons à l’I-site : il y a encore trop de glace sur les sommets pour l’Alpine crossing. La rando du jour sera donc les 17kms pour rallier les lacs Tama. Nous ne monterons pas au dessus des 1500m. Nous débutons notre excursion sous le soleil avec comme panorama les magnifiques montagnes enneigées. Nous ne pouvions espérer mieux. La rando n’est pas trop exigeante physiquement (200m de dénivelé) mais le poids de nos sacs à dos rajoute tout de même un sacré effort. J’avais bien 12 kilos : 2 litres d’eau, un thermos, des vêtements chauds, trousses de secours et lampe et j’avais surtout emmené mon netbook aussi pour le préserver du vol au parking!

La ballade est vraiment agréable, nous traversons la lande rocailleuse parsemée d’une multitude de torrents et de petits plans d’eau. Au loin, en direction de l’Ouest, nous apercevons nettement le mont Taranaki enneigé (c’est un gros volcan conique à l’extrémité Ouest de l’île du Nord), il se situe pourtant à 250kms. À la mi-journée nous atteignons les lacs Tama, logés dans deux cratères bien distincts (un en hauteur, un autre en contre bas). Leurs eaux sont d’un bleu intense. Là encore, nous profitons d’un panorama à couper le souffle. Nous choisissons d’ailleurs de pique-niquer devant ce paysage incroyable. Au retour, nous empruntons quasiment le même sentier ; excepté pour les 4 derniers kilomètres nous bifurquons pour voir la superbe cascade de Taranaki. Avant de rentrer au campsite, nous retournons à l’I-site de Whakapapa pour reprendre les conditions météo essentielles pour le lendemain. Nous parlons à un guide haute de montagne qui revient de sa journée sur « l’Alpine Crossing ». Les conditions s’annoncent finalement parfaites pour effectuer cette rando le lendemain.

La mont Ngauruhoe, ici parfaitement dégagé, est un cône parfait qui servit pour représenter la montagne du destin dans la trilogie  « Le seigneur des anneaux ». 

  Le lac Tama supérieur blotti contre le Ngauruhoe.

  Et le lac Tama du bas avec en toile de fond le Mt Raupuhu point culminant de l’île du Nord.

Et la vue d'ensemble sur les deux lacs (vue immersive ici).

Depuis les contreforts du Tama lake supérieur on distingue dans le lointain le Mont Taranaki.

La cascade de Taranaki : des chutes de 20m de haut sur le Wairere Stream.

Le jeudi, le réveil est moins difficile : le « frozing level » est remonté au dessus des 3000m. Un vent chaud souffle et fait fondre assez rapidement les neiges basses des derniers jours. Nous nous préparons pour ce qui est décrit comme la meilleure randonnée sur la journée en Nouvelle-Zélande : « l’Alpine Crossing ». L’avantage d’avoir deux véhicule ici nous permet d’un laisser un au parking d’arrivé à Ketebati et l’autre sur le parking du départ à Mangatepopo. Une fois cela fait, nous sommes parés pour les 19,4 kilomètres de randonnée, et les 1872m de dénivelés (dont 736m d’ascension). Il fait plus chaud que prévu nous sommes obligés de monté en T-shirt sous nos blousons. Nous commençons à 9h30, nous nous engageons au début dans une ancienne vallée glacière, creusée dans de massives coulées de lave, avec en ligne de mir le Mt Ngauruhoe enneigé. Au bout d’une heure et demie, nous atteignons la « Soda spring » (1400m) qui se jette dans le fond de vallée en une petite cascade. Nous dépassons ensuite des WC, le sentier est d’ailleurs très bien aménagé : marches, pontons, et surfaces antidérapantes. Le gros de l’ascension débute alors au pied du Mt Ngauruhoe pour rallier le « South crater » (1659m). Cela nous prend 45 minutes, le « South Crater » est encore enneigé, nous le traversons après nous être recouvert car le fond de l’air se rafraîchit.

Le lieu est majestueux : nous marchons dans le fond du cratère enneigé, avec à notre droite l’impressionnant Mt Ngauruhoe et à notre gauche le Mt Tongariro. Nous poursuivons l’ascension sur les pentes très ventées du « Red crater » (1886m), point culminant de la rando. Nous avons du mal à tenir debout avec le vent (70km/h) je suis obligé de tenir Emmeline par sécurité. C’est le passage un peu délicat, heureusement le passage répété des randonneurs a fait disparaître la glace. Du sommet du « red crater » nous nous régalons encore une fois de la vue. Nous avons un visuel sur l’intérieur du « Red crater » qui est effectivement tapissé de cendres volcaniques rouges. Nous voyons au loin dans la plaine une vaste zone désertique, et en contrebas de l’autre côté du sommet le chemin serpente entre les « Emerald Lakes ». Nous redescendons prudemment de l’autre côté dans le « central crater ». Le coin est parfait pour sortir le casse-croûte, avec une vue directe sur le seul des trois lacs émeraude qui n’est pas gelé. Le nom est tout trouvé : c’est réellement la couleur de ses eaux. La zone est parcourue de quelques fumerolles pour nous rappeler que les volcans sont bien actifs.

L’Alpine Crossing : une belle randonnée à travers les volcans du Tongariro National Park.

Le Mont Ngauruhoe et ses champs de laves : lieux de tournage « Du seigneur des anneaux » (scéne de la grande bataille de Dargolard avec Isildur et Sauron & scènes dans le Mordor avec Frodon, Sam et Gollum).

Moi-même dans le « South Crater » avec la montagne du destin dans le dos.

Le « South crater » dominé par le Mt Tongariro et le « Red Crater »

Il est 13h00 quand nous reprenons le chemin de rando, nous traversons le grand « central crater », et passons devant le « blue lake » gelé. Le reste de la rando s’avère être que de la descente. À partir de ce point, la zone devient plus sensible car elle n’a été ré-ouverte que depuis une semaine. En effet elle fut fermée à la suite de l’éruption du Mt Tongariro le 06 Août dernier. Nous allons passer près d’une des cheminées du volcan qui rejette en permanence de la cendre brûlante. Nous sommes mis en garde par des panneaux et conviés à ne pas traîner sur la zone. Nous entamons la descente, ainsi informés. Nous passons vraiment près du cratère actif : nous entendons gronder. Le paysage est lunaire car recouvert de cendre grise. Sur le sentier les affres de la dernières éruption sont bien visibles ; d’immense bombes volcaniques on creusées des cratères (on dirait un bombardement au mortier et certains blocs font 2m de larges !!!).

Au bout d’une heure et demi nous arrivons à Ketetahi Hut. Ce refuge est toujours fermé suite à sa destruction partielle. Nous poursuivons la descente en passant tout près de sources chaudes privées de « Ketetahi Hot Springs » ; elles appartiennent à une tribu maorie et sont considérées comme sacrées. Nous mettons encore deux bonnes heures pour atteindre le parking (il y est alors 17h30). En effet, la dernière partie dans la forêt est éprouvante car le dernier Lahar (Coulée de boues et de roches) en date a détourné une rivière de son lit. Le sentier est donc inondé par endroit et de nombreux détours peu praticables sont proposés. Une fois au van d’Emmeline, nous revenons au parking du départ récupérer le mien. Ce fut une grosse journée, nous allons dans un autre campsite du DOC qui est gratuit : Kaimanawa Forest (près de Turangi) nous nous y effondrons de sommeil.


 
Un des magnifique lacs émeraude.

Les dégâts importants dans Ketetahi Hut : heureusement personne ne dormait quand l’éruption est survenue.

Un des évents du Mt Tongariro bien actif.

Le lendemain, vendredi c’est en partie repos ; nous allons tout de même le matin à Turangi pour le plein d’essence et pour l’accès Internet de la bibliothèque. L’après-midi, nous voulons profiter de la belle journée pour découvrir la fameuse « desert road » qui contourne par l’Est du Tongariro National Park. La route a bien des allures de désert, elle traverse une région aride, recouverte de cendre volcanique grise, appelée désert de Rangipo. Il n’y a pas grand-chose, ici, pas d’habitations, juste des lignes électriques qui longent la route. Cela explique le choix de l’armée Néo-Zélandaise qui s’en sert de zone d’entraînement. Le risque de tomber sur des engins explosifs ou de croiser des tanks en exercice est important ; c’est pourquoi il est défendu de s’écarter des axes routiers dans la région. D’immenses panneaux sont là pour vous rappeler les risques encourus.

Sur la route nous effectuons quelques arrêts photos pour immortaliser les volcans enneigés. Et là, contre toute attente, nous retrouvons Tom, Mat et Jack. Ils ont terminé le docking au ranch de Lucy et rentrent sur Wellington. Décidément ce pays est vraiment petit ! Nous continuons jusqu’au sommet de la route à 1074m et pique-niquons sous le vent. Nous prenons une piste de graviers pour faire quelques photos des dunes de cendres (nous restons bien sur la route). Non loin a été tourné la dernière bataille devant la porte noire dans le film le Retour du roi. En fin d’après-midi, nous nous arrêtons à « Tree Trunk Gorge » mais nous reportons leur visite au lendemain (le soleil est bien bas pour visiter les gorges). Nous rentrons au campsite mais changeons d’emplacement (la veille Emmeline a été réveillé par un Opossum qui a sauté sur son toit dans la nuit!). Nous trouvons un minuscule mais parfait emplacement au bord de la rivière.

La vue du lac Taupo  depuis les hauteurs de Turangi.

Les grandes lignes droites de la « desert Road » qui traverse le désert de Rangipo donne un aspect désert d’Arizona.

Le samedi, le planning de la journée est chargé. Il fait encore beau même si les nuages ne sont pas loin. Le matin à côté du campsite nous voulons visiter les gorges de « Pillars of Hercules », mais il n’y a aucuns accès pour descendre près de l’eau. Donc nous retournons à « Tree Trunk Gorge » où nous étions passés la veille. Nous trouvons un chemin pour approcher de plus près ces ravissantes gorges. L’eau se fraye un chemin dans un socle d’orgues basaltiques et chute en plusieurs cascades et rapides. Puis nous continuons la route en direction de la petite ville d’Ohakune (au Sud du Tongariro National Park) ; nous retraversons le désert de Rangipo. Arrivé à Ohakune vers midi, nous poursuivons pour rallier la station de ski de Turoa sur les flancs du Mt Ruapehu.

Nous voulions voir à quoi ressemblait une station de sports d’hiver ici. La côte est bien raide pour atteindre le pied de la station à 1600m. A notre étonnement la station est encore ouverte et il y a foule. Tous les panneaux ici nous indiquent que la station est basée sur un volcan actif ; dans les WC je trouve même les indications d’évacuations sur les pistes de ski. Depuis le parking de la station je reconnais une cascade qui a servi de lieu de tournage pour « The Hobbit » (oui j’ai suivi assidûment le making-off du film). Je ne peux pas résister je vais au pied faire des photos. Nous sommes un peu forcés de ne pas nous attarder car ce jour même se déroule un événement sportif et la route va être barrée. Nous redescendons à Ohakune, Nous faisons quelques petites ballades autour de la ville et nous arrivons à une auberge qui fait office d’arrivée pour la course. Il s’agit du 20ième « annual peak to powderkeg» ; un petit triathlon partant du sommet de la montagne (au programme ski, course à pied de 5km et vélo sur 15km).

Dans le même secteur, nous passons devant une pizzeria et là mon estomac me dicte de déguster ma première pizza de Nouvelle-Zélande. Et puis il faut bien marquer la fin du Road-trip. La course terminée, j’emporte ma pizza (avec du bleu dessus en supplément!) au campsite tout proche de Mangawhero, où je la partage avec Emmeline. Et oui, le road-trip se termine ici, le lendemain dimanche, nous faisons un bout de chemin en commun puis nous nous séparons sous la pluie. Emmeline se dirige à l’Est vers New Plymouth pour un HelpX avec des chevaux. Tandis que moi, je rentre au campsite près de Turangi où je continue la rédaction de ce long article, auquel j’ai encore consacré pas mal de temps lundi et mardi mais j’avais beaucoup à raconter.

Le petit canyon photogénique de « Tree Trunk Gorge » m’avait été indiqué par Martin le photographe lors de mon HelpX près d’Opotiki.

La fameuse cascade à Turoa Skifield qui sera dans « The Hobbit ». Je rempli progressivement mes visites des lieux du tournage !

Ohakune affiche fièrement être la capitale locale de la carotte.

Ainsi s’achève ce road-trip de 15 jours, il fut riche en sensations et bien intense. J’ai vraiment réalisé des visites et des activités incroyables ; du cheval à la rando de 19 bornes, de la rivière chauffée au sommet glacé du Red Crater, des bassins multicolores au monochrome de la desert road. Je me suis régalé, le plateau central vaut le détour. Je garderais un très bon souvenir de mon premier grand road-trip. Je tiens également à remercier Emmeline avec qui j’ai partagé tous ces moments magiques. Et qui a rendu le road trip plus vivant et plus « français » (j’avoue que j’ai moins parlé anglais ces 15 derniers jours !).


Nous avons connus joies et petites galères comme se compose souvent un bon vrai road-trip. Je souligne aussi que le blog a franchit les 1000 visiteurs uniques, je vous remercie de votre assiduité et j’espère que vous prenez plaisir à le lire (j’ai changé le classement des albums photos qui devenait compliqué à lire). Prochaine destination Napier dans la Bay of Hawkes (côte Sud-Est), où je vais essayer de travailler en intérim (Fruit Picking ou autres). Avec entre-temps des étapes sur la route pour me refaire une santé car je suis un peu fatigué je vous avouerais. La suite dans une semaine si possible.