Affichage des articles dont le libellé est Warkworth. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Warkworth. Afficher tous les articles

13 juin, 2013

There and come back


Ce « dernier » article a été rédigé en France, je suis donc bien rentré sain et sauf, où j’ai retrouvé ma famille et mes proches. Quelle sensation étrange de revenir en France, de refouler les lieux connus et la maison d’enfance. Dans cet article je reviens sur mon voyage retour puis je fais le bilan de cette année en Nouvelle-Zélande. Mais tout d’abord je vous livre deux mots sur la fin du Wwoofing  à Warkworth. 

La nouvelle-Zélande : il fut difficile de quitter un tel paradis

 
Cette dernière semaine de Wwoof passe rapidement, j’œuvre toujours sur la confection de la tenture pour protéger le four des fortes pluies d’hiver. Le four d’argile, qui par ailleurs, durant mon jour de repos, a vu une partie de son toit s’effondrer sous le poids de Fabrice et de Florent ; mais heureusement plus de peur que de mal pour eux (pour le four cela se reprendra). J’assiste au départ de Gordon, d’Isabel et Thuy-An, au retour de Nozomi et à l’arrivée de nouveaux wwoofers sur la ferme : Joy et Maxence (des Calédoniens). Le soir de leur arrivée nous avons même droit à un « bomb fire » (feu de camp). Nous faisons chauffer au-dessus des braises quelques marshmallows que nous dégustons en musique (avec Audrey au djembé et Fabrice à la guitare).

Le samedi matin je redécouvre le marché de Matakana, je craque pour un bon hamburger à la viande de buffle et au bleu maison : un régale pour 10DNZ. Le marché est toujours aussi côté et il y a foule. Avec les autres wwoofers, nous profitons pleinement de cette sortie. Florent améliore le train-train quotidien en égayant nos papilles avec ses recettes de pâtissier dont une excellente mousse au chocolat. Florent et Julie font aussi l’acquisition d’une voiture. Et pour fêter cela, ils nous invitent tous à bords pour rejoindre et découvrir le joli littoral près du hameau de Leigh, notamment Goat Island. Le 23 mai je fais mes adieux et je quitte les lieux pour la troisième fois, mais cette fois-ci c’est synonyme de quitter le pays. Je rentre en bus sur Auckland depuis Warkworth.
 
 
Les bâches pratiquement toutes en places, le travail sur le four ressemble à un projet secret !


 La réserve de Goat Island sera ma dernière découverte en Nouvelle-Zélande.
 
 
Le jour de mon départ de la ferme (de gauche à droite : Julie, Florent, Camisa, moi-même, Kiyomi et Frodo !).

Je suis vraiment impatient de retourner sur Auckland, car malgré la tristesse de quitter ce fabuleux pays, je vais retrouver ma chérie à l’aéroport. En effet comme je l’avais déjà dévoilé dans le précédent article, j’ai décidé de vivre un dernier sursaut d’aventure avant de rentrer en France. J’ai donc choisis de m’arrêter quelques jours à Melbourne, une grande mégalopole australienne de 4 millions d’habitants (la population néo-zélandaise en gros). Ce sera l’occasion de voir un peu d’Australie (c’est la porte à côté) et puis découvrir une ville que l’on m’a fortement recommandé et où j’aspirais à travailler. Et puis surtout, je vais pouvoir rester encore un peu avec Eva puisqu’elle peut m’accompagner pour l’Australie. Nous nous retrouvons donc à l’aéroport dans un parfait timing (mon bus et son avion provenant de Wellington arrivant dans le même quart d’heure). Après nos heureuses retrouvailles nous nous préparons pour la suite du voyage. 

Nous passons la nuit dans un hôtel proche de l’aéroport et le lendemain le vendredi 24 Mai c’est le jour du départ. Notre vol est à 17h50 mais nous nous rendons dès 11h00 à l’aéroport international d’Auckland sous un franc soleil. Nous faisons filmer nos bagages qui vont en soute, et les enregistrons. Puis nous patientons un peu dans les immenses halls où se dressent des statues de guerriers nains issues du film du Hobbit. Nous mangeons en compagnie de ces colosses de polystyrène avant de nous présenter aux douanes. Et  là, j’ai le droit à un petit moment de stress aux portiques de sécurité : ma réplique de la clé d’Erebor du film du Hobbit me vaut de vider mon sac à dos. Les douaniers n’arrivaient pas identifier l’objet métallique (j’avais moi-même oublié que c’était du métal et non une résine). Après vérification je peux passer et conserver mon souvenir ! Nous utilisons le reste du temps libre pour déambuler dans les boutiques duty free. 

En fin d’après midi, nous nous rendons jusqu’à la porte d’embarquement et montons à bord de notre avion : un Airbus A380 de la compagnie Fly Emirates. Cet appareil est vraiment un géant du ciel avec ses 2 ponts et ses 4 immenses réacteurs. À l’intérieur c’est le grand luxe et c’est très spacieux ; nous n’avons pas l’impression d’être en classe économique. Les repas suivent cette tendance, nous sommes simplement heureux. J’oublie ainsi que je quitte le pays des Kiwis pour le pays des Kangourous ! Le vol ne dure que 4 heures nous suivons la course du soleil et il n’est donc que 20h00 avec le décalage horaire quand nous arrivons à Melbourne. Une fois nos bagages récupérés, nous nous présentons aux douanes et là pas de problèmes à la sécurité avec ma clé d’Erebor mais rebelote je suis invité à suivre les lignes pointillées rouges au sol (le chemin normal étant le jaune). 

Mais cette fois-ci, je sais que cela vient du fait que j’ai déclaré du bois (objet maoris), des coquillages et une grosse graine, et les douanes veulent juste s’assurer que rien d’illégal ne rentre sur le territoire. L’inspection ne dure que 5 minutes ; j’avais préparé une boite accessible dans mon sac avec tout ce qui était susceptible de poser problème aux douanes. Résultat la douanière me confisque ma graine d’arbre mais heureusement que je l’avais déclaré sinon c’était 300$ d’amende en cas de contrôle. Je suis un peu gêné d’impliquer Eva là dedans ! Nous oublions vite ceci et prenons un taxi (45$) pour rejoindre le quartier de Newmarket dans la banlieue de Flemington. C’est là que se trouve la maison de Zarleen et Stephen, les amis d’Eva qui nous invitent chaleureusement pour ces quelques jours. Nous arrivons finalement plus fatigués que je ne l’aurai imaginé après cette longue journée, et nous trouvons rapidement le sommeil dans un bon lit préparé à notre attention.

Ces statues en polystyrène imitant à la perfection la pierre ont été prêtées par les studios Weta.

Eva contemplant l’A380 qui nous emmènera à Melbourne.

 Une caméra placée sur l’empannage nous permet de suivre le décollage comme dans un jeu vidéo.

Le lendemain le samedi 25 Mai, je prends le temps de faire plus amples connaissances avec Zarleen et Stephen. Ils ont prévus pour cette journée de nous donner un petit aperçu de Melbourne, et pour commencer ils ont choisis de nous faire découvrir le quartier de St Kilda. Pour rejoindre ce charmant quartier au bord de Port Phillip Bay, nous allons en premier lieu au centre ville de Melbourne à bord d’un train de banlieue. Nous arrivons à l’ancienne gare victorienne de Flinders, caractéristique avec sa façade peinte dans les tons ocre et dorés et ses toitures de cuivres oxydés. Nous empruntons un pont qui enjambe la rivière Yarra et longeons un immense parc. Malgré les eucalyptus, je retrouve dans Melbourne une végétation plus européenne avec ses platanes et ses autres arbres à feuilles caduques.

Puis nous continuons à bord d’un tramway. Nous arrivons à St Kilda sous le soleil, je n’ai pas l’impression d’être en fin d’automne, impression renforcée avec la présence des palmiers. Nous commençons par parcourir la grande rue principale d’Acland street où circule le tram. Il y a une multitude de pâtisseries (une majorité avec l’étiquette française !), des restaurants et des cafés. Après un lunch de bonne heure avec un succulent hamburger, nous allons à un marché « handmade & vintage ». Ce dernier occupe, chaque dernier samedi du mois, le premier étage du St Kilda Memorial Hall. Puis nous longeons un parc d’attraction Luna Park pour rattraper la plage, en chemin nous nous arrêtons pour déguster quelques pâtisseries.

Le Luna Park de St Kilda avec son grand huit « Scenic Railway » restauré en 2005 mais qui date de 1911 (c’est le plus ancien encore en activité au monde).

D’immenses plages bordent Port Phillip Bay : une véritable petite mer de 50Kms de côtés et peu profonde (24m au maximum).

Melbourne a conservé un important réseau de tramways, il y a même des rames restaurants comme ici dans Acland street!

Après cette petite marche nous reprenons le tram pour retourner au centre-ville. Nous sommes contraints de descendre à cause d’un problème technique sur la rame nous précédant. Cela nous rallonge un peu mais nous avons ainsi la possibilité de découvrir les quais de la rivière Yarra surplomber par les hauts gratte-ciels. Nous parcourons ensuite tout un réseau de rues piétonnes vraiment étroites coincées entre les buildings, qui fourmillent d’activités. Parfois celles-ci s’engagent sous les immeubles ou se connectent via des galeries aux magnifiques verrières. Dans une de ces arcades, nous nous arrêtons dans un café où il est d’usage de dessiner sur les nappes. Nous effectuons un passage furtif dans un immense centre commercial sur 8 étages puis notre petit groupe achève sa course à la gare centrale de Melbourne (le centre névralgique de la ville). Nous rentrons chez Zarleen et Stephen après cette longue journée riche en souvenir, nous ressortons juste pour aller manger dans une pizzeria dans le quartier.
Les rives de la rivière Yarra qui traverse Melbourne surplombées par l'Eureka Tower, le plus haut gratte-ciel résidentiel du pays (323m).

Une boutique de Macarons au centre de la Royal Arcade, galerie construite en 1869.

Dans la gare centrale se dresse une immense tour en brique d’une ancienne manufacture de 1888 qui a été mise sous un immense cône de verre.

Le dimanche, nous entamons tous ensemble une nouvelle journée de découverte. Nous prenons la direction de Brunswick street dans le quartier de Fitzroy (au Nord-Est du centre-ville). Ici, ce n’est plus l’atmosphère estivale et côtière de St Kilda ; le petit Miami de Melbourne. C’est un quartier très british, qui rappelle la banlieue londonienne avec tous ces bâtiments en briques. Mais la touche d’originalité du lieu est son omniprésent « street art » qui est d’une part toléré et qui est en adéquation avec une culture bohème des lieux. Sous une petite bruine nous marchons devant les pubs, les boutiques de vêtements, les disquaires, et d’autres magasins vendant de l’art sous diverses formes.

On dirait qu’il y a une course à la devanture la plus loufoque avec des enseignes géantes et des graffitis. Même si l’artère principale arbore ces fresques murales urbaines, ce sont dans les petites allées annexes que l’on trouve de véritable chef-d’œuvre artistique. L’art est partout, les mobiliers urbains sont appropriés comme support ; l’ensemble est finalement harmonieux malgré qu’il soit parfois un peu kitch et surchargé. Nous déjeunons au « Vegie Bar » : un restaurant végétarien réputé qui se tient dans un ancien hangar industriel reconverti. Pour cette première, je suis conquis par le contenu de mon assiette : une salade de pâtes de riz et de germes de soja accompagné de tofu fris et de poivrons grillés.

Fitzroy : un quartier bariolé, tagué, et décoré qui ne laisse pas indifférent.

Dans l’après-midi nous rentrons sur le centre ville de Melbourne pour aller voir l’exposition d’Hollywood costume présente à l’ACMI (Autralian Centre For the Moving Image) près de Federation Square. Pour 20$ nous avons ainsi la chance de contempler les costumes les plus célèbres et emblématiques d’Hollywood. La collection comprend une centaine de pièces dont les tenues d’Uma Thurman dans Kill Bill, de Keanu Reeves dans Matrix, de Jonnhy depp dans Pirates des Caraïbes. Il y a aussi les robes de Sharon Stone dans Basic Instinct, de Marilyn Monroe dans 7 ans de réflexion et la combinaison de Kim Basinger dans Batman Returns. Les costumes des films d’époques sont aussi bien représenter : comme ceux des films Gladiator, Marie Antoinette, et du Dernier Empereur.

Il y a même les tenues plus récentes du dernier Spiderman et du Batman The Dark Knight. Certains costumes très simple et minimaliste sont présents comme le débardeur ensanglanté du sergent Mc Cain porté à l’écran par Bruce Willis ou la tenue d’Arnold Schwarzenegger dans le Terminator 1. Une belle exposition atypique qui nous aura bien replongée dans l’univers de tous ces films cultes. De retour à la maison des amis, je me propose de m’occuper du repas : des crêpes accompagnées de bleu, de feta, d’épinard béchamel et de filets de truite (je retente le repas cuisiné lors de mon anniversaire!). Auparavant j’effectue donc les courses avec Eva au supermarché du coin, je m’en sors pour 40$ (deux fois moins chère que la Nouvelle-Zélande !). Cette recette simple et succulente fait toujours bonne impression.

Un moyen de transport original : un carrosse ici devant Flinders station.

Les costumes du film The Great Gatsby présents à l’extérieur de l’exposition et les seuls autorisés à être photographiés.

Cette journée du lundi commence sous la grisaille. Zarleen et Stephen étant au travail, je suggère à Eva de nous rendre au parc zoologique de Melbourne. Nous pourrons y voir la faune endémique de l’Australie en étant loin du bush et du désert. Nous atteignons les grilles du parc, en moins d’une demi-heure, en ayant marché et pris le tram en direction de l’Est. Le zoo est assez grand, il nous est recommandé d’y consacrer 3 heures pour en faire le tour (l’entrée est à 23$). Il y a différents circuits thématiques à l’intérieur : les singes et primates, les animaux d’Asie (tigre, éléphants,…), ceux d’Afrique (Babouins, girafes, zèbres lions et hyènes), ceux d’Australie, les reptiles …etc. Nous prenons le temps de pratiquement tout parcourir sous un ciel gris mais lourd. Les enclos sont grands et bien arborés, le zoo en lui-même est richement décoré et bien aménagé. Pour Eva c’est la première fois qu’elle voit des éléphants, me concernant c’est l’ornithorynque, les wombats et les koalas qui sont une grande première. Dans l’enclos des kangourous et des émeus, il m’est même permis de caresser un kangourou venu par curiosité dans cet enclos semi-ouvert au public.
Quelques représentants d’Australie dans le zoo de Melbourne : koalas, kangourous et émeus.
Il nous est aussi permis de revoir des animaux Néo-Zélandais comme les phoques à fourrure et les manchots bleus.

Nous rentrons en milieu d’après-midi pour avoir suffisamment de temps de nous préparer. Le soir même, nous allons assister à une avant première du film The Great Gatsby avec Zarleen et Stephen dans le cinéma Como Palace. Nous avons choisi de nous y rendre déguisé dans le style années 20 pour coller à l’atmosphère du film. C’est donc en costume que nous traversons le centre ville de Melbourne pour retrouver Zarleen à son travail. Stephen nous rejoint directement au cinéma. Nous sommes presque les seuls à avoir joué le jeu de nous déguiser mais peu importe, nous passons une superbe soirée. Avant la séance je découvre les glaces typiques des cinémas Australiens qu’ils appellent « ice cream pops » ainsi que le pain à la banane. Après la projection, nous dînons dans un fast-food « Soda Rock dinner » qui recréé l’ambiance de ceux aux USA dans les années 50. Puis nous rentrons à Newmarket en train, toujours parés de nos costumes d’époque !

Federation Square de nuit.

Eva, Zarleen, Stephen et moi-même accoutrés comme dans les années folles.

Le mardi c’est notre journée en amoureux, la dernière en Australie et ensemble pour un certain temps alors on profite tout simplement. Nous restons dans le centre-ville de Melbourne. Nous revenons dans la gare centrale pour prendre le temps de redécouvrir les lieux. Nous traversons le Chinatown de Melbourne puis nous arpentons les petites ruelles avant de rallier les berges de la rivière Yarra. Nous marchons sous les 25°C du soleil d’automne, et franchissons la rivière sur une passerelle piétonne. Par la suite nous allons explorer le Queen Victoria Market : un immense marché couvert. Quand nous arrivons sur place les étales viennent juste d’être pliés ! Du coup nous visitons rapidement le bâtiment de la GPO (General post office) reconvertis à l’intérieur en magasins. La ville nous révèle tout un tas de sculptures et de détails architecturaux. Lorsque nous décidons de rentrer, nous sommes conscients qu’il reste tant à visiter. Nous retrouvons plus tard Zarleen et Stephen avec qui nous dînons dans un quartier italien. Puis en soirée, je fais mes sacs, mon avion décolle dans la nuit à 2h40 !

Rue piétonne près de Flinders train station.

 
L’intrigant Slim building. 

La façade de la GPO reconnaissable à sa tour d’horloge achevée en 1907.

Union lane : une ruelle taguée en plein centre-ville qui se renouvelle continuellement.

Eva m’accompagne jusqu’à l’aéroport, nous patientons pour que je puisse enregistrer mes bagages. Je dois ensuite repasser les douanes et l’immigration mais ma chérie ne peut pas m’accompagner pour la suite du voyage. Alors vient le moment tant redouté, nous faisons nos adieux l’un à l’autre et nous nous efforçons de retenir nos larmes. Après cette séparation douloureuse, j’embarque dans un Boeing 777 de la compagnie Fly Emirates. Je quitte la majestueuse Melbourne, l’Australie, et l’hémisphère Sud. Mon avion fait un ravitaillement à Kuala Lumpur pendant une petite heure (mais il faut ressortir de l’appareil et se retaper les douanes). Neuf heures plus tard c’est l’atterrissage à Dubaï où je dispose de moins d’une heure pour changer d’avion. Je dois à traverser un immense terminal de 2Kms tout en longueur, le tout bien chargé, un peu au pas de course, dans un aéroport potentiellement à risque pour une épidémie de Coronavirus. J’ai donc à peine le temps d’entrevoir le luxe de cet aéroport. Il y a des oasis de verdure miniatures à l’intérieur et de magnifiques décorations recréant des palais des milles et une nuits.  J’embarque 20 minutes avant le décollage d’un Airbus 340 toujours sur la même compagnie. Cette journée extensible parait bien longue car les avions suivent les fuseaux horaires, je suis arrivé à dormir un peu au dessus de l’Australie, de l’Inde, et de l’Europe. J’arrive en France à 19h30 avec un peu d’avance sur l’horaire (j’ai mis 7 heures depuis Dubaï). Il fait frais (ça change des 40°C à Dubaï) et le soleil est bien timide. Je retrouve dans l’aéroport mes parents venus m’accueillir, après une année de séparation. J’ai la curieuse impression de les avoir quittés seulement quelques semaines auparavant ! J’ai aussi du mal à réaliser que je viens de traverser le globe. Mais la boucle est-elle vraiment bouclée tant je rentre différent?

Kuala Lumpur une petite halte sur les 16h30 de vol entre Melbourne et Dubaï.

Quelques parts au dessus de l’Océan Indien : une île paradisiaque
 (edit : Camorta island, archipel des îles Nicobar).

Le terminal de l’aéroport de Dubaï tel une immense chenille dans un ciel poussiéreux.

Une épaisse couche de nuages au dessus de la France et sur une bonne moitié de l’Europe ; moi qui espérais ramener du soleil dans mes bagages.

Comme le Hobbit parti à l’aventure sur des chemins remplis de péripéties j’ai eu le droit à  une part d’aventure même pendant le voyage retour. Mais me voilà rentré et voici l’heure du bilan. Je pense que j’ai utilisé mon working holiday visa comme il se devait : 5 mois de Wwoofing-HelpX, 3 mois de travail, et 4 mois road-trip. J’étais venu dans le pays pour « prendre la température », durant un « gap year ». Je ne connaissais personne sur place, je n’avais pas vraiment planifié mon voyage et j’avais un niveau oral d’anglais assez faible. Au final je me suis bien acclimaté, j’ai trouvé mes marques petit à petit, et remplis mon objectif qui était de découvrir le pays. J’ai aussi progressé dans mon anglais au point de me surprendre moi-même (voir des films sans sous-titres et tout comprendre, parler au téléphone, suivre des conversations rapides et compliquées). Et cerise sur le gâteau j’ai rencontré Eva : l’amour de ma vie, c’est une certitude !

J’ai toujours peur de perdre mes acquis linguistiques ici en France. Ce n’était pas ma seule crainte, depuis mon retour je souffre un peu de la maladie « l’impatrié » ; les différences culturelles me sautent aux yeux et je suis vraiment nostalgique de la Nouvelle-Zélande. Par conséquent je me sens quelque part comme étranger en France. Pourtant durant cette année je n’ai jamais coupé mes liens avec la France (suivis les informations et resté en contact avec mes proches et puis le Blog) je dois remercier Internet pour cela. Ce n’est pas le changement survenu en une année en France mais plutôt le vécu en Nouvelle-Zélande qui m’a ouvert les yeux et montré que bien des choses peuvent être vécues différemment. Et le plus difficile jusqu’à présent c’est de devoir vivre l’éloignement avec ma dulcinée, même si nous allons tout faire pour que ce laps de temps soit le plus court possible.

Ce voyage a été bien plus qu’une simple visite touristique, bien plus qu’un échange culturel, ce fut une thérapie contre le doute, sur ce dont j’étais capable. J’ai beaucoup changé et je ne parle pas uniquement des 20kgs perdus. Je crois que j’ai eu plus de réponses sur moi-même, ici, en une année qu’au cours des dix dernières. Une sorte de psychothérapie par le voyage ? Je le pense. Je sais ce que je souhaite maintenant. Je me dois de foncer et de rebondir sur cette expérience extraordinaire. Je retournerais en Nouvelle-Zélande, je veux y travailler mais surtout y faire ma vie avec Eva. Je souhaite devenir un Kiwi. J’aime tant cette mentalité, cette culture même si tout n’est pas rose pour autant. Il y aura un article Rémi est un kiwi, peut-être dans un an, peut-être dans deux mais j’ai cet objectif devant moi et cela donne un sens profond à biens des choses. Rien ne doit devenir impossible, je me dois de réussir les prochains défis qui s’offrent à moi.


Merci à ma chérie d'avoir eu la patience quand j'ai consacré pas mal de temps pour la rédaction du blog pendant le road-trip dans l'île du Sud. Merci à vous lecteurs d’avoir suivi mes aventures, mes galères et mes joies au pays des Kiwis. Ce fut un plaisir de raconter cette année, ce fut aussi pour moi une façon de garder une trace (même si les souvenirs les plus forts sont gravés au fond du cœur). Je crois que votre présence même immatérielle m’a obligé à me surpasser et réussir tout ce que j’entreprenais (je ne m’attendais pas à cet effet venant du blog). J’espère que les informations distillées au fil de mes récits vous auront été utiles. Je salue également toutes les personnes qui ont croisées ma route en Nouvelle-Zélande et en Australie. Je remercie celles et ceux qui ont participé à rendre mon aventure idyllique. Et pour les lecteurs du premier cercle j’espère aussi avoir l’occasion de faire un petit tour de France pour vous revoir.

Vous êtes les bienvenues pour laisser vos messages. Le blog continuera à vivre promis.

Rémi

TO BE CONTINUED

19 septembre, 2012

Là-bas au Coromandel …

Je suis enfin au Coromandel, le lieu de vacance privilégié des néo-zélandais. C’est là encore une péninsule mais bien différente de celles du Northland.

 Petit retour en arrière, comme prévu le samedi à 08 Septembre, je fais une étape à Warkworth, avant de descendre au Coromandel. Je passe une nuit à la plage d’Omaha et le lendemain je me rends à l’I-Site, puis à la ferme d’Audrey pour faire la surprise. Cela fais pile trois mois que je suis dans le pays (le temps passe trop vite !) et mon retour à la ferme me parait loin et me donne une curieuse impression de retour à la maison. Je retrouve Mayumi et huit autres nouveaux wwoofers, et bien sûr Audrey ravie de me revoir en pleine forme même si elle me trouve amaigris! Je découvre le nouveau jardin qu’a créé Mayumi et puis d’autres nouveaux travaux réalisés. Je retourne même avec Audrey et les wwoofers à Matakana Market car on est samedi. Je reste pour le dîner en tant qu’invité durant lequel je raconte mes aventures dans le Nord. La soirée je discute avec les wwoofers de mes impressions sur mes visites, je donne aussi quelques conseils sur les bons et les mauvais plans. Je dors dans mon van car faute de lit disponible.

Ce retour à Warkworth permet de m'offrir le levé de soleil sur Omaha beach.

Mayumi a choisi pour son jardin un design maori d’où le nom : Hana Garden.

Cette halte me fait le plus grand bien, et dès le dimanche matin après mes courses, mon plein et la dump station ; je conduis direction la péninsule du Coromandel. Je traverse Auckland et je dépasse le point le plus au Sud que je connaissais du pays : l’aéroport international d’Auckland ! Je me dirige vers Miranda où j’ai décidé de passer la nuit. Je me gare sur un espace en front de mer où l’overnight motorhome est toléré pour les véhicules self-contained (Traduisez que je peux passer la nuit tranquillement et gratuitement à l’abri des 200 dollars d’amende).Le Coromandel est la chasse gardée des néo-zélandais, le freedom camping n’y est autorisé qu’à de très rares endroits.

Je suis idéalement situé, assez proche de la Péninsule du Coromandel pour débuter mon road-trip. Je contemple ici l’estuaire de Thames. C’est un  golfe dans le prolongement du celui d’Auraki (celui d’Auckland), son nom vient de la ville qui le borde : Thames. Cette ville sera ma destination du lundi. Je prends le temps de longer la côte à pieds, la plage est constituée en grande partie, pour ne pas dire entièrement, de débris de coquillages. J’observe quelques oiseaux marins dans la réserve maritime et je me couche de bonne heure ; ignorant que je vais passer ma pire nuit depuis mon aventure.

En effet, toute la nuit, le van est secoué par de grosses rafales et il pleut à torrent. J’ai vraiment eu du mal à fermer l’œil de la nuit. Mais pas question de faire de grasse matinée, j’ai un planning que je me suis fixé. Je prends la route de Thames, une ville qui connue la ruée vers l’or. En effet Le Coromandel est réputé pour son or, la première découverte du précieux minerai remonte à octobre 1852 près de la ville de Coromandel. S’ensuivit une véritable ruée vers l’or et Thames passa de 5000 à 18000 habitants (plus qu’Auckland à l’époque).

Mais dès les années 1870 les filons s’épuisèrent. L’intérêt se porta au Sud-est de la péninsule vers Karangahake Mountain et à Waihi où la Martha mine était en 1912 l’une des plus grande mine d’or du monde. En 2007 s’est véritablement achevée l’exploitation industrielle. L’exploitation continue de manière sporadique avec des habitués qui en font leur passent temps mais l’activité est dangereuse (les galeries ne sont pas sûres et les locaux veillent sur leurs propriétés). Je reviens à mon récit, à peine arrivé dans la ville j’en fais le tour rapidement et je retire du cash au distributeur de la poste. Ensuite je vais faire mon plein et c’est là que je commets l’impensable mais je ne le découvre que dans l’heure qui suit !

Je continue mon road-trip par la visite de la vallée de Kauaeranga où il y a des belles forêts natives. Je commence un petit circuit en forêt quand je me rends compte que je n’ai plus mon portefeuille en poche, je viens de perdre mes papiers et mon cash pour la quinzaine ! Et seconde grosse erreur de ma par je n’ai pas pris le temps de « spliter » mon argent. Je fouille mon sac et mon van et je me dis que je ne peux l’avoir égaré qu’à la station service. J’y retourne pressement dans l’heure. Et effectivement le gérant me le rend, je vérifie le contenu tout y ai (vive la tranquille Nouvelle-Zélande !!!). Cela m’a valu une bonne frayeur et me servira de leçon ; je prends quelques nouvelles résolutions pratiques pour l’avenir.

Décidément je me demande encore comment j’ai pu le perdre sans l’entendre tomber en remontant en voiture (les conséquences de la terrible nuit ?). Je suis énervé après moi-même, car cela ne m’était jamais arrivé en France. Je ne suis pas du genre à commettre ce genre de négligence! Je reprends mes esprits car j’ai de la route et ici sur la péninsule du Coromandel, les routes sont particulièrement pentues et sinueuses. J’emprunte la route 25 jusqu’au village de Coromandel. Celle-ci serpente le long de la côte, alternant des passages de corniches et de montagnes. La côte Ouest de la péninsule du Coromandel est très montagneuse, contrairement à l’Est où il y a quelques plaines (en son centre la péninsule est parcourue par une chaîne de montagne avec certains sommets qui culminent à un peu plus de 800m).

Au petit matin je me lève avec une magnifique vue sur l’estuaire de Thames à marée basse.

Devant cette rivière j'ai réalisé qu'il me manquait mon portefeuille!

Un des nombreux bâtiments de style colonial construits à Thames à l’époque de la ruée.

La route 25 qui longe les eaux turquoises et troubles de l’estuaire.

J’atteins la ville du Coromandel qui donne son nom à la péninsule, mais qui elle-même tient le sien du bateau de la marine britannique, qui y vint en 1820 pour embarquer des poutres de Kauris. C’est une petite bourgade charmante mais minuscule, on y trouve quelques édifices victoriens de l’époque de la ruée. Je m’arrête dans le village  pour en faire le tour et pour prendre à l’I-site des informations sur mes prochaines visites et je récupère notamment les horaires des marées (très utiles). Je poursuis mon chemin, direction la pointe Nord de la péninsule, je dépasse Colville (dernier patelin) pour ensuite rouler sur 40km de gravel road (« la Unsealed Narrow Scenic Road ») jusqu’à mon point d’arrivée : Port Jackson. La route porte bien son nom ; elle est étroite, parfois pentue et technique (gués, éboulis, nids d’autruche !).

Je suis obligé de rouler au pas sur certaines sections pour ne pas trop abîmer les pneus. Je me demande l’été quand c’est l’affluence comment les immenses camping-cars font pour se croiser à certains endroits. J’arrive pour le lunch autour de midi à Port Jackson ; une belle baie circulaire avec une végétation rase. Mon camping, encore un campsite du DOC, bien situé derrière une petite dune, possède des douches froides et des wc (le minimum confort que je recherche). Je commence ma découverte mais je décide de ne pas m’aventurer trop loin la météo est instable dans la région et il est prédit du mauvais temps sur le début de semaine. Je commence la Mirawai walk mais je rebrousse chemin : il y a trop de vent et le chemin longe de hautes falaises.


La « Unsealed Narrow Scenic Road » avec ses anciens Puhutukawas est plaisante à emprunter malgré que je ne dépasse pas les 30 km/h.

Port Jackson : une jolie anse sauvage pas si abritée que cela des vents.


Je retente le lendemain le mardi et là je me prends un mûr d’eau ; le K-way ne permet que de sauver mon appareil photo numérique et mon portable. Je rentre trempé au van et je fais tout séché y compris les papiers d’identités (là encore je dois m’organiser différemment à l’avenir). La météo ici peut changer en l’espace d’un quart d’heure, il peut pleuvoir alors qu’il n’y a presque pas de nuage, la température peut chuter rapidement si le soleil se cache, et le vent surgit quand on s’y attend le moins. J’ai prévus de passer trois nuit à Port Jackson, et les deux premières nuits sont encore difficiles : que de vent mêlé de pluie ici dans le Nord du Coromandel ! 

Sur le retour de Mirawai walk, quand je distingue au loin un véritable mur sombre dans le ciel il est déjà trop tard pour chercher un abris sur les deux derniers kilomètres pour atteindre le campsite!

24 heures séparent ces deux clichés: preuve de la virevoltante météo néo-zélandaise!

J’attends le mercredi pour faire la grande randonnée prévue : 14,5km sur la côte Est de Port Jackson, pour rallier Fletcher’s bay à Stony bay (c’est aussi l’emplacement de deux autres campsites du DOC). Le temps incertain, vire en une magnifique journée ensoleillée ; je foule un lieu vraiment incroyable. A l’allé, je prends le sentier côtier avec ses falaises, ses aiguilles de lave, et ses criques à l’eau émeraude. Je marche deux bonnes heures pour atteindre Stony bay ; un petit paradis perdu où je pique-nique le long de la grève. Le retour je passe par le sentier intérieur destiné au VTT. Il est annoncé comme pentu mais avec une vue intéressante. Je commence donc une ascension qui n’en fini plus. La pente casse les jambes ; j’ai l’impression de monter trois fois le Puy de dôme. Quand j’atteints le sommet et ses 540 mètres, je découvre effectivement un panorama à 360° époustouflant. Je vois loin au large ; je distingue Little et Great Barrier island, mais aussi la plage d’Omaha, et même les Heads de Whangarei. Je dois ensuite descendre un chemin bien pentu encore une fois, le long de prairies à moutons. Je rentre épuisé et j’achève ainsi par ces 6 heures de rando cette étape à Port Jackson car le lendemain je souhaite découvrir la côte Est du Coromandel.

Les moutons devant Square top Island.

 Les Puhutukawas de Stony bay.

 La vue depuis le chemin du retour sur Great Barrier Island.

Le jeudi matin, je reprends la « Scenic road » dès 7h00 car je vais devoir rouler sur plus de 100 km de gravel road. Mon choix de partir de bonne heure m’a donné la chance d’apercevoir de très près des dauphins ! Après avoir traversé un troupeau de vache sur la route, je conduisais à faible allure quand j’ai entraperçu un aileron à 3m à peine du bord de la plage. Je stoppe mon van, je fais quelques photos et j’enfile mon shirt de bain rapidement et je cour en direction de la plage. Un groupe de dauphins d’une petite dizaine d’individus longe la côte très proche du bord mais il commence à s’éloigner. Je siffle et alors contre attente ils font demi tour et viennent, c’est alors que je commence à me mettre à l’eau jusqu’à la taille (elle est bien fraîche mais je ne me pose pas de question).

Certains dauphins s’approchent à deux mètres de moi, mais ils gardent tout de même une distance de sécurité et je ne peux pas les toucher. Il y a un bébé et une mère ce qui explique peut être leurs comportements. Je tapote le dessus de l’eau ce qui a pour conséquence de les faire bondir hors de l’eau deux d’entre eux. Ces deux mêmes dauphins jouent à s’envoyer un poisson comme si c’était une balle. Ils restent quelques minutes à faire des cercles dans l’eau. On s’observe mutuellement puis ils repartent, je sors de l’eau et je reprends mon appareil photo le temps de faire un petit film. Je suis un peu transi de froid mais réjouis de cette expérience incroyable. Et moi qui avais renoncé à faire le Dolphins tour à Paihia pour voir depuis un bateau les cétacés pour 150 DNZ, j’étais plus que satisfait de cette rencontre intime, gratuite et inattendue. Je remonte en voiture euphorique, le Coromandel est bien surprenant.

Je prends un autre itinéraire pour rejoindre le village de Coromandel : une « gravel road » vraiment tape cul et pentue qui traverse la montagne. Dans la montée j’ai deux voyants qui s’allument : le frein et la batterie. Je me gare et teste mes freins et ma batterie, rien à signaler et j’en déduis qu’il s’agit d’un problème de fusibles. Je poursuis mon chemin jusqu’à Whangapoua. Après ce hameau il y a une petite marche qui permet de se rendre à New Chums Beach. New Chum Beach est classée parmi les 20 plus belles plages au monde. Je m’attends donc à un spectacle hors du commun. Effectivement je ne suis pas déçu, son titre n’est pas usurpé. La plage, dont le sable fin est pour moitié blanc pour moitié rose, s’étire entre deux formations rocheuses : d’anciens dômes volcaniques dont on aperçoit aujourd’hui les orgues basaltiques. La plage est sublime, elle fait face à un chapelet d’île au large et est parcourue par plusieurs petits cours d’eau qui viennent se jeter en mer. L’eau est lipide et est d’un vert émeraude splendide.

Je profite un peu du soleil même si le fond de l’air est vif, et l’eau bien que donnant envie est vraiment froide (ce qui explique que la plage soit déserte ?). Après un pique-nique à l’ombre des arbres sur la plage, je rentre à mon van. Je monte au sommet d’un des volcans, en utilisant les orgues telles des grosses marches, pour avoir une vue d’ensemble sur la somptueuse plage. En chemin je m’arrête sur une autre plage pour ramasser des opercules ; les portes nacrées de gros escargots marins. Je reprends la route je passe par Whitianga au fond de la Mercury bay (baie où James Cook passa dix jours en 1769 à observer Mercure). A Whitianga je vérifie mes fusibles ; certains avec les vibrations étaient décrochés, d’où les indications erronées ! Je me dirige ensuite vers Tairua, une ravissante petite ville au pied d’une lagune et surplombé par un volcan. Je décide de passé la nuit à Tairua car on y trouve 4 emplacements pour le « freedom camping » pour véhicules « self-contained » (les seuls de tout le Coromandel !). La ville dispose également d’une bibliothèque avec un accès wifi : l’étape parfaite en somme.

Ma rencontre avec les dauphins du Coromandel restera inoubliable.

Sur la route je longe la Kennedy Bay, seul chose à voir sur cet itinéraire retour (je déconseille d’ailleurs de prendre cette route, il veut mieux passer par Colville !)


 New Chums Beach n'usurpe pas son titre d'une des plus belles plages du monde. 


Ma collecte d’opercules, juste en 30 minutes.

Le vendredi, il fait encore bien beau. Je quitte Tairua pour la Hahei Coast où je vais découvrir deux curiosité locales : Cathedral cove et Hot water beach.  Je commence par Cathedral cove, qui se situe à côté du village de Hahei. Ce site est un équivalent « d’Etretat » en Nouvelle-Zélande, car ici aussi la côte est formée par des falaises blanches sculptées par l’érosion maritime. A la différence que ce n’est pas de la roche calcaire mais de la ponce qui s’est accumulée après une violente éruption volcanique. Je prends un sentier pour aller voir le phénomène d’érosion le plus atypique du secteur : un tunnel dans la falaise qui relie deux baies. Il y a aussi des aiguilles rocheuses sur la plage et d’autres petites baies que l’on peut parcourir. Le site est vraiment unique, et je suis seul sur place à en profiter car j’évite la foule estivale ! Je continue mon chemin par la suite pour rejoindre la plage d’Hahei non loin. Une belle plage mais la baignade est interdite car il y a de puissants courants marins. Au bout de la plage un ancien Pa maori est visible, j’en fais l’ascension rapide. Je ne perds pas de vue l’heure car je dois tenir compte de la marée, là encore, pour ma seconde étape du jour.
La grotte dans la falaise de ponce, de cette petite baie donne le nom au lieu : Cathedral cove.

Cette pinacle de ponce appelée Te Hoho se dresse telle la proue d'un bateau échoué.

Du sommet du Pa je profite d’une jolie vue sur Hahei et sur sa plage.


Je reprends la route et j’arrive sur la seconde curiosité qui vaut le détour : Hot water beach. Comme son nom l’indique il s’agit de sources chaudes qui ressortent sur la plage. L’eau chaude jaillie à 60°C, il faut faire attention à ne pas s’ébouillanter. Les sources sont accessibles que sur une fourchette de 4 heures entourant la marée basse. Me concernant j’arrive sur la plage 30 minutes après le plus bas de la marée (je dispose donc que d’une heure et demi !). Je me munie de ma pelle (acheté pour l’occasion) et rejoins la foule (1ière fois que je vois autant de monde sur une plage de NZ !). Je n’ai pas à chercher longtemps où creuser le sable fume par endroit, je commence à créer mon bassin éphémère. J’y prends place, dedans il y a des bulles mais ce n’est pas l’ébullition juste du gaz carbonique. L’eau est bonne pour la peau car riches en minéraux : je me fais une petite thalasso ainsi. Puis la marée, submerge « ma piscine chauffée », au départ je supporte les arrivées d’eau fraîche mais ensuite il est temps de plier bagages. Je prends mon lunch bien sur le tard et avant la fin d’après midi je retourne à Tairua où je découvre le second spot de parking « freedom camping » et la bibliothèque où j’utilise internet. 
  

Hot water beach et tous ces bassins éphémères qui procurent une petite Thalasso.


L’aube qui se lève à Tairua sur le mont Paku (178m).

Le samedi matin je prends un peu de temps à la bibliothèque de Tairua pour refaire le plein de batterie, écrire l’article et commencer l’upload des photos. L’après midi direction Waihi et ses mines d’or. Sur la route je traverse de grandes forêts de conifères en exploitation et je fais un petit stop à Whangamata, il parait que sur la plage on peu trouver des morceaux d’obsidienne mais je n’ai pas cette chance. Je ne m’attarde pas trop car le mauvais temps arrive. Lorsque je parviens à Waihi, la grisaille recouvre le ciel mais il ne pleut pas. En premier lieu, juste après m’être garé je décide d’aller voir un curieux édifice sur une colline. Et là surprise, le haut de la colline est le bord du cratère d’excavation de la Martha mine. La mine est au beau milieu de la ville ; c’est la surprise je m’attendais pas à la trouver si proche !

Le curieux bâtiment minier est tout ce qui reste d’une installation qui servait à pomper l’eau de la mine. Celui-ci repose à 300m de son lieu d’origine car il menaçait de s’effondrer dans la mine, il fut donc déplacé ! Ensuite direction l’I-site où je fais le plein d’informations en discutant avec l’employé. Je visite également un petit musée très enrichissant et gratuit sous l’I-site. J’y apprends que l’or extrait ici est issu de veines profondes de quartz, il est d’ailleurs mêlé à de l’argent (on ne peut pas trouver de pépites d’or directement. Dans la Martha mine il est fabriqué des lingots de 20kg d’un mixe des deux métaux précieux. Le gisement a été découvert en 1878 par John McCombie, et le terrain appartenait à William Nicholl qui donna le nom de sa nièce à la mine. La Martha mine est encore en activité et emploie 300 personnes (elle avait été fermée de 1952 à 1988). Après cette petite visite je conduis jusqu’au « Karangahake gorge » pour passer la nuit dans un campsite du DOC à Dickey Flat.

Le profond puit à ciel ouvert de la Martha Mine tel une gigantesque cicatrice dans la terre.

Sur la route du Campsite il y a cette ravissante cascade : Owharoa Falls.

Le lendemain, après une nuit de pluie, je m’apprête encore sous la pluie à visiter les gorges de Karangahake pour continuer mon aventure dans l’orpaillage. Je prends un parapluie en plus du K-way cette fois. Je suis le cours de la rivière, qui s’enfonce progressivement dans une étroite gorge de granit. Le sentier est facilement praticable même sous la pluie ; je franchis plusieurs ponts suspendus sur la rivière. A mi-parcours je dois traverser un obscur tunnel minier de 180m (j’avais pris avec moi ma torche électrique). Le tunnel n’est pas bien haut de plafond et il est bien humide mais je continue. Je débouche à sa sortie, sur une gorge de plus en plus profonde, le chemin devient taillé à flanc de falaise. Et quelques minutes ensuite j’atteins la tête de puit dont l’entrée est condamnée. Le réseau minier est immense : 14 étages : 450m au dessus du niveau de la mer et 100m en dessous.

J’observe les restes de l’installation qui permettait de descendre les mineurs et de remonter le quartz. C’est ici qu’en 1909, 60% de l’or du pays était extrait. Plus loin je m’aventure dans des galeries ouvertes au public pour atteindre la station de pompage souterraine (dans une immense salle mais je ne vois pas grand-chose hormis la grille qui bloque le passage). Le réseau a été réhabilité sur la partie ouverte au public avec au sol des rails : on se prend au jeu d’être un mineur chercheur d’or ! Je ressors de l’autre côté, où je découvre l’entrée des gorges avec les restes de la station d’extraction de l’or. Je reviens sur mes pas pour le retour. Le côté historique de cette visite était intéressant, d’après les photos d’époques le site devait ressembler à ceux de la ruée vers l’or dans les rocheuses américaines. La ville de Karangahake avait même un côté Far West.

 A mi-chemin dans le tunnel minier : claustrophobes s'abstenir.


Sur la corniche en contrebas se tenait un tramway pour évacuer le quartz miné.

On peut parcourir une infime partie du vaste réseau minier mais une lampe est indispensable

Je quitte les gorges le dimanche en fin d’après-midi. Et je quitte ainsi la péninsule du Coromandel après une fantastique semaine, je termine juste par une petite halte pour mes courses à Paeroa. Cette ville est connue pour la boisson concoctée à partir d’une source naturelle dès 1908 : « L&P » (Lemon and Paeroa). Cette boisson ressemble à une limonade au goût. L’usine de la ville a fermé mais la production perdure désormais près d’Auckland, la marque ayant été racheté par la firme Coca-Cola Amatil. Je poursuis ma route vers le Sud et je m’arrête à Te Aroha. Une ville thermale, où j’observe un petit Geyser dans un par et où je finis d’écrire cet article. Pour la suite je m’offre une semaine de transition avant de travailler chez un hôte dans le cadre du programme HelpX. Je suis impatient de reprendre la route pour découvrir un lieu qui me tient à cœur… (Surprise for the next time)…

 La fameuse bouteille de la marque se retrouve un peu partout dans la ville de Paeroa.

Mon premier geyser à Te Aroha !