Toutes les bonnes
choses ont une fin, et ce road-trip en fait partie. Nous sommes bien rentré sur
Wellington sain et sauf depuis plusieurs semaines, mais j’avais mis la
rédaction du blog entre parenthèses car j’avais beaucoup à faire (vente du van,
recherches de travail et les grosses journées au restaurant et un peu de vie
sociale intercalée). Je reviens sur la dernière semaine de road-trip avec le
traditionnel compteur de jours. C’est aussi l’occasion pour moi de vous
raconter aussi brièvement la suite de l’aventure sur Wellington.
Le samedi 02 Mars en
sortant de la bibliothèque d’Hanmer Springs nous nous mettons directement en
route pour Kaikoura. Nous prenons la direction du Nord Est. Sur la route nous
croissons en sens inverse une centaine de voitures de sports qui participent à
une exposition sur Hanmer Springs. Quelle étrange impression que de voir en
rase campagne autant de belles voitures. Nous roulons une bonne heure et demi
vers l’Est avant d’arriver en vue de la côte non loin de Kaikoura. Nous
nous arrêtons près de Goose Bay, où se pavane sur les rochers une colonie de
phoques à fourrures. Nous longeons la côte à pied pour les observer puis
reprenons la route pour Kaikoura. Arrivé à Kaikoura nous sommes un peu surpris
du patchwork architectural de la ville qui manque de charme. Cette petite
ville de 4000Hbts a orienté son tourisme sur la riche faune maritime de ses
eaux (phoques, baleines et cachalots). Nous ne faisons que traverser la ville
pour nous rendre sur la pointe plus sauvage de la péninsule de Kaikoura. Là
nous contemplons un curieux spectacle : une vingtaine de touristes
attroupés autour d’un unique phoque qui prend la pose. Nous profitons des
derniers rayons de soleil sur les montagnes embrumées pour prendre quelques
clichés. Puis nous remontons dans le van direction 15Kms plus au Nord sur la
côte. Nous trouvons un emplacement pour passer la nuit sur une aire de
pique-nique à Half Moon Bay.
Je profite
d’un pont à voie unique pour admirer un convoi de voitures de collection.
Encore des
phoques à fourrure mais ceux-ci semblent plus familiers des touristes. Eva a
trouvé le spot idéal pour les observer.
Day 57 :
Dimanche 03 Mars
Le réveil à Half Moon
Bay se fait dans la grisaille. Eva se sens un peu fébrile. Nous décidons de
rester encore un jour et une nuit supplémentaire sur cet emplacement. Je
profite du repos d’Eva et de la marée basse pour me mettre en chasse, ou plutôt
à la pêche. La veille près de Kaikoura j’avais repéré des pêcheurs d’ormeaux.
Je me mets à la recherche des fameux coquillages appelés Pauas en maori. J’ai
souvent trouvé les coquilles vides mais là j’ai le sentiment que je vais en
pêcher. Je commence par trouver énormément de petits spécimens sous les rochers
mais leur taille n’est pas réglementaire pour la capture (ils doivent être
>125mm). Puis dans un coin un peu plus inaccessible et gardé par quelques
phoques, je débusque, sous un gros rocher dans une petite piscine naturelle, 3
gros ormeaux. Ce n’est pas évident de les décoller de leurs assises, mais après
un peu d’effort j’obtiens gain de cause. Je peux collecter jusqu’à 20 ormeaux
par jour mais ces trois là seront amplement suffisants pour le dîner. Je rentre
juste avant la pluie et fais part de ma pêche à Eva. Je cuisine les mollusques
le soir, nous en faisons un festin. Pour une première expérience
culinaire : c’est un vrai régal (entre un steak de boeuf et la coquille
Saint-Jacques). Nous nous endormons le ventre bien rempli.
Half Moon
Bay.
Un
échantillon de la faune marine : des grosses étoiles de mer, un curieux
mollusque et un ormeau.
Moi-même
en train de cuisiner les ormeaux dans le van.
Day 58 : Lundi 04
Mars
Nous quittons, sous
les nuages, le charmant spot d’Half Moon Bay pour rejoindre tranquillement la
ville de Blenheim et ses 22000 Hbts. En chemin nous nous arrêtons pour observer
une cascade où les bébés phoques ont pour habitude de jouer dans les remous.
Malheureusement nous n’en apercevront aucuns ce jour là. Nous apprendrons par
la suite que deux ans auparavant un groupe d’abrutis les ont massacrés par
dizaines. Les mammifères marins traumatisés ne sont plus jamais revenus.
C’était un site unique à 200m à l’intérieur des terres mais nous n’auront donc
pas cette chance de les observer. Nous poursuivons la route, le paysage change
brusquement. Nous passons d’une région verte où la route est blottie le long
d’un littoral escarpé, à des collines arides parsemées de vignobles. Nous
passons même devant les marais salants de Grasssmere Lake. Nous arrivons à
Blenheim vers les midis. Nous prenons le temps de prendre tous les
renseignements à l’I-site et nous faisons notre ravitaillement pour la fin du
road trip. C’est aussi le jour où Eva me dit qu’il faut participer au Census.
C’est un questionnaire national à visée statistique.
Ce questionnaire
revient tous les quatre ans et permet au gouvernement d’anticiper les besoins
futurs dans beaucoup de domaines. J’apprends aussi que le Census est
obligatoire même pour les étrangers, et que de ne pas le faire vous expose
potentiellement à 300 dollars d’amende! C’est un devoir démocratique tout comme
le vote ce qui aussi explique qu'il n y a pas d’abstention ici! Eva me dit
aussi que nous avions deux mois et que le lendemain c’est le dernier jour pour
valider le Census. Nous nous rendons donc rapidement à la bibliothèque de
Blenheim, mais le sort s’acharne la connexion Internet wifi est hors service et
nous ne disposons que de 30 minutes journalières pour la connexion régulière.
Nous n’avons cependant pas nos identifiants pour remplir le Census car oui pour
couronner le tout, étant itinérant nous ne pouvons pas renseigner le Census en
ligne. Il nous faut un identifiant personnel présent sur les formulaires
délivrés à Wellington. Nous décidons de revenir le lendemain en ville pour
espérer trouver des fonctionnaires avec des Census papier pour les voyageurs.
Nous sortons de la ville et trouvons un agréable endroit le long des berges de
la rivière Wairau pour dormir.
La cascade
d’Ohau malheureusement sans les jeunes phoques !
Coucher de
soleil sur la rivière Wairau
Day 59 : Mardi 05
Mars
Nous ne voulons pas
perdre trop de temps avec cette histoire de Census qui nous gâche la fin du
voyage. Nous décidons de consacrer la matinée à la visite des vignobles de la
Wairau Valley. C’est la région la plus viticole de Nouvelle-Zélande. Les
premières vignes ont été plantées dans les années 1970. Nous commençons
par le vignoble de Seresin Estates. Nous y goûtons quelques vins
(Riesling, Sauvignon blanc et Pinot noir), la dégustation est gratuite pour un
bon nombre de domaine viticole mais nous nous sentons un peu obliger d’acheter
quelque chose. Nous achetons de la confiture maison de cognassier et de prunes
à Seresin. Je me renseigne s’il y a des postes à pourvoir sur le laboratoire
d’analyse biochimiques mais rien n’est disponible pour le moment (la saison
étant amorcée tout les recrutements ont déjà été effectués), je laisse
tout de même mon CV. Nous poursuivons la visite et les dégustations avec les
domaines de d’Allan Scott et de George Michel Estates (nous achetons une
bouteille de vin de Chardonnay et de Riesling).
À George Michel nous
profitons du cadre très français et magnifique pour nous délecter d’un peu de
gastronomie française au restaurant la Véranda. Eva prend une assiette de fruit
de mer et moi une assiette de charcuterie. Un vrai régal pour un prix
raisonnable (22 DNZ). Nous retournons doucement sur Blenheim en roulant à
travers les vignobles. Nous arrêtons les visites car nous ne voulons pas
revenir avec 10 bouteilles de vin et puis il est temps de trouver une solution
pour remplir le Census. Nous retournons à la bibliothèque où l’Internet ne
fonctionne toujours pas, nous retournons ensuite à l’I-Site qui nous indique
une maison associative où nous pouvons trouver le formulaire. Mais une fois sur
place il n’y a pas de formulaire et malgré Internet nous n’avons toujours pas
d’identifiants. Finalement l’employée nous indique qu’au Holiday camp de la
ville il se trouve des formulaires pour les touristes.
Nous nous y rendons et
remplissons le Census que nous déposons dans une urne. Le gérant n’a pas l’air
ravis de nous voir juste prendre le formulaire et repartir sans passer la nuit
au camping. Je suis surpris des questions que l’on doit remplir sur le Census car
le questionnaire n’est pas anonyme. Par exemple vous indiquer votre groupe
ethnique, vos revenus, votre religion, votre statut marital, et j’en passe ….
Je pense que ce serait impensable en France de faire quelques choses comme
cela ! Une fois ce « devoir » fait, nous roulons jusqu’à la côte
près de Rarangi. Nous passons là une petite heure à marcher le long des
rochers, il y a quelques cavernes marines sur cette portion de côte. Nous
observons pour la première fois l’île du Nord pour nous rappeler que le retour
est proche. Nous retournons à la rivière pour dormir sur un nouvel emplacement.
J’observe de grosses truites dans les eaux turquoise.
La vue sur
les vignobles depuis Seresin.
Rarangi et
sa plage.
Les eaux
aux magnifiques couleurs de la rivière Wairau.
Day 60&61 :
Mercredi 06 & Jeudi 07 Mars
Nous nous levons un
peu tard et au moment de quitter les lieux nous sommes interpellé par un garde
du Council de la région, il nous explique que nous ne pouvons pas rester sur
cet emplacement. Il nous indique des emplacements autorisés pour notre van
self-contained. Je prends la carte qu’il nous confit, sans l’attribut
self-contained nous aurions eut le droit à une amende de 200DNZ ! Nous
retournons rapidement à Blenheim pour refaire nos réserves en eau à la
« dump station », puis nous prenons la route pour Picton. Le retour à
Picton nous parait étrange, il y a à peine deux mois nous y débarquions, nous
avons pourtant l’impression que cela remonte à bien plus longtemps étant donné
la quantité faramineuse de lieux explorés. Nous allons à l’office de la
compagnie maritime InterIslander pour réserver nos tickets pour le retour en
ferry sur Wellington. Nous nous laissons 3 jours supplémentaires pour rentrer.
Puis nous retournons au premier camping du DOC à Pelorus Bridge pour nous
remémorer les débuts du road-trip. Le lendemain nous profitons de la journée
pour nous reposer le long de la rivière Pelorus mais nous sommes assaillis par
les mouches des sables ; il n’y en avait pas autant deux mois de cela!
Nous prenons tout de même le soleil, nous essayons de nous baigner mais l’eau
est vraiment fraîche.
Le retour
à Pelorus Bridge !
Day 62&63: vendredi
08 & samedi 09 Mars
Le vendredi matin nous
nettoyons le van de fond en comble. À force d’emprunter des gravels road,
il y a tant de poussière qui s’est accumulée dans les recoins
inaccessibles du van ! Nous faisons aussi nos sacs avec un peu de nostalgie.
Nous quittons les lieux en milieu d’après-midi pour nous rapprocher de Picton.
Nous roulons jusqu’à Mahau Bay pour rejoindre un emplacement spécifique pour
les véhicules self-contained. Le coin est idyllique, nous avons ainsi un petit
aperçu des Malborough sounds car nous sommes trop fatigué pour nous aventurer
sur le Queen Charlotte Track dans les délais impartis.
Le samedi nous
retournons à Picton. Nous prenons notre pique-nique dans la file d’attente des
voitures pour embarquer dans le ferry. Il y a un léger retard pour
l’embarquement mais finalement nous montons à bord du même ferry qu’à
l’aller : le Kaitaki. Je gare le van sur le pont extérieur au milieu des
autres camping-cars. Nous restons à l’intérieur pour la première partie de la
traversée car le temps est à la pluie. Nous regardons le film Life of Pi qui
traite d’un naufrage, curieux choix me direz vous ! Au même moment un
exercice d’évacuation pour l’équipage a lieu à bord du ferry, même si le
capitaine précise qu’il s’agit d’un exercice, quelle curieuse impression que
d’entendre en anglais que le navire est en perdition et qu’il faut
évacuer ! À l’approche de Wellington nous montons sur le pont, et c’est
sous un franc soleil que nous accostons. Les avions nous survolent pour
atterrir sur l’aéroport de Miramar et des navires de plaisances nous escortent.
Il y avait dans le port de Wellington des orques épaulards, une semaine de
cela, mais il n’y a aucune trace de la présence des mammifères marins lors de
notre retour. C’est vers 17h00 que nous arrivons à Kelburn. Nous sommes épuisés
et nous nous endormons rapidement. Quel aventure ce road-trip !
Voilà le road-trip
dans l’île du Sud est terminé, nous sommes encore ébahis par cette fantastique
aventure de : 7000Kms en van, 300Kms en Ferry, 20Kms en canoës, 1Km
en barque et peut être une centaine de Kms de marche. Nous avons foulés
tant de sites fabuleux, replongé dans l’univers des films du Seigneur des
anneaux, et vu une faune et une flore préservée et très riche. Les meilleurs
moments ? Ils sont trop nombreux à lister mais parmi ceux-ci : la
randonnée dans l’Abel Tasman, la rencontre avec le bébé phoque à Farewell Spit,
Punukaki pancakes, l’hélicoptère au sommet du mont Cook, les marches près de
Wanaka et de Glenorchy, le camping aux lacs Mavora, le ferry dans le Milford
Sound, Stewart Island, les dauphins des Catlins, la féerique Ida Valley, les
péninsules sauvages d’Otago et de Banks, Christchurch et Hamner Spring.
Depuis la vie sur
Wellington a repris le pas, la routine j’ai envie de dire ! Dès la seconde
semaine je suis retourné travailler au restaurant Hippopotamus. Je travaille
toujours du matin (levé 4h30) mais je fais davantage de room service et de
fonctions. J’ai retrouvé des têtes connues et quelques nouvelles. Les journées
sont toujours bien chargées et le week-end de Pâques j’ai enchaîné les journées
de 10h00 ! Mes deux jours de repos qui arrivent tous les 7 jours me
laissent juste de quoi récupérer. Car en parallèle, j’essaye de revendre mon
van (s’il y a des intéressés me contacter) et je continue de postuler pour un
emploi dans un laboratoire mais la courte échéance de mon Visa ne me laisse que
peu de chance. Je suis donc en train d’explorer toutes les pistes pour le
futur. Concernant les sorties à Wellington, et bien j’ai eu de quoi m’occuper.
Tout d’abord j’ai continué ma participation active au « French
group » (speaking et pot-luck à nouveau). En effet le mardi 26 mars, je me
suis rendu avec Deborah à mon second pot-luck chez John et Desmond. J’ai pu
enfin parcourir leur magnifique jardin qui ressemble à un Zélandia miniature.
Et autour d’un délicieux dîner j’ai rencontré d’autres membres francophones.
Ensuite avec Eva nous
avons participé à quelques soirées entre amis (en appartement, dans des bars et
sur le front de mer)). Nous avons visités gratuitement une exposition dédiée
aux jeux vidéo à Te Papa. J’ai aussi emmené Eva pour un pique-nique en amoureux
près de Miramar. Mais le meilleur fut d’assister, avec Eva, à la première du
film de science-fiction « Eternity » au cinéma Paramount. C’est un
film néo-zélandais qui parle d’une enquête menée dans un univers virtuel qui
rappelle le film matrix. Le film a été tourné à Hong-Kong et en
Nouvelle-Zélande (Napier, Wellington, Kapiti Island,…). Nous avons foulé le
tapis rouge, pris un toast avant le film et après la projection nous avons
rencontré le casting (dont l’acteur principal Elliot Travers) et le producteur
(Alex Galvin). Nous sommes ensuite allés dans un bar chic pour discuter, quel
bon moment!
Les trolls
du Hobbit à Te Papa !
Pique-nique
où l’on a pu apprécier un couché de soleil comme un petit rappel du
road-trip.
Quel
changement d’univers lors de la première d’Eternity par rapport à notre mode
aventurier ! Nous nous sommes pris au jeu et avons posé pour les photographes
comme l’équipe du film.((c) Photo de Joanne Ross)
Cette fois-ci je ne
sais pas quand je composerais un nouvel article pour le blog et je n’ai
pratiquement plus assez d’espace pour de nouvelles photos ! J’ai encore
peut-être des découvertes à faire en Nouvelle-Zélande et des choses à exposer
ici mais cela sera sans nul doute pour la prochaine fois. Et puis je risque
encore d’être bien occupé entre les projets personnels et professionnels. A
bientôt.